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Mot clé cinéma

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Thème musical de Frédéric Reby et voix de Gwendal Audrain.                  "Un homme, la trentaine, calme, roule sur les longues routes bordant la côte. Il a l'air détendu, serein. Mais quand il revient dans le quartier où il a connu la zone, la violence au point de perdre les femmes de sa vie, sa mère et sa fiancée, le calme laisse place au tumulte. Pourquoi revient-il voir son père alcoolique et son frère délinquant dans un quartier qu'il a fuit une dizaine d'années auparavant ? Quelle est l'issue de ce retour ? "     LE PROJET Ce projet est un court-métrage tourné dans le pays lorientais aux allures de pur road-movie issu de l'imaginaire américain. Le mythe américain de la route et son fantasme ont toujours pris une part importante dans ma création et mon imaginaire. Les notions de mouvement et de déplacement me fascinent depuis longtemps tant par leurs richesses, leurs intérêts que par leur symbolique codifiée emprunte de rêves. Les road-movies américains des années 60/70 interviennent dans mes recherches cinématographiques ainsi que dans mon travail en général comme une évidence et une référence majeure, et plus particulièrement ici pour le film que je souhaite réaliser. Le titre anglais Story of a guy souligne mon désir de rendre un hommage direct à cette culture américaine qui signifie beaucoup pour moi dans son rythme, sa démonstrativité et son style.                     Cette fascination est due à un condensé d’images positives d’une fuite en avant, comme une échappatoire vers un monde meilleur et paradoxalement rattrapé par la réalité. Glissant dans les paysages d’Alex Katz (image ci-contre : Sunset, huile sur lino, 304 x 244 cm, 1987.), ces vraies peintures en mouvement, ou réel spot de pub trash de la pop culture me procurent l’envie de m’évader et d’amener avec moi les spectateurs dans cet exode métaphorique et sensoriel.                                                                                                                                                                                               TECHNIQUE Ce film sera tourné intégralement dans le pays lorientais à l'aide d'un Canon 5D Mark ii. Le rendu sera donc en HD 1080p. L'ambiance du film sera dans des lumières orangées, code largement emprunté au western américain et à l'esprit de la conquête de l'ouest, mais aussi à la peinture de Claude Le Lorrain, William Turner. Claude "Le Lorrain", Matinée sur le port,  97 x 120 cm, 1634. William Turner, Coucher de soleil écarlate, aquarelle gouaché papier, 13,4 x 18,9 cm, 1830-40. LA GENÈSE DU PROJET L’histoire de ce film et son scénario, prend racine sur cette idée d’un ailleurs «idéal» semblable à l’American Dream. Ayant rêvé de nombreuses fois de traverser ces contrées fascinantes j’avais l’envie d’écrire sur cette notion d’une Amérique en France. Paradoxalement à ce fantasme je désirais y injecter quelque chose d’intime et de plus personnel. Pour moi, le seul lien plausible entre ces deux pays et ces deux cultures, était mon histoire personnelle car elle pourrait ainsi fondre l’aspect fictionnel de cette rêverie à la réalité d’une vie et d’un regard qui sont les miens. Ici, ce regard deviendrait alors vecteur d’un sentiment profondément français. Intégrer mon histoire, enfin du moins la prendre comme source de départ sans vraiment parler d’autofiction, est une manière d’inscrire la narration de ce film dans un contexte national actuel avec un regard critique. Il est important pour moi de savoir glisser sur le spectre fictionnel tout en conservant une trame réaliste. Les limites entre les deux, étant très perméables et parfois floues, peuvent apporter aussi bien un équilibre troublant à un film qu’un déséquilibre agréable et subtile. Et des sujets tels que les liens sociaux, l’abandon et l’isolement souvent associés à cette notion de réalisme, que je tente ici de souligner, sont un héritage direct de cette pensée et d’une certaine réflexion sur le cinéma français qui les transcrit et les explore avec implication et sensibilité. (NB : Un prophète de Jacques Audiard).   L'ÉQUIPE Cette production réunit déjà une équipe de professionels comme Gwendal Audrain, acteur et interpréte du rôle principal, Frédéric Reby, musicien à la tête de la bande originale, Nicolas Desverronnières, artiste plasticien au cadrage et à la photo, mais aussi des néophytes comme Marie Raud, assistante réalisateur et scripte, Victor Hamonic et Virginie Nicollet étudiants à l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, site de Lorient à la réalisation du storyboard, qui ont mis à profit leur talent pour soutenir ce projet et le concrétiser. Frédéric Reby musicien réputé et émérite du bassin lorientais et de Bretagne a produit les premières esquisses musicales donnant au projet l'intensité et l'ambiance convoitée. Gwendal Audrain, quant à lui, a désormais posé une voix et un visage sur le protagoniste du l'histoire.   Gwendal Audrain, 32 ans, vit et travaille à Paris. Acteur professionnel, issu de L'entrée des artistes dirigée par Olivier Belmondo. Dans Story of a Guy : acteur principal, protagoniste The GUY.     Frédéric Reby, 40 ans, vit et travaille à Morlaix. Médiateur culturel et musicien professionnel. Dans Story of a Guy : créateur de la bande originale.                Nicolas Desverronnières, 27 ans, vit et travail à Lorient.            Artiste plasticien issu de l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, site de Lorient            Dans Story of a Guy : Cadreur, directeur de la photographie.       Marie Raud, 28 ans, vit et travaille à Lorient. En formation professionnelle dans l'événementiel. Dans Story of a Guy : Assistante réalisateur, scripte.     Jérémy Leudet, 29 ans, vit et travaille à Lorient. Scénariste, réalisateur issu de l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, site de Lorient Dans Story of a Guy : Scénariste, réalisateur, metteur en scène.       PRODUCTION Voici quelques jours que le projet Story of Guy est soutenu par la plateforme touscoprod. Touscoprod est une plateforme de financement participatif dédiée 100% au cinéma et à l'audiovisuel. Créée le 20 janvier 2009, touscoprd se démarque par la qualité de son catalogue (dont 6 sélections à Cannes, 2 nominations aux Oscars, 1 Ours d'or à Berlin et de nombreuses autres récompenses). À ce jour, 22 coproducteurs me soutiennent, si vous voulez, vous aussi suivre, participer, partager ou tout simplement aller plus loin dans la découverte du projet, je vous invite à suivre ce lien : http://www.touscoprod.com/fr/storyofaguy Il reste encore 17 jours pour les curieux et les éventuels donateurs. Merci de votre soutien et de votre regard, ce sont les raisons pour lesquelles nous croyons en ce que nous faisons.  

