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Mot clé création

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Je passais voir des amis au cirque Galapiats lorsque j'ai fait la connaissance de Barbara Gay, une jeune metteuse en scène actuellement en résidence au théâtre des Tarabates de Saint Brieuc. Alors que les acrobates répétaient, sous le chapiteau, Angel, la petite amie de l'un d'entre eux m'a proposé de l'accompagner sur un "chantier bénévole" consistant à mouler dans le plâtre les corps d'artistes de scène. Curieuse de découvrir de quoi il s'agissait, j'acceptais et me retrouvais dans le fameux Théâtre en trois parties (un studio, un atelier et une scène), rue Robien à Saint Brieuc. Lorsque j'ai mis les pieds dans l'atelier, j'ai été stupéfaite par le chaos qui y régnait. Une demi douzaine de bras, de jambes, de bustes et d'autres membres étaient disposés un peu partout. L'espace était saturé de plâtre et plusieurs individus s'affairaient autour de volumes blancs. Je ne tardais pas à découvrir qu'un Rodin tout à fait punk était le maître des lieux à l'origine de ce chantier! Une petite femme aux cheveux courts en bleu de travail adressait quelques conseils aux bénévoles. Rien à voir avec la rigueur et la sévérité que l'on peut s'imaginer d'un grand maître classique orchestrant le travail de ses assistants. Ces derniers d'ailleurs, loin d'être des techniciens spécialisés étaient pour la plupart des briochins (les habitants de Saint Brieuc). Ils avaient entendus parlé par bouche à oreille de cette création ouverte au public et comme moi s'étaient rendus sur place. Certains revenaient régulièrement depuis plusieurs jours...     Très rapidement, on me proposa de réaliser un contre-moule à partir d'un buste en plâtre. Je le recouvrais au pinceau d'une couche de vaseline et modelais les plaques de terre sur la poitrine. Barbara nous prépara une gâche de plâtre. Au moment de commencer à l'appliquer, j'hésitais. J'interrogeais la jeune femme afin de savoir jusqu'où étendre le plâtre. Je craignais de déborder et d'empêcher le démoulage ou le façonnage de l'autre moitié du buste. J'avais peur de rater. Barbara me lança "Débrouilles-toi. et si tu rates, tu pourras toujours recommencer! Quand tu auras trouvé la bonne méthode, surtout, n'oublies pas de me la montrer!" Elle me laissa là et alla s'occuper des autres. C'était assez drôle car je m'apercevais que nous étions sans doute tous aussi inexpérimentés qu'elle-même. La seule manière d'avancer était d'essayer et de nous instruire les uns les autres de nos erreurs comme de nos succès.  Finalement, notre 1er contre-moule ne fut pas mal réussit. Il eut le droit d'être envoyé à l'étage supérieur pour "l'empapiétage". Cette seconde étape représente la tache la plus titanesque du travail plastique. Il s'agit de superposer à l'intérieur des négatifs en plâtre, sept couches alternativement de papiers déchirés et de tarlatane.  Une fois ces pièces séchées et extraites des moules, elles seront assemblées pour former les doubles marionnettiques utilisés pour le spectacle. Barbara avait installé de nombreuses tables dans le théâtre pour que les bénévoles puissent travailler sur le plateau même de la scène. Ils n'ont cessés d'affluer pendant la dizaine de jours que j'ai finalement passé là-bas. L'étage supérieur était muni d'une cuisine et d'un salon en libre accès où nous déjeunions et prenions la pause thé. La table du salon comportaient de nombreuses lectures sur le cirque, la notion de double dans la mythologie, les techniques de moulage et autres recherches théoriques ou pratiques liées au spectacle. Nous en parlions beaucoup et interrogions Barbara et les trois interprètes (Chloë, Nanda et Céline). Celles-ci étaient souvent là, d'abord pour que l'on moule leur corps en bandes plâtrées puis pour nous aider à l'empapiétage. Parfois elles nourrissaient leur réflexion individuelle concernant la recherche symbolique du double en dessinant et en imprimant des images trouvées sur internet et en collant des textes sur de grands pans de papier. Barbara n'écrit pas par avance le spectacle mais demande à chaque interprète de réfléchir à ce que représente le double pour lui. Ensuite, elle les invite à trouver des moyens gestuels d'exprimer le fruit de ces recherches individuelles. Un temps d'expérimentation seul est suivi ensuite d'une recherche plus collective pour monter le spectacle final. La préoccupation de Barbara est de ne pas venir "plaquer" des rôles sur les interprètes mais de partir de leur individualités pour écrire avec elles la pièce finale.

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Chaque semaine des dessins (mais aussi textes, photos, films...) sur un thème commun. À l'origine de ce projet, l'envie de "se mettre un coup de pied cul" pour lutter contre la loutre attitude des membres fondateurs (Marion et Amandine) et s'obliger à dessiner, créer sur un rythme hebdomadaire. Depuis des participants de passage ou assidus sont venus rejoindre le projet qui a débuté en novembre 2012. Le principe : faire un dessin (une peinture, photo, texte, découpage, sculpture vidéo, bref une CRÉATION réalisée exprès pour l'occasion) sur un thème connu depuis la semaine précédente. Le poster ensuite sur son mur Facebook ou l'envoyer au grand chef (Amandine) dans la journée de dimanche avant minuit. Le lendemain les dessins sont mis en ligne sur le Tumblr des DDD. Le sujet pour la semaine suivante est donné à tour de rôle par les participants actifs (c'est à dire qui participent très régulièrement) le dimanche soir, pour le dimanche suivant. Nous sommes une dizaine de "dessinateurs du dimanche" et le partage des images donne lieu à des échanges et des rencontres étonnantes ; mixant artistes, graphistes, amateurs, curieux, enfants... Il s'agit ici d'esquiver la contrainte, d'apprendre à vivre avec et parfois savoir l'imposer aux autres. La régularité et le thème prédéfini peuvent être une vraie torture comme un tremplin pour déjouer la paresse quotidienne. De mon côté elle m'a fait un bien fou car elle m'a obligé à pratiquer et à tester la technique de la broderie et du dessin numérique. Si vous voulez aussi vous lancer dans l'aventure, contactez-moi (nastasjaduthois@gmail.com) pour connaître le prochain thème!

