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// Par Nastasja Duthois et Claire Vergnolle // Après vous avoir dévoilé "les dessous d'Apostroff" lors de l'interview de Daniel Yonnet, nous vous présentons la programmation complète du Festival d'images Apostroff! L'événement trouve aussi une visibilité sur la page "Projets" de l'association Multi-Prises.  Deux membres actifs de l'association Multi-Prises et membres du Conseil d'Administration de la Galerie Le Lieu organisent la première édition du Festival d'images Apostroff en parallèle des 20e Rencontres Photographiques du Pays de Lorient du 19 octobre au 8 décembre. La première édition du festival d'images Apostroff naît de plusieurs désirs ; le partage d'une passion commune et l'ouverture vers des chemins de traverse pour un public plus large, directement dans les lieux de vie.   2013 - date clé pour les 20e Rencontres Photographiques du Pays de Lorient - est l'occasion pour le OFF de prendre de l'envergure, d'ouvrir des pistes parallèles et de faire rayonner l’Image dans les communes voisines. Apostroff mène une réflexion sur l'image (photographique, reproduite, dessinée...) et plus généralement ses formes d'apparitions et de création en favorisant le croisement entre les publics. Le festival d'images Apostroff propose un parcours d’expositions, des soirées thématiques et le projet d’ateliers que sont "Les Chroniques du Levant" monté en collaboration avec l'association lorientaise Le Coeur à Marré Haute. Un parcours d'expositions Le Festival Apostroff invite le public à redécouvrir le cœur de Lorient dans des lieux tels que librairies, bars, restaurants, ateliers d'artistes et galerie commerciale avec plus de 13 artistes invités sur 10 espaces d'expositions. Un temps fort de vernissages regroupé sur une semaine invite les habitants à se retrouver dans un esprit de convivialité. Mardi 22 octobre - 18h - Studios MAPLVernissage des détenus de la maison d'arrêt de Ploemeur Mercredi 23 octobre - 18h - Café DiemVernissage gourmand de Coralie Salaün Vendredi 25 octobre - 19h - La BulleVernissage de Cédric Wachthausen Vendredi 25 octobre - 18h30 - Conservatoire de Musique et de Danse de LanesterVernissage de l'exposition collective de la section photo et de Fred Béveziers Samedi 26 octobre - 11h30 - La Librairie ChapitreVernissage de Alain PandolfoSamedi 26 octobre - 19h - Café du portVernissage de Yann Champeau et Yorann SouriceSamedi 2 novembre - 18h - ZigomarVernissage de Christophe Cheysson Mercredi 13 novembre -  20h - Médiathèque de Lanester Conférence, On the road de Fred Béveziers Vendredi 6 décembre à 18h - Ateliers du Bout du MondeFinissage de l'exposition des artistes du Bout du MondeSoirée musicale avec LidoBrunePlus d'informations sur le site ici.Suivre l'actualité en direct sur la page Facebook. Ateliers "Les Chroniques du Levant"   Les "Chroniques du Levant" ont été menées en étroite collaboration avec l'association Le Coeur à Marée Haute, association lorientaise qui se préoccupe de culture et de santé depuis un an et demi et développe sur le territoire lorientais des actions visant au décloisonnement de ces deux secteurs. L'association mise sur le champ artistique pour investir des établissements médico-sociaux qui accueillent des personnes en perte d'autonomie et favoriser par l'intervention de l'artiste leur expression personnelle, leurs émotions et leur présence dans la cité. Ces ateliers sont à envisager avec des structures locales (établissements médico-sociaux et lycée professionnel), dont les usagers deviennent les co-auteurs d’une série de publications polymorphes. Une Chronique (série de 4 ateliers) est envisagée tel un ouvrage et prend appui sur l’expérience et le vécu. Les participants racontent le pays de Lorient par bribes, fragments, composant alors une histoire commune à travers l’histoire de chacun. Ainsi, pour chaque atelier correspond la réalisation d’une Chronique sous une forme définie en amont (livre, série d’affiches, carte postales...) qui met en jeu différentes pratiques de l’image (comme la photographie, l’impression sérigraphique le dessin, la composition de textes...). Ces ateliers se déroulent dans les communes voisines et donnent lieux à des restitutions publiques et à un temps "d’Aparté" mis en place avec La Galerie Lieu. Pour rappel les "Apartés" sont des rendez-vous qui ponctuent les Rencontres Photographiques. L'idée est de présenter l'ensemble des "Chroniques du Levant" à l’Artothèque Galerie Tal-Coat d’Hennebont dans le cadre d'une rencontre conviviale et d'une démonstration de la technique sérigraphique. Rendez-vous à l'Artothèque le samedi 9 novembre de 14h à 17h. < Découvrir le programme >< Télécharger le communiqué de presse > Nous remercions tout particulièrement nos partenaire