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Vous imaginez bien que je pourrais parler de toute la saison, qui compte environ une quarantaine de spectacles en tout genres : cirque, musique, danse, théâtre, une pincée de cinéma, une bonne touche de contemporain et quelques grains de classique... Je vais donc volontairement me focaliser sur quelques perles, un choix subjectif mais il est, bien sûr, plus facile de parler de ce que l'on aime. La musique, beaucoup de musique classique comme à son accoutumée : Wagner, Mozart, Shubert, Malher, Schönberg... mais attention deux petites curiosités se sont glissées parmi les clavecins et autres instruments à poussières. Tout d'abord le célèbre " Pierre et Loup " de Prokofiev ( 12-13 décembre ), en quoi est-ce original me direz-vous ? Une version cuivrée évidemment, toute pleine de grandes notes jazzy, tout cela exécuté par Amazin Keystone Big Band. Un Pierre et le loup se baladant dans le Manhattan des années 50, cela a du en faire courir des rombières affolées. Enfin bref, pour continuer sur la seconde perle, si je vous dis Satie vous devez me répondre Gymnopédie...mais attention, certes il y aura de sa musique mais avant tout théâtralisée, une sorte d'étude de la musique satinienne dans Mémoires d'un amnésique (15, 16, 17 octobre).Pour finir sur la musique, malgré la richesse de la programmation, je ferais un petit aparté sur Cascadeur / Girls in Hawaii présent lors du Festival des Indisciplinées et qui se jouera au Grand Théâtre. Cascadeur c'est une sorte de pianiste / compositeur / chanteur à la voix de tête, déguisé en copie du méchant Turbo dans le film Le monde de Ralph qui fait de la pop planante à la Sigur Ros. Girls in Hawaii est un groupe de six musiciens belges qui surf sur la pop indie, vous pourrez retrouver tout ce petit monde le 10 novembre.    Ne partons pas très loin, on va s'occuper de la danse. Cette année encore il y aura du Charmatz pour les fans et du très contemporain avec Gisèle Vienne. Cette dernière va nous présenter, pas personnellement, une pièce intitulée " The pyre ". Alors là, attention, on prépare sa paire de lunettes de soleil car Gisèle, elle a fait un partenariat avec une compagnie d’électricité, sur scène des centaines de LEDS, vous noieront dans une expérience lumineuse sensorielle. Je vous conseille aussi les boules quiès car en plus de la lumière, il y aura de la bonne techno électro et du texte de Dennis Cooper. Une sorte de seringue d'adrénaline psychédélique peut-on dire. Petit aperçu ci-dessous.     Après le contemporain, parlons classique. Un ballet ça vous dit ? Au menu, il y a le Cendrillon de Maguy Marin (10-11 janvier) enfin quand je dis classique, ce n'en est pas vraiment. Ça m'a tout de suite fait penser à une future adaptation de Chucky, la poupée qui rencontre les Bisounours. Des poupées vivantes mais un peu édulcorées à la " it's a small, small world " de chez Disney versus l’Exorciste. Pour rappel, Maguy Marin est passée l'année dernière au Grand Théâtre avec May B et j'avais adoré. Très hâte de voir la suite donc !     Passons aux extras, du cirque avec Acrobates (13-14 novembre) et Qui-vive (15-16-17 décembre), des galipettes et de la magie à faire découvrir aux plus petits. Évidemment, je ne pouvais pas sauter Bartabas. Le Saint-Graal de cette programmation, le leitmotiv de la billetterie, Bartabas dans Golgota (28-29-30 novembre). Comment dire, du Flamenco, de la danse équestre, du clair-obscur, personnellement, j'ai déjà pris mes places.                            Autre trouvaille, Malec dans la ville (22 janvier), un ciné-concert pour les fans de Buster Keaton avec en improvisation musicale, l'école de musique de Lorient. Une réminiscence de l'ancien temps, ou le spectateur va vivre et la musique et l'histoire en temps réel comme au début du cinéma.    Pour finir, j'attaque le plus lourd. LE THÉÂTRE. Petite liste exhaustive : - Orphelins de Chloé Dabert ( du 29 sept au 3 oct ), huis-clos qui a fait parler de lui au festival d'émergences théâtrales Impatience.        - Tohu Bohu de Madeleine Louarn (du 7 au 10 octobre), toujours en compagnie de Catalys, compagnie d'adultes handicapés mentaux, rappel de Les oiseaux l'an passé.   - Elle brûle (du 13 au 15 janvier) huis-clos extrêmement réaliste sur une femme et sa vie de famille.   - Le malade imaginaire de Molière (du 03 au 05 février) version pop seventies.  - Novenceto (le 27 et 28 février) texte de Barricco et mis en scène par André Dussollier. " On jouait parce que l'Océan est grand, et qu'il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils étaient, et qui ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu. "- Une adaptation Les particules élémentaires de Houellbecq (le 1er et 2 avril) qui s'est jouée au Festival d'Avignon l'an passé.             - En parlant d'Avignon, Olivier Py présentera Orlando ou l'impatience (le 5 et 6 mai) une version aux allures de promenade New-yorkaise.             Pour terminer, je m’arrêterais sur Blanche-Neige (le 20 et 22 mai) mise en scène par Nicolas Liautard, jeune metteur en scène, une sorte de recueil photographique marquant l'absence de texte, des peintures brumeuses, illustration des contes des frères Gimm.           Je vous invite à vous renseigner sur le site du Théâtre de Lorient : ici. L'ouverture de la billetterie ce fera ce weekend, le 6 et 7 septembre. Au plaisir de vous y retrouver !

