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Mot clé mise en scène

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  Un retour sur expérience... Trois stages d’initiation à l’art vidéo ont été proposés aux 14 à 17 ans sur la thématique des images vidéo. Cette action a été initiée suite à l'association du FRAC Bretagne, des Champs Libres et du musée de Bretagne dans le cadre d'un projet national (les portes du temps). Les trois stages on été réalisés sur trois semaines, mené par un de nos membres : Thomas Daveluy. Les jeunes stagiaires ont réalisé une vidéo collective tout en découvrant une exposition, ses coulisses et les différents métiers du domaine culturel. Chaque semaine un artiste était invité, j'ai donc été l'un de ces artistes invité. Le troisième stage devait permettre d'apporter une dimension théâtrale à la vidéo par l'utilisation du décor et du costume. Je me suis donc rendu sur Rennes pour quelques jours de travail. Le stage a commencé dès le mardi, ils ont pu découvrir quelques courts métrages de Méliès, référence clé de ce stage. Suite à cela et à un petit jeu de pioche, chaque groupe de stagiaires a créé un petit scénario de leur vidéo. Pour ma part, je ne suis intervenu qu'à partir de mercredi jusqu'au vendredi. Après quelques présentations, mon métier d'artiste et mes réalisations, j'ai enfin pu découvrir leurs scénarios. Très loufoques et donc super intéressant dans la mise en scène. Je leur ai d'abord montré, très apprécié d'ailleurs, "La famille Tennebaum" de Wes Anderson pour son travail très photographique et de mise en scène. J'ai choisi le prologue et le casting, scènes ou les plans fixes sont nombreux. La voix off apporte des informations pendant la présentation des personnages. On est là très proche du travail de metteur en scène qui met dès sa première scène les personnages en place. Permettre au spectateur de connaitre l'identité et donc l'histoire du personnage assez rapidement. On entre très facilement dans le style et l'univers des figures. Une immersion dans un cercle familial loufoque dès le départ. Cette référence m'a permis de leur faire comprendre que le plan fixe, utilisé dans la totalité du stage, ne gêne en rien la présentation d'un personnage, différents éléments, que ce soit la bande son, voix off, costumes et décor, permettent de comprendre et de saisir un personnage. Pas besoin d'un dialogue ou d'un monologue. Dès le mercredi après-midi, on se met à la pratique. Un tour des différents groupes me permet de cerner leurs besoins en costumes. Il y a du travail. Je commence par le groupe qui en a le plus besoin, un casque de chevalier et deux masques d'oiseaux. Originalité des masques d'oiseaux, la tête du comédien est en fait le corps de l'oiseau en entier. Second groupe, une histoire de pêcheurs "clonés" : là il faut deux masques identiques, je remarque que l'une des stagiaires a des qualités en dessin, ce que je met à profit, deux masques en 2d entièrement dessinés. Les troisièmes et quatrièmes groupes ont beaucoup d’accessoires donc je leur prêtes des masques déjà fabriqués, seul le magicien du troisième groupe aura un masque fait pour l'occasion, une sorte de bec d'oiseau , masque typique de la Comedia del Arte du médecin de la peste.   Les jours suivants, finissage des costumes, accessoires et décors. Tout est filmé ensuite sur fond noir ou blanc, permettant de faire de l'incrustation facilement. Chaque groupe passe devant le rideau, répétions et tournages multiples. D'autres vidéos leurs sont montrées pendant le tournage lors des temps libres: La comtesse de Castiglione de David Lodge, court-métrage de 2010 Quelques "La linea" de Osvaldo Cavandoli, animation d'un personnage sur une ligne continue "Paper War" de Zhe Zhang Ces vidéos nous ont permis de leur faire découvrir la magie du cinéma, par des outils de montage, le stop-motion ou l'animation. En plus de la pratique, nous voulions leurs faire découvrir des petits trésors de vidéos. Pour conclure, ce fut une très bonne expérience autant pour moi que pour les stagiaires selon les retours. Je vous invite d'ailleurs à consulter le blog qui a été tenu par les stagiaires durant ces trois semaines: http://blogs.leschampslibres.fr/filmez-court/ Le résultat sera présenté lors d'une première aux Champs-libres le 16 septembre à 18h30. Venez donc le découvrir...