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C'est par l'intermédiaire de l'Oeil d'Oodaaq que j'ai découvert l'existence du village de Saumède en Galice. Il s'agit d'un ancien village abandonné que des français ont entrepris de réhabiliter afin d'y vivre et de monter des projets culturels et associatifs. Introuvable sur Google Maps, il se situe juste à côté de Célanova et dispose d'un accès à l'électricité et à l'eau courante. Le village organise tous les ans un festival durant l'été, mais cette année la nouveauté a été la mise en place d'une résidence au mois de septembre, conviant plusieurs jeunes artistes à venir y travailler durant 2 semaines.J'ai donc décidé de me joindre à l'aventure (accompagné de Jonas Delhaye et Guillaume Lepoix) et c'est au milieu des poules, des chèvres, des ânes et des ruines que nous nous sommes installés durant ces quinze jours. Le village Actuellement seule une des maisons du village est entièrement réhabilitée. Elle sert de cuisine, de salle de séjour et offre 3 chambres pour les résidents annuels. Les festivaliers ou les artistes en résidence doivent aller dormir sous les tentes dans le camping du village au milieu duquel un âne broute bruyamment (surtout la nuit). Le lieu de travail dédié aux artistes se situe à l'arrière du village, juste à côté des tentes, il est constitué d'une table, d'une rallonge électrique et deux canapés posés sur un sol recouvert de paille. Un lieu de travail aussi insolite que génial. Pour la nourriture, on essaye de se servir au maximum des fruits et légumes offerts par le jardin (qui est bien beau et assez grand) ainsi que des courses faites régulièrement dans la ville voisine. Les nouveaux arrivants se voient attribuer une couleur (qui est désignée en fonction de leur date de naissance et du calendrier maya -je crois-) qui définit leur tour de cuisine (tous les 4 jours environ). Sur les deux semaines de résidence, chacun a rivalisé d’imagination pour faire des plats plus excellents les uns que les autres. Comme quoi avec peu de choses on peut faire de vrais festins tous les jours. La résidence Au final, je dois dire que je suis réellement charmé par cette résidence. L'accueil a été des plus chaleureux (j'ai en ce moment même encore le souvenir de notre départ et des adieux interminables), même malgré la barrière de la langue (je ne parle pas un mot d'espagnol), le cadre de travail est exceptionnel et le lieu est vraiment rempli de surprises. J'encourage tout jeune artiste désireux de se retrouver dans un cadre non institutionnel à participer à cette résidence qui se déroule tous les ans au mois de Septembre. Le seul bémol aura été le temps ; deux semaines étant bien trop courtes pour réellement investir le lieu et entamer un travail en profondeur. J'ai tout de même réussi à produire deux vidéos dont je suis assez satisfait. Une chose est sûre : j'y retournerai l'année prochaine !

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Certains d'entre-vous ont déjà pu le remarquer, mais j'ai ajouté une petite nouveauté sur le site : Une petite mosaïque d'images à gauche du menu en page d'accueil qui fait un petit tour des pages présentes sur le site Une mosaïque en bas d'un billet sélectionné (ne s'affiche pas en page d'accueil) qui propose des pages en commun avec celle-ci Il s'agit en fait d'un projet que je développe depuis 6 mois dans le cadre d'un séminaire sur l'auto-archivage immédiat comme œuvre d'art (initié par Julie Morel) que j'ai nommé display:none; . Avant d'expliquer, voilà le résultat de ce projet : Une page plus grande est aussi visible sur multi-prises display:none; est une plateforme qui dresse une carte interactive d'un ou plusieurs sites web et qui se reconfigure en permanence. Chaque fois qu'une nouvelle page est créée sur un site (nouveau billet, nouveau post, etc...), la plateforme va créer automatiquement une miniature supplémentaire et la mettre en relation avec d'autres images (par un système de mots clés). La première image affichée correspond à la toute dernière entrée créée sur le site. Les images qui suivent sont celles qui partagent le plus de mots clés en commun avec la première. L'utilisateur est libre de cliquer sur une image pour la replacer en premier et reconfigurer la mosaïque. Il se retrouve alors devant une mosaïque d'images au sein de laquelle il est libre de naviguer au gré de ses envies. En installant display:none; sur multi-prises, il va désormais être possible de découvrir les travaux non plus rangés par artistes, mais en fonction des points communs qu'ils peuvent avoir les uns avec les autres. Si deux créations issues de deux artistes différents ont beaucoup de points en commun, les deux images renvoyant vers ces pièces seront affichées côte à côte. C'est une manière plus collective ou du moins plus relationnelle de découvrir nos travaux respectifs.   Je ne vais pas me perdre en détails sur le projet mais si ça vous intéresse, j'y ai consacré un billet plus complet sur mon blog.   J'ai encore du mal à parler de ce projet, ne serait-ce que parce qu'il est assez complexe techniquement (je n'ai pas parlé du fonctionnement technique mais je l'explique sur mon site) et aussi parce qu'il est difficile d'expliquer son utilisation (il est plus facile de cliquer et de découvrir par soi même son fonctionnement).   Vous en pensez quoi ? Ça vous semble simple d'utilisation ? Utile/intéressant ? Hésitez pas à critiquer ça pourrait me permettre d'avancer...

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