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  Un retour sur expérience... Trois stages d’initiation à l’art vidéo ont été proposés aux 14 à 17 ans sur la thématique des images vidéo. Cette action a été initiée suite à l'association du FRAC Bretagne, des Champs Libres et du musée de Bretagne dans le cadre d'un projet national (les portes du temps). Les trois stages on été réalisés sur trois semaines, mené par un de nos membres : Thomas Daveluy. Les jeunes stagiaires ont réalisé une vidéo collective tout en découvrant une exposition, ses coulisses et les différents métiers du domaine culturel. Chaque semaine un artiste était invité, j'ai donc été l'un de ces artistes invité. Le troisième stage devait permettre d'apporter une dimension théâtrale à la vidéo par l'utilisation du décor et du costume. Je me suis donc rendu sur Rennes pour quelques jours de travail. Le stage a commencé dès le mardi, ils ont pu découvrir quelques courts métrages de Méliès, référence clé de ce stage. Suite à cela et à un petit jeu de pioche, chaque groupe de stagiaires a créé un petit scénario de leur vidéo. Pour ma part, je ne suis intervenu qu'à partir de mercredi jusqu'au vendredi. Après quelques présentations, mon métier d'artiste et mes réalisations, j'ai enfin pu découvrir leurs scénarios. Très loufoques et donc super intéressant dans la mise en scène. Je leur ai d'abord montré, très apprécié d'ailleurs, "La famille Tennebaum" de Wes Anderson pour son travail très photographique et de mise en scène. J'ai choisi le prologue et le casting, scènes ou les plans fixes sont nombreux. La voix off apporte des informations pendant la présentation des personnages. On est là très proche du travail de metteur en scène qui met dès sa première scène les personnages en place. Permettre au spectateur de connaitre l'identité et donc l'histoire du personnage assez rapidement. On entre très facilement dans le style et l'univers des figures. Une immersion dans un cercle familial loufoque dès le départ. Cette référence m'a permis de leur faire comprendre que le plan fixe, utilisé dans la totalité du stage, ne gêne en rien la présentation d'un personnage, différents éléments, que ce soit la bande son, voix off, costumes et décor, permettent de comprendre et de saisir un personnage. Pas besoin d'un dialogue ou d'un monologue. Dès le mercredi après-midi, on se met à la pratique. Un tour des différents groupes me permet de cerner leurs besoins en costumes. Il y a du travail. Je commence par le groupe qui en a le plus besoin, un casque de chevalier et deux masques d'oiseaux. Originalité des masques d'oiseaux, la tête du comédien est en fait le corps de l'oiseau en entier. Second groupe, une histoire de pêcheurs "clonés" : là il faut deux masques identiques, je remarque que l'une des stagiaires a des qualités en dessin, ce que je met à profit, deux masques en 2d entièrement dessinés. Les troisièmes et quatrièmes groupes ont beaucoup d’accessoires donc je leur prêtes des masques déjà fabriqués, seul le magicien du troisième groupe aura un masque fait pour l'occasion, une sorte de bec d'oiseau , masque typique de la Comedia del Arte du médecin de la peste.   Les jours suivants, finissage des costumes, accessoires et décors. Tout est filmé ensuite sur fond noir ou blanc, permettant de faire de l'incrustation facilement. Chaque groupe passe devant le rideau, répétions et tournages multiples. D'autres vidéos leurs sont montrées pendant le tournage lors des temps libres: La comtesse de Castiglione de David Lodge, court-métrage de 2010 Quelques "La linea" de Osvaldo Cavandoli, animation d'un personnage sur une ligne continue "Paper War" de Zhe Zhang Ces vidéos nous ont permis de leur faire découvrir la magie du cinéma, par des outils de montage, le stop-motion ou l'animation. En plus de la pratique, nous voulions leurs faire découvrir des petits trésors de vidéos. Pour conclure, ce fut une très bonne expérience autant pour moi que pour les stagiaires selon les retours. Je vous invite d'ailleurs à consulter le blog qui a été tenu par les stagiaires durant ces trois semaines: http://blogs.leschampslibres.fr/filmez-court/ Le résultat sera présenté lors d'une première aux Champs-libres le 16 septembre à 18h30. Venez donc le découvrir...

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C'est au mois de décembre qu'est ressorti en édition restaurée La Porte du Paradis (Heaven's gate) de Michael Cimino. Chef d’œuvre incontestable du cinéma, il raconte, d'après des faits réels (voir la guerre du compté de Johnson), comment, en 1890, un lobby d'éleveurs (extrêmement puissant sur le plan politique) fait adopter par le sénat une liste de 125 noms de personnes à abattre. Ces condamnés, tous immigrants et extrêmement pauvres, étaient accusés, sans procès, de vol de bétail. Cette re-sortie en DVD sonne un peu comme une résurrection inespérée car il s'agit d'un des 10 plus gros échecs commerciaux de l'histoire du cinéma (avec une perte sèche de 107 millions de dollars, inflation prise en compte). Le film entraînera même la United Artists (fondée par Charlie Chaplin) dans sa chute, puisque le studio mis immédiatement la clé sous la porte.   L'échec inévitable d'un film sorti au mauvais moment. Le film se dote d'un budget colossal : 40 millions de $ de l'époque (environ 120 millions d'aujourd'hui). Une ville est construite spécialement pour les besoins de reconstitution et le tournage dure 7 mois. Cimino fait appel à beaucoup de grands acteurs (Kris Kristofferson, Christopher Walken, Jeff Bridges) et de premiers-rôles qui s’avéreront être des grands noms plus tard (Mickey Rourke, Isabelle Huppert). La porte du paradis sort en 1980 aux Etats Unis (1 an avant l'élection de Reagan - la droite dure) et propose une vision assez gauchisante (en ré-ouvrant la plaie d'un génocide américain orchestré par la bourgeoisie contre les plus démunis). A sa sortie les critiques sont assassines : le thème passe mal, il met à nu un traumatisme plus profond que le génocide indien : le “fratricide originel”, le massacre des pauvres par les riches. Le film est retiré au bout d'une semaine et Cimino du remonter le film pour essayer de proposer une version moins radicale (la seconde, sortie 6 mois plus tard, fut aussi un fiasco). Un format mal adapté Cimino aurait récolté plus de 200h de rushes sur le tournage, et proposa une première version de 5 heures, qui sera immédiatement refusée. Au final c'est une version de 3h40, puis 4h20 qui sortira au cinéma. La version restaurée de 2012 dure 3h36. S'il était sorti aujourd'hui, La porte du paradis aurait pu faire l'objet d'une série TV, mais, à l'époque, ce concept n'en était encore qu'au fonctionnement d'épisodes autonomes (il faut attendre l'age d'or des séries dans les années 1990 pour commencer à voir des histoires s'étalant sur une saison et non un unique épisode).On ne sortait pas non plus de films en plusieurs parties (comme cela semble devenir la norme avec des films-arnaque* comme, allez au hasard, le Hobbit).Du coup le format de La porte du paradis a rebuté beaucoup de gens, qui ne se sentaient pas être capable de s’enchaîner 4h de film. Un chef d'oeuvre incontournable C'est un film assez long en apparence (3h30) mais qui défile à toute vitesse tant l'histoire est prenante. Le spectateur est emporté dans un tourbillon de folie entre les scènes de danse hallucinées qui ouvrent le début du film et qui préparent le long final sanglant qui se jouera de la même manière. On a aussi plaisir à voir certains acteurs peu ou pas connus à l'époque et qui sont aujourd'hui devenus des grands noms (et Isabelle Huppert qui parle anglais avec un accent français à tirer au couteau). Une restauration réussie La nouvelle version, sortie en 2012, a été entièrement remontée sous la direction de Michael Cimino. Elle a fait l'office d'une numérisation haute définition ce qui a permis au réalisateur d'en profiter pour retravailler le film (couleur, grain, etc) avec les outils d'aujourd'hui permettant ainsi de s'approcher d'avantage de ses souhaits de l'époque. Voici un visuel de la très belle édition prestige contenant livres, photos, bande-originale, scripts et autres : Notes et liens : * Le principe d'étirer un scénario somme toute assez basique sur plusieurs films, obligeant le spectateur à payer 3 fois sa place, m'a toujours paru être une véritable arnaque. Payer 33€ (3x 11€ en 3D) pour voir un film au cinéma est juste inadmissible. Une longue critique du film : http://www.dvdclassik.com/critique/la-porte-du-paradis-cimino Une interview d'Isabelle Huppert à propos du film : http://www.lexpress.fr/culture/cinema/isabelle-huppert-pour-le-film-la-porte-du-paradis-rien-ne-pouvait-nous-arreter_1225600.html

La porte du paradis

La ré-interprétation et la modernité sont les deux termes qui définiraient cette nouvelle saison. Il est programmé de nombreuses pièces dont ce sont les mots d'ordre. Tel Orlando, opéra interprété par l'ensemble Matheus, dirigé par Jean-christophe Spinosi et mis en scène par Eric Vignie, oeuvre de Haendel qui s'était inspiré du roman "Roland le furieux" ou bien "Rappeller Roland", réflexion sur la guerre qui fait référence elle aussi à "la chanson de Roland". Ré-interprétation d'auteurs plus classiques, "Pompée" et "Sophonisbe" de Corneille, confrontation entre l'orient et l'occident, mis en scène par la spécialiste "corneillienne", Brigitte Jaques Wajeman. Deux perles, sous le signe de la modernité, "le misanthrope" de Molière version rock/clash et "Pantagruel" avec Olivier Martin-Salvan, (qui avait conquis le public du CDDB l’an dernier avec Ô Carmen). Une touche de décalé, avec " Miss knife chante olivier py" un music-hall mené par l'alter ego, entendez transformiste, d'olivier py. Tout comme "le crocodile trompeur/Didon et Enée" , relecture excentrique interprétée par une jeune troupe d'acteurs dont Judith Chelma. Et pour finir, une version étrange et obscure du petit poucet, dont le personnage principal est joué par un adulte de petit taille, entendez nain.                                                                                                                                                                         Après le théâtre, place au cirque, avec trois spectacles, "Lebensbraum" huis-clos rétro, qui raconte l'histoire de deux hommes créant une femme robot afin de satisfaire leurs besoins ménager. Une touche de mime et une pincée de cinéma muet. Le second, "L'oublié(e)" de Raphaëlle Boitel, que certains ont pu voir dans les pièces de Marc lainé, "break your leg" ou "un rêve féroce". Il s'agit d'une  pièce onirique mêlant réalité et rêve, racontant la triste histoire d'une femme dont le maris est dans le coma et qui décide à son tour d'entrer dans un coma afin de retrouver l'homme qu'elle aime. Et pour finir, "le cirque invisible", spectacle mythique avec Victoria Chaplin, petite fille de Chaplin. En ce qui concerne la musique, beaucoup de classique avec "Amériques..." qui s'attaque à Gerschwin notamment, "sonate à kreutzer" avec l'ensemble Matheus pour les fans de Beethoven, "de Venise à Buenos Aires" pour les 4 saisons de Vivaldi, puis avec l'orchestre symphonique de Bretagne qui viendra interpréter Saygun, Mozart et Stravinsky. En décalé, nous avons du jazz avec "Bonaventure Pencroff", du post-rock associé à de l'image, pour les fans de cinéma chez Murnau ou Renoir, avec "La petite marchande d'allumettes/L'Architecte". Le meilleur pour finir, pour les fans de Pink Floyd, huit musiciens reprendront l'intégralité de " the dark side of the moon" en direct sur scène avec les instruments de l'époque, épique donc.Qui dit musique dit danse, tout d'abord du flamenco avec "Flamencas, de la danse toute nue qui a fait un triomphe à Avignon avec "Tragédie", "Duo d'Eden/ Welcom to paradise" avec le ballet de Lorraine, "Partitia 2" avec Boris Charmatz, vu récemment dans "enfants" voir notre article (http://multi-prises.fr/index.php?post/2013/03/20/Enfant-une-pi%C3%A8ce-de-danse-de-Boris-Charmatz). "Partitia 2" se joue en trois partie, la première est l'intégralité de la partitia n°2 de Bach joué au violon, la seconde est l’interprétation en danse de celle-ci sans la musique, la troisième et dernière est l’alliance des deux. Pour clore la danse, deux bijoux, du cabaret burlesque façon "tournée" d'Almaric présenté à Cannes avec "Cabaret New Burlesque" et "cuisses de grenouille" avec une Joséphine qui rêve d'être danseuse.On en oublierait presque les autres genres, avec les deux spectacles de marionnettes, "sur la corde raide" mélangeant manipulation et vidéo très réalistes,  puis "The Table" marionnette à l'anglaise avec ses angoisses et sa crise existentielle. Pour clore cette présentation de saison, de la philosophie avec "Faire le gilles", reprise pendant 5 soirs, des cours de Gilles Deleuze façon cours magistraux. Chaque soirs, sera abordé un sujet philosophique différent.Je vous invite tout de même à faire un tour sur le site du théâtre pour les pièces dont je n'ai pas parlé et pour retrouver les infos supplémentaires telles que les dates: http://www.letheatredelorient.fr/!!!!!!!!!!!Pour infos, vous pouvez pour les abonnements, venir au théâtre à partir du 7 septembre.

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Jeune et jolie est un film de François Ozon (8 femmes, Ricky, Potiche, Dans la maison, ... ), actuellement à l'affiche (sorti le 21 Août).  Ce film a beaucoup fait parler de lui car il parle d'un sujet un peu tabou : la prostitution d'une adolescente. La critique a été assez contrastée, certains jugeant le film trop voyeuriste ou carrément pornographique (comme le Nouvel Obs entre autres), d'autres affichant tout le contraire en présentant le film comme étant subtil et intelligent (comme Télérama par exemple).Personnellement, j'ai plus été du second avis tant le film ne donne, à aucun moment, de leçons ni d'explications sur le choix de cette adolescente. Pour esquiver l'argument financier (fait-elle ça pour l'argent ?), Ozon choisit de placer son personnage dans un contexte familial assez riche. Ainsi, le réalisateur écarte toute raison économique aux choix que va faire son adolescente. A mon sens, le film n'aurait rien perdu (sinon gagné en subtilité) à se situer dans un milieu moins bourgeois, mais ce côté tranché permet au moins au réalisateur de se débarrasser rapidement de cet aspect. Et c'est justement en se débarrassant de la moindre explication (nous n'entendrons jamais Isabelle, l'adolescente, s'expliquer sur ce choix) qu'Ozon tire toute la subtilité de son film. Les parents, tout comme le spectateur, ne comprennent pas et ne comprendront jamais. Ils ne peuvent qu'assister, impuissants, aux choix que va faire l'adolescente.De cette manière, le réalisateur évite tout aspect moralisateur ou bien-pensant en ne donnant pas de réponses à ce comportement. Le film va même plus loin en dessinant une autre réalité : ce pré-supposé problème de société (la prostitution adolescente - sujet qui fait de superbes reportages catastrophistes sur TF1) n'en est plus un dès lors que l'on se rend compte que le personnage n'en souffre pas, c'est son choix. Le problème est alors celui de l'acceptation des parents, ainsi que celle du spectateur (ainsi que, implicitement, celle de la société) : sommes-nous prêts à admettre ce fait ? Jeune et Jolie dépeint alors simplement le portrait des fantasmes d'une adolescente, mais aussi, de manière sous-jacente, ceux des hommes. Le tabou et le fantasme se rejoignent donc tout au long du film (qui ne fait preuve d'aucune pudeur) en abordant la notion du plaisir ou plutôt de son absence. Car c'est là que le film tire son parti pris : aucune scène choquante ou provocante, aucune scène montrant clairement qu'Isabelle tire un quelconque plaisir de ces expérimentations. Pour reprendre une des phrases de l'article de Télérama : Se pourrait-il que les expériences d'Isabelle n'aboutissent pas à la grande révélation physique plus ou moins attendue par le spectateur ? Le film se conclut sur une superbe scène où Ozon met côte à côte Isabelle (interprétée par Marine Vacth) et Charlotte Rampling. Le parallèle entre les deux femmes (que 50 années séparent à peu près dans le film) est incroyable tant la beauté et la prestance de Charlotte Rampling éclipsent Marine Vacth. Ici le fantasme de la jeunesse (point de départ du film) finit par s'effondrer et achève le travail d'Ozon : supprimer les idées reçues et les clichés.

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Dernier film des frères (et sœur) Wachowski (Matrix, V pour Vendetta, Speed Racer) ainsi que de Tom Tykwer (Cours, Lola cours), Cloud Atlas est un film de science-fiction en salles actuellement. Il s'agit aussi d'une adaptation du livre éponyme de David Mitchell sorti en 2004. Étant un fan inconditionnel des Wachowski (notamment pour la manière expérimentale dont ils traitent le cinéma numérique - je pense à Speed Racer) et ayant adoré Cours,  Lola cours (une course poursuite virevoltante en 3 temps avec un milliers d'idées à la seconde), je pensais trouver là une bonne association pour faire un film dans un des genre dont je raffole le plus : la SF. Au lieu de cela, j'ai assisté à une tambouille de référence de films déjà vus (et pas des plus récents), à peine cachées tellement il s'agit d'avantage de copie que de citation. Le scénario n'a rien de différent du film d'Aronowski, The Fountain, puisqu'il propose une vision à 6 époques différentes de la même histoire (pour rappel, The Fountain, proposait seulement 3 époques distinctes pour parler de l'amour éternel entre un homme et une femme - oui, le sujet est pompeux, mais le film avait le mérite d'être bien réalisé, ce qui le sauvait un peu visuellement).Ici on a doublé les époques, histoire de radoter encore plus et de faire s'éterniser le film sur 3 heures (sisi, 172 minutes il faut s'accrocher). D'ailleurs, même la musique de Cloud Atlas (pourtant présentée dans le film comme le chef d’œuvre d'un des personnages) n'arrive pas à la cheville de la magnifique bande originale de The Fountain composée par Clint Mansell. Le gentil, tout droit sorti d'un mangaBouh, il est laid, c'est un méchant ! Pour ce qui est de chaque époque, ce n'est sûrement pas là que je trouverai la moindre originalité. Un montage essaye de les mélanger afin de nous tenir en haleine durant ces 172 minutes (j'insiste, mais purée, c'est vraiment long). Je ne m'éterniserai pas sur les 4 premières époques : une nous présente un homme sur un navire négrier qui va changer d'avis sur l'esclavage parce que le bon noir lui sauve la vie (vous avez dit cliché ?), une autre tente de nous faire suivre la carrière d'un compositeur qui délivre l’œuvre de sa vie avant de se suicider (sur font pseudo-romantique style feuilleton FR3), le troisième propose une affaire de démantèlement de conspiration (avec pour thème "le nucléaire c'est mieux que le pétrole, c'est l'avenir" - il doivent bien se marrer à Fukushima) et le dernier raconte l'histoire de petits vieux qui se font la belle de leur asile (à la limite on peut rire, mais à condition de ne pas s'être endormi, car -je ne suis pas sûr d'en avoir parlé mais- le film dure 3h). La 5ème époque se passe en 2100 (et quelques) et n'est ni plus ni moins qu'une flagrante copie scénaristique de l'excellent Soleil Vert (qui date de 1973 tout de même - je le recommande au passage)  ainsi que Blade Runner (1982) pour les décors (mais là c'est faire beaucoup trop d'honneur à Cloud Atlas car franchement les décors de la ville en 3d sont simplement hideux - on dirait une espèce de rendu d'un vieux jeu vidéo, guère mieux ). Le design des personnages est quand à lui copié sur Equilibrium (2002 - qui doit être copié d'un autre film -plus ancien- car c'est trop récent, je suis surpris de voir une référence si jeune). Bref, rien de nouveau à l'horizon, voire même pire : on tombe dans le cliché de la ville futuriste toute bleue avec des voitures volantes qui font "FUUUUUU" car c'est trop cool le futur. 31 ans d'écart et aucune différence La dernière époque est quand à elle une copie (in)parfaite d'Absolom 2022 (un film de science fiction de 1994 qui se passe sur une île-prison infestée de cannibales) sur fond post-apocalyptique à la Planète des singes (là encore c'est récent : 1968). Le jeu des 7 erreurs... Autant de références dont Cloud Atlas n'arrive jamais à atteindre la cheville, tant il se vautre dans les clichés (l'étoile filante dans le ciel, dernière image du film, enterre définitivement à la hache tout espoir d'originalité) et dans le bien pensant (les gentils sont toujours gentils à travers les époques, idem pour les méchants, destinés à être vilains jusqu'à la fin des temps). Même les références choisies (malgré leur grande qualité pour certains films) ne sont plus toutes jeunes et dessinent au final un motif vieillot et poussiéreux. Au final, voilà un film qui n'a rien à dire et qui tente de se sauver en faisant de la citation à tout va. Non, je suis déçu, surtout après les films qu'ont fait les 3 réalisateurs(trices) auparavant, c'est réellement incroyable d'assister à si peu d'inventivité, d'originalité. Il n'y a aucune recherche cinématographique (mince après Speed Racer comment peut-on faire ça ?) ni scénaristique. Et au fait, j'ai déjà dit que c'était long 172 minutes ?