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Je passais voir des amis au cirque Galapiats lorsque j'ai fait la connaissance de Barbara Gay, une jeune metteuse en scène actuellement en résidence au théâtre des Tarabates de Saint Brieuc. Alors que les acrobates répétaient, sous le chapiteau, Angel, la petite amie de l'un d'entre eux m'a proposé de l'accompagner sur un "chantier bénévole" consistant à mouler dans le plâtre les corps d'artistes de scène. Curieuse de découvrir de quoi il s'agissait, j'acceptais et me retrouvais dans le fameux Théâtre en trois parties (un studio, un atelier et une scène), rue Robien à Saint Brieuc. Lorsque j'ai mis les pieds dans l'atelier, j'ai été stupéfaite par le chaos qui y régnait. Une demi douzaine de bras, de jambes, de bustes et d'autres membres étaient disposés un peu partout. L'espace était saturé de plâtre et plusieurs individus s'affairaient autour de volumes blancs. Je ne tardais pas à découvrir qu'un Rodin tout à fait punk était le maître des lieux à l'origine de ce chantier! Une petite femme aux cheveux courts en bleu de travail adressait quelques conseils aux bénévoles. Rien à voir avec la rigueur et la sévérité que l'on peut s'imaginer d'un grand maître classique orchestrant le travail de ses assistants. Ces derniers d'ailleurs, loin d'être des techniciens spécialisés étaient pour la plupart des briochins (les habitants de Saint Brieuc). Ils avaient entendus parlé par bouche à oreille de cette création ouverte au public et comme moi s'étaient rendus sur place. Certains revenaient régulièrement depuis plusieurs jours...     Très rapidement, on me proposa de réaliser un contre-moule à partir d'un buste en plâtre. Je le recouvrais au pinceau d'une couche de vaseline et modelais les plaques de terre sur la poitrine. Barbara nous prépara une gâche de plâtre. Au moment de commencer à l'appliquer, j'hésitais. J'interrogeais la jeune femme afin de savoir jusqu'où étendre le plâtre. Je craignais de déborder et d'empêcher le démoulage ou le façonnage de l'autre moitié du buste. J'avais peur de rater. Barbara me lança "Débrouilles-toi. et si tu rates, tu pourras toujours recommencer! Quand tu auras trouvé la bonne méthode, surtout, n'oublies pas de me la montrer!" Elle me laissa là et alla s'occuper des autres. C'était assez drôle car je m'apercevais que nous étions sans doute tous aussi inexpérimentés qu'elle-même. La seule manière d'avancer était d'essayer et de nous instruire les uns les autres de nos erreurs comme de nos succès.  Finalement, notre 1er contre-moule ne fut pas mal réussit. Il eut le droit d'être envoyé à l'étage supérieur pour "l'empapiétage". Cette seconde étape représente la tache la plus titanesque du travail plastique. Il s'agit de superposer à l'intérieur des négatifs en plâtre, sept couches alternativement de papiers déchirés et de tarlatane.  Une fois ces pièces séchées et extraites des moules, elles seront assemblées pour former les doubles marionnettiques utilisés pour le spectacle. Barbara avait installé de nombreuses tables dans le théâtre pour que les bénévoles puissent travailler sur le plateau même de la scène. Ils n'ont cessés d'affluer pendant la dizaine de jours que j'ai finalement passé là-bas. L'étage supérieur était muni d'une cuisine et d'un salon en libre accès où nous déjeunions et prenions la pause thé. La table du salon comportaient de nombreuses lectures sur le cirque, la notion de double dans la mythologie, les techniques de moulage et autres recherches théoriques ou pratiques liées au spectacle. Nous en parlions beaucoup et interrogions Barbara et les trois interprètes (Chloë, Nanda et Céline). Celles-ci étaient souvent là, d'abord pour que l'on moule leur corps en bandes plâtrées puis pour nous aider à l'empapiétage. Parfois elles nourrissaient leur réflexion individuelle concernant la recherche symbolique du double en dessinant et en imprimant des images trouvées sur internet et en collant des textes sur de grands pans de papier. Barbara n'écrit pas par avance le spectacle mais demande à chaque interprète de réfléchir à ce que représente le double pour lui. Ensuite, elle les invite à trouver des moyens gestuels d'exprimer le fruit de ces recherches individuelles. Un temps d'expérimentation seul est suivi ensuite d'une recherche plus collective pour monter le spectacle final. La préoccupation de Barbara est de ne pas venir "plaquer" des rôles sur les interprètes mais de partir de leur individualités pour écrire avec elles la pièce finale.

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