Affiche Apostroff

Bonjour à toutes et à tous. Je suis allé voir, par le plus grand des hasards, le film Renoir, au cinéma récemment. Ce film est, d'après moi, un échec.  Je m'explique. Pour commencer, je vais parler de l'image, car, en droit d'attendre un film haut en couleur faisant référence aux peintures du maître, il ne se passe rien. Il n'y a aucune recherche, graphique ou stylistique qu'il soit. Les couleurs sont fades, peu travaillées et insipides. Alors qu'il y aurait un parti à prendre sur ce point de vue, concernant un biopic (qui finalement n'en n'est pas un), qui aurait pu être intéressant voire ludique et même éducatif, on se retrouve à regarder une suite d'images plus mal construites les unes que les autres, où parfois le réalisateur s'essaie à faire quelques élucubrations et tentatives pseudos inspirées par l'œuvre du peintre, mais elles tombent directement dans l'oubli par un montage décevant et trivial. Ces tentatives expérimentales ne mènent nul-part et en deviennent risibles. Justement, le montage, qu'on pourrait volontiers qualifier de léger, "telle la touche du peintre", dénote au maximum une fainéantise accrue insultant, à la limite, les possibilités techniques et visuelles du 7ème art et de son analogie à la peinture. On débute le film par un suivi caméra du personnage principal féminin où le flou s'installe avec une certaine justesse de référence au sujet, mais il est vite mis en marge dès la séquence suivante et finalement totalement oublié.  Parlons un peu des personnages, mais surtout des acteurs. Pitié, une ribambelle de fausses notes du début à la fin. Les acteurs ne sont tout simplement pas crédibles (excepté Michel Bouquet qui, il faut le dire, maîtrise très bien son personnage (Renoir père) ainsi que Thomas Doret (Coco Renoir, "le petit dernier") la révélation du film), ils semblent être à peine les esquisses de ce qu'ils aurait du être. Ils sont pâles à la manière d'un sitcom avec une mention spéciale pour Christa Theret qui, dirait-on, est tout droit sortie d'un fantasme adolescent romanesque nous interprétant (qu'à moitié) l'émancipation de la femme en quête de liberté, mais ici sans ferveur ni volonté. Une de celle qui croit tout savoir, mais sans grande(s) conviction(s). C'est une mauvaise caricature de Louise Michelle ou de Simone de Beauvoir qui auraient été réactualisées au travers du corps et de l'esprit d'une ado blasée ayant trouvé le vérité absolu sur la vie. Mais finalement, à travers ses personnages le réalisateur Gilles Bourdos nous exprime très bien son regard sur le film : tout sur la forme mais rien dans le fond. Tout semble creux et les personnages ne viennent en aucun cas combler ce vide et cet ennui. Une petite preuve assez anecdotique et finalement très amusante, ce sont les "grandes phrases" de du Maître Renoir, tellement censées et intéressantes mais ici placées de manière à combler un manque d'approfondissement et un vide morbide. Ces citations (audibles dans la bande-annonce) ont été placées comme si le scénariste c'était dit : "tiens, il faudrait que je mette des citations qui feront mouche et qui résumeront en deux mots la peinture de Renoir". Mais non, ça ne marche pas, c'est de l'imposture et une manière de prendre le spectateur pour un d'inculte (ce qu'est ce film) et un idiot. "Une petite citation du peintre et hop je m'attire les liesses du public". Voilà ce qu'est ce film, la vulgarisation d'un contexte, d'un art et de personnages ; un résumé plus que douteux et faussement inspiré, comme les mauvais poètes du XIXème siècle croyant écrire, inspirés par une muse (inexistante), en quelques secondes, la meilleure poésie jamais connue.  Mais au travers de cette diatribe, il y a tout même des points positifs. Oui je sais, ça surprend. La légèreté tant recherchée (jamais trouvée, sauf) est parfois présente, trop inégalement, dans la fraîcheur des décors provençaux qui nous enferment de temps en temps dans un bien être visuel. On s'imagine dans la chaleur d'un été dans les quelques secondes où les personnages ne font pas intrusion dans les plans de nature. Le huis-clos, tout de même très aéré nous fait parvenir assez justement l'aspect familial positif et chaleureux que, je dois avouer, la réalisateur à su, parfois, bien saisir et transmettre.  Malheureusement dans ce diaporama de photos de familles et de cartes postales de la Côte D’azur, l'ambiance sonore manquant, l'immersion peine à venir et nous quitte définitivement par les échecs précédemment cités. 