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Bonjour à toutes et à tous. Je suis allé voir, par le plus grand des hasards, le film Renoir, au cinéma récemment. Ce film est, d'après moi, un échec.  Je m'explique. Pour commencer, je vais parler de l'image, car, en droit d'attendre un film haut en couleur faisant référence aux peintures du maître, il ne se passe rien. Il n'y a aucune recherche, graphique ou stylistique qu'il soit. Les couleurs sont fades, peu travaillées et insipides. Alors qu'il y aurait un parti à prendre sur ce point de vue, concernant un biopic (qui finalement n'en n'est pas un), qui aurait pu être intéressant voire ludique et même éducatif, on se retrouve à regarder une suite d'images plus mal construites les unes que les autres, où parfois le réalisateur s'essaie à faire quelques élucubrations et tentatives pseudos inspirées par l'œuvre du peintre, mais elles tombent directement dans l'oubli par un montage décevant et trivial. Ces tentatives expérimentales ne mènent nul-part et en deviennent risibles. Justement, le montage, qu'on pourrait volontiers qualifier de léger, "telle la touche du peintre", dénote au maximum une fainéantise accrue insultant, à la limite, les possibilités techniques et visuelles du 7ème art et de son analogie à la peinture. On débute le film par un suivi caméra du personnage principal féminin où le flou s'installe avec une certaine justesse de référence au sujet, mais il est vite mis en marge dès la séquence suivante et finalement totalement oublié.  Parlons un peu des personnages, mais surtout des acteurs. Pitié, une ribambelle de fausses notes du début à la fin. Les acteurs ne sont tout simplement pas crédibles (excepté Michel Bouquet qui, il faut le dire, maîtrise très bien son personnage (Renoir père) ainsi que Thomas Doret (Coco Renoir, "le petit dernier") la révélation du film), ils semblent être à peine les esquisses de ce qu'ils aurait du être. Ils sont pâles à la manière d'un sitcom avec une mention spéciale pour Christa Theret qui, dirait-on, est tout droit sortie d'un fantasme adolescent romanesque nous interprétant (qu'à moitié) l'émancipation de la femme en quête de liberté, mais ici sans ferveur ni volonté. Une de celle qui croit tout savoir, mais sans grande(s) conviction(s). C'est une mauvaise caricature de Louise Michelle ou de Simone de Beauvoir qui auraient été réactualisées au travers du corps et de l'esprit d'une ado blasée ayant trouvé le vérité absolu sur la vie. Mais finalement, à travers ses personnages le réalisateur Gilles Bourdos nous exprime très bien son regard sur le film : tout sur la forme mais rien dans le fond. Tout semble creux et les personnages ne viennent en aucun cas combler ce vide et cet ennui. Une petite preuve assez anecdotique et finalement très amusante, ce sont les "grandes phrases" de du Maître Renoir, tellement censées et intéressantes mais ici placées de manière à combler un manque d'approfondissement et un vide morbide. Ces citations (audibles dans la bande-annonce) ont été placées comme si le scénariste c'était dit : "tiens, il faudrait que je mette des citations qui feront mouche et qui résumeront en deux mots la peinture de Renoir". Mais non, ça ne marche pas, c'est de l'imposture et une manière de prendre le spectateur pour un d'inculte (ce qu'est ce film) et un idiot. "Une petite citation du peintre et hop je m'attire les liesses du public". Voilà ce qu'est ce film, la vulgarisation d'un contexte, d'un art et de personnages ; un résumé plus que douteux et faussement inspiré, comme les mauvais poètes du XIXème siècle croyant écrire, inspirés par une muse (inexistante), en quelques secondes, la meilleure poésie jamais connue.  Mais au travers de cette diatribe, il y a tout même des points positifs. Oui je sais, ça surprend. La légèreté tant recherchée (jamais trouvée, sauf) est parfois présente, trop inégalement, dans la fraîcheur des décors provençaux qui nous enferment de temps en temps dans un bien être visuel. On s'imagine dans la chaleur d'un été dans les quelques secondes où les personnages ne font pas intrusion dans les plans de nature. Le huis-clos, tout de même très aéré nous fait parvenir assez justement l'aspect familial positif et chaleureux que, je dois avouer, la réalisateur à su, parfois, bien saisir et transmettre.  Malheureusement dans ce diaporama de photos de familles et de cartes postales de la Côte D’azur, l'ambiance sonore manquant, l'immersion peine à venir et nous quitte définitivement par les échecs précédemment cités. 

Affiche Renoir

dans Découvertes (3)

La chapelle de Bethléem est située à Saint-Jean-de-Boiseau près de Nantes. Il s'agit d'une chapelle du culte catholique romain venant d'être restaurée. Vous me direz mais qu'a t'elle de si extraordinaire? Et bien le restaurateur a fait appel à un sculpteur, Louis Boistel, pour restaurer les chimères manquantes. Seul petit hic, il n'y avait plus de représentations permettant de recréer fidèlement celles détruites par le temps. Le sculpteur s'est donc librement inspiré de bonnes vieilles icônes du cinéma japonais et américain. Néanmoins, l'esprit de celle-ci demeurait : réunir en un même lieu des figures d'origines culturelles différentes, en l'honneur de la coexistence de ces cultures.  Comme vous le montrent les images, la méchanceté de l’être humain se voit représentée par un gremlins, son opposé par Gismo, Goldorak pour l'image du chevalier ou bien encore alien. Je trouvais cette information à la fois très drôle et assez déroutante. Il est assez surprenant qu'une commune accepte cette originalité, encore plus lorsqu'il s'agit d'un lieu de culte. Voilà donc un exemple de choc entre les monuments du passé et la modernité. L'idée d'utiliser des représentations contemporaines de gargouilles pour orner les pinacles de monuments religieux se retrouve par ailleurs, toutefois.  La Cathédrale Nationale de Washington, par exemple, contient sur son flanc ouest certaines gargouilles à l'aspect curieux : l'une représente un politicien corrompu, dont les poches pleines laissent voir des billets de banque dépasser. On peut également y voir un jeune business-man pressé avec son attaché-case. Une autre représente la mythologie de Star Wars sous les traits de Dark Vador, sculptée par Jay Hall Carpenter, un artiste sculpteur également visionnaire et iconoclaste. La question est, comme nous aujourd'hui qui regardons ces sculptures d’apôtres comme de vieilles pierres d'un temps et d'une religion plus ou moins révolu ou du moins, moins importante, quel sera alors le regard porté à ces nouvelles icônes dans 100 ans?source: http://golem13.fr/chapelle-de-bethleem-gremlins/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=chapelle-de-bethleem-gremlins

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Je tiens à vous présenter le nouveau film de Ang Lee ( réalisateur de Le secret de brokeback mountain, Tigre et dragon). Il s'intitule "L'Odyssée de Pi" dont voici un résumé:  source wikipédia Le film raconte l’histoire magique des aventures de Pi Patel, fils du directeur d'un parc zoologique. Ayant vécu à Pondichéry, la famille décide de déménager au Canada. Ils embarquent alors à bord d’un énorme cargo. À la suite de son naufrage, Pi se retrouve à la dérive dans l’océan Pacifique à bord d’un radeau de sauvetage accompagné d’un zèbre blessé, une hyène, un orang-outan et un tigre du Bengale appelé Richard Parker, lesquels essaieront de lutter pour leur survie... A moins que tout ceci ne soit le fruit de son imagination pour détourner une réalité trop difficile à vivre... https://www.youtube.com/watch?v=_xA3rmtpn1k Sincèrement mais en étant assez subjectif, je vous le conseille. Certains connaissent mon gout pour l'animalier, qui est merveilleusement représenté, mais en plus de cela il questionne des sujets comme la religion, l'instinct de survie et la cruauté. Ce film contient des images juste "wow", fantastiques et étonnantes, entre réalité et fantaisie (trés photographiques et oniriques). Je précise aussi qu'il s'agit avant tout d'une histoire tirée du roman de Yann Martel pour les amateurs de littérature, que je vais m'empresser de lire. Je vous laisse le plaisir de le voir sans en dire plus. Petit fait intéressant, le film a pu être vu en avant-première à la piscine Pailleron à Paris. Les spectateurs ont été placés dans des canots sur l'eau, embarqué avec l'utile gilet de sauvetage. Idée surprenante qui met le spectateur en situation, celle du personnage principale à la dérive sur les océans, voilà une façon de vivre un film de façon inédite et plus intense.

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Une chronique cinéma pour traiter d'un film actuellement au cinéma, le nouveau James Bond : Skyfall. Avant de parler de ce 23ème opus, je voudrais revenir sur le nouveau cycle entamé avec l'arrivée de Daniel Craig (le 6ème acteur à interpréter James Bond), qui correspond, selon moi à une cassure nette avec le genre vieillissant et moribond de la licence 007. Un flingue, des femmes, des voitures, un Bondet une légère dose de testostérone Avant Casino Royale (qui est le premier film du nouveau cycle avec Daniel Craig), je voyais les films de James Bond plus comme une sorte d'hommage nostalgique à l'époque de la guerre froide. Le schéma classique du bloc de l'est affrontant celui de l'ouest était, même avec les films interprétés par Pierce Brosnan, la trame narrative classique de tous ces opus. Jusqu'alors Bond représentait un agent secret dans ce qu'il a de plus "classe" : belles voitures, beaux costumes, un dragueur hors pair, toujours avec un verre de Martini-vodka (mélangé au shaker, pas à la cuillère), se débarrassant de ses ennemis avec un coup de révolver, sans effusion de sang. L'image de Bond était donc presque celle d'un super héros, symbole ultra-machiste d'un homme, un vrai, riche, fort séduisant et intelligent qui sauve le monde. Le problème avec cette image c'est qu'elle a réellement fait son temps. Déjà la scission est-ouest n'existe plus, ensuite le schéma machiste véhiculé par Bond est réellement devenu cliché voire kitch. Même si j'ai toujours autant de plaisir à regarder les anciens 007 (ça dépend, il y en a aussi de très mauvais), j'avoue que ce type de scénarios devient, à force, lassant. Par ailleurs, l'arrivée de licences concurrentes, nettement plus "fraiches", telles que la trilogie Jason Bourne (la mémoire dans la peau, la mort dans la peau, la vengeance dans la peau) ont réellement mis James Bond au placard, dans la catégorie "antiquités à dépoussiérer de temps à autre". C'est alors que sort, en 2006, Casino Royale, premier volet du cycle Daniel Craig, qui casse littéralement les codes de l'agent 007 et ce pour plusieurs raisons. Le choix de l'acteur. Daniel Craig possède un physique très différent des précédents acteurs qui ont incarné Bond. Il est trapu, c'est une masse, c'est un ours. Son visage, avec ses deux yeux d'un bleu intense, entre en contraste avec son corps. Il est le symbole de ce nouveau Bond : moins classe, plus animal et très énigmatique. A l’inverse de Brosnan, il ressemble plus à un gros rustre qu'à un mannequin. Le cliché de l'agent secret très select qui tue proprement ne peut absolument pas s'appliquer avec cet acteur. Il ressemblerait presque à un acteur russe que l'on aurait pu retrouver en tant que méchant dans un des anciens films de James Bond. Un agent plus tellement classe La première scène de Casino Royale annonce la couleur : le nouveau Bond tue un homme de manière très brutale à mains nues, bien loin de l'image que l'on peut avoir de l'agent éliminant sa cible avec un silencieux. Toujours dans Casino Royale, notre agent joue au poker et se fait littéralement dépouiller par ses adversaires en se faisant avoir par l’appât du gain. Il perd aussi sa voiture de la même manière : là où Brosnan détruisait son véhicule en la dirigeant avec son téléphone contre des dizaines de méchants (Demain ne meurt Jamais), Craig perd le contrôle de son Aston Martin avec un coup de volant mal placé et fait une dizaine de tonneaux tout seul. Bond - Vodka-Martini Serveur - Au Shaker ou à la cuillère ? Bond - Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Une scène mythique de Casino Royale (bond vient de perdre lamentablement au poker) Un rapport avec les femmes plus ambigü Même si le cliché du tombeur de femmes n'a pas disparu avec Daniel Craig (il poursuit le palmarès de ses prédécesseurs avec une bonne moyenne de 2 à 3 femmes par film), son rapport a quelque peu changé. D'abord dans Casino Royale, vers la fin du film, il se laisse séduire par une femme et va même jusqu'à demander sa démission pour la suivre. Il s'avèrera par la suite qu'elle le manipule de long en large et qu'il s'est totalement fait rouler dans la farine. Il prend par là une direction beaucoup plus faible : le tombeur de femmes se laisse séduire et montre une véritable vulnérabilité qui va presque jusqu'à lui coûter la vie. Dans Skyfall, le rapport va même plus loin. Javier Bardem (qui interprète le méchant), fait des propositions plus que douteuses à Bond en lui faisant allusion à ce qu'il pourrait découvrir s'il s’adonnait à l'homosexualité. Bond lui répond aussitôt "Qu'est-ce qui vous fait penser que c'est ma première fois ?". Les gadgets inexistants ou presque Les précédents Bond avaient parfois réussi à friser la pure science fiction avec des gadgets hallucinants, mais on se souviendra surtout des derniers films qui ne dérogeaient pas à la scène de présentation des nouveaux gadgets présentés par Q. Les voitures regorgeaient de trouvailles (dans Demain ne meurt Jamais il peut piloter sa voiture avec son vieux téléphone couleur, ça a très mal vieilli du coup) et de trucs qui étaient forcément utilisés à un moment ou un autre, si bien qu'on pouvait deviner le scénario du film en fonction de la liste de gadgets annoncés au début. A partir de Casino Royale, les gadgets sont presque totalement supprimés. D'ailleurs une scène de Skyfall donne une très bonne explication : le nouveau Q (l'acteur aux cheveux blancs qui interprétait Q étant mort, il a été remplacé par un petit jeune, un geek \o/) donne juste un pistolet à Bond (je n'ai pas le film sous la main, les dialogues ne sont pas exacts) : Bond - c'est tout ? Q - Oui, vous auriez voulu un stylo qui explose ou un truc du genre ? Bond - ... Q - On ne fait plus ça c'est fini maintenant ! En conclusion je dirai que ce nouveau cycle de Bond fait tout son possible pour détruire les clichés vieillots de la licence en proposant un personnage beaucoup plus animal, mais dont la psychologie se dessine beaucoup mieux. C'est donc un James Bond contemporain, débarrassé des clichés et du superflu (gadgets, paillettes et autres kitcheries), remis dans un contexte socio-politique moderne que Craig interprète. Tout en gardant ce qui fait l'essence même de l'agent 007 (les missions à risque, la baston, le costume 3 pièces avec nœud papillon et le flegme britannique de Bond) ces trois films remettent au goût du jour ce personnage. Et pour Skyfall... Attention, si vous n'avez pas vu le film arrêtez-vous là ! La suite risque de vous dévoiler des passages clés du film (et la fin)... Je terminerai ce long billet par dire que j'ai vraiment adoré Skyfall, tout en restant dans la lignée d'un Bond contemporain, il va plus loin en situant l'action en Angleterre, la terre natale et la nation de l'agent 007. Ainsi, le spectateur revient aux sources de James Bond, en allant jusqu'à découvrir certaines choses sur son enfance. On y voit ainsi un Bond en pleine gueule de bois, moitié alcoolique, il tremble, il a les genoux en bouillie, ce n'est plus qu'un fossile qui a besoin de revenir aux sources pour reprendre un nouveau départ. Il est confronté à de nouveaux arrivants dans l'équipe (le jeune qui remplace Q est non seulement brillant, mais semble bien plus cultivé et intelligent que Bond, bien que moins expérimenté), ce qui secoue un peu notre agent. Pour moi, la fin du film signe magnifiquement cette volonté de tout recommencer : la mort de M (en quelque sorte la Maman de Bond) est clairement la volonté de redonner à James Bond une nouvelle vie d'adulte, il va devoir reconstruire son identité presque à partir de zéro (même la vieille voiture qu'il avait conservée, symbole de son lien aux anciens films de la saga, est complètement détruite). Maintenant que cette transition est terminée, j’attends donc avec impatience le prochain volet qui devrait, je l'espère, recréer un nouveau mythe sur les cendres encore fumantes de cette saga, décidément immortelle. Et vous qu'en avez-vous pensé ? Êtes-vous séduit par cette nouvelle direction que prend notre agent cinquantenaire (le premier film date de 1962), ou regrettez-vous ce changement ?

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Cycle de conférences autour du cinéma mardi 25 septembre 2012 20h - Auditorium - Médiathèque F. Mitterrand - Entrée libre dans la limite des places disponibles. Les films ayant pour ambition de terrifier les spectateurs existent de longue date au cinéma. L’émotion ou le sentiment de peur sont inscrits dans la culture, dans le temps et dans l’espace; ils prennent plusieurs formes, révèlent des états diversifiés et portent sur des objets multiples. Pour effrayer au mieux leurs spectateurs, les réalisateurs de films d’horreur et de fantastique ont vite compris qu’ils devaient utiliser les formes de peur qui existaient déjà au sein de la société. Ces peurs qui évoluent au fil du temps, peuvent être reliées à des événements historiques ou à des progrès importants de la société. Hubert Blanchard abordera l’évolution des peurs au cinéma au travers de ces différents contextes historiques, politiques et sociaux : - « Le monstre extérieur » des années 1930 aux années 1960 : Nosferatu, Frankenstein, Dracula.... - « Le monstre intérieur » après les années 1960 : Psychose, Rosemary’s baby, Shinning... - La peur des catastrophes et de l’apocalypse : La tour infernale, Le jour d’après...   Hubert Blanchard est réalisateur, producteur et enseignant chercheur à l'université de Rennes 2. Il a réalisé plusieurs films pour le cinéma et la télévision (courtmétrages, films TV, documentaires, publicités, clips...).

Conférence /La peur au cinéma/