Affiche Renoir

dans Découvertes (3)

Une chronique cinéma pour traiter d'un film actuellement au cinéma, le nouveau James Bond : Skyfall. Avant de parler de ce 23ème opus, je voudrais revenir sur le nouveau cycle entamé avec l'arrivée de Daniel Craig (le 6ème acteur à interpréter James Bond), qui correspond, selon moi à une cassure nette avec le genre vieillissant et moribond de la licence 007. Un flingue, des femmes, des voitures, un Bondet une légère dose de testostérone Avant Casino Royale (qui est le premier film du nouveau cycle avec Daniel Craig), je voyais les films de James Bond plus comme une sorte d'hommage nostalgique à l'époque de la guerre froide. Le schéma classique du bloc de l'est affrontant celui de l'ouest était, même avec les films interprétés par Pierce Brosnan, la trame narrative classique de tous ces opus. Jusqu'alors Bond représentait un agent secret dans ce qu'il a de plus "classe" : belles voitures, beaux costumes, un dragueur hors pair, toujours avec un verre de Martini-vodka (mélangé au shaker, pas à la cuillère), se débarrassant de ses ennemis avec un coup de révolver, sans effusion de sang. L'image de Bond était donc presque celle d'un super héros, symbole ultra-machiste d'un homme, un vrai, riche, fort séduisant et intelligent qui sauve le monde. Le problème avec cette image c'est qu'elle a réellement fait son temps. Déjà la scission est-ouest n'existe plus, ensuite le schéma machiste véhiculé par Bond est réellement devenu cliché voire kitch. Même si j'ai toujours autant de plaisir à regarder les anciens 007 (ça dépend, il y en a aussi de très mauvais), j'avoue que ce type de scénarios devient, à force, lassant. Par ailleurs, l'arrivée de licences concurrentes, nettement plus "fraiches", telles que la trilogie Jason Bourne (la mémoire dans la peau, la mort dans la peau, la vengeance dans la peau) ont réellement mis James Bond au placard, dans la catégorie "antiquités à dépoussiérer de temps à autre". C'est alors que sort, en 2006, Casino Royale, premier volet du cycle Daniel Craig, qui casse littéralement les codes de l'agent 007 et ce pour plusieurs raisons. Le choix de l'acteur. Daniel Craig possède un physique très différent des précédents acteurs qui ont incarné Bond. Il est trapu, c'est une masse, c'est un ours. Son visage, avec ses deux yeux d'un bleu intense, entre en contraste avec son corps. Il est le symbole de ce nouveau Bond : moins classe, plus animal et très énigmatique. A l’inverse de Brosnan, il ressemble plus à un gros rustre qu'à un mannequin. Le cliché de l'agent secret très select qui tue proprement ne peut absolument pas s'appliquer avec cet acteur. Il ressemblerait presque à un acteur russe que l'on aurait pu retrouver en tant que méchant dans un des anciens films de James Bond. Un agent plus tellement classe La première scène de Casino Royale annonce la couleur : le nouveau Bond tue un homme de manière très brutale à mains nues, bien loin de l'image que l'on peut avoir de l'agent éliminant sa cible avec un silencieux. Toujours dans Casino Royale, notre agent joue au poker et se fait littéralement dépouiller par ses adversaires en se faisant avoir par l’appât du gain. Il perd aussi sa voiture de la même manière : là où Brosnan détruisait son véhicule en la dirigeant avec son téléphone contre des dizaines de méchants (Demain ne meurt Jamais), Craig perd le contrôle de son Aston Martin avec un coup de volant mal placé et fait une dizaine de tonneaux tout seul. Bond - Vodka-Martini Serveur - Au Shaker ou à la cuillère ? Bond - Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Une scène mythique de Casino Royale (bond vient de perdre lamentablement au poker) Un rapport avec les femmes plus ambigü Même si le cliché du tombeur de femmes n'a pas disparu avec Daniel Craig (il poursuit le palmarès de ses prédécesseurs avec une bonne moyenne de 2 à 3 femmes par film), son rapport a quelque peu changé. D'abord dans Casino Royale, vers la fin du film, il se laisse séduire par une femme et va même jusqu'à demander sa démission pour la suivre. Il s'avèrera par la suite qu'elle le manipule de long en large et qu'il s'est totalement fait rouler dans la farine. Il prend par là une direction beaucoup plus faible : le tombeur de femmes se laisse séduire et montre une véritable vulnérabilité qui va presque jusqu'à lui coûter la vie. Dans Skyfall, le rapport va même plus loin. Javier Bardem (qui interprète le méchant), fait des propositions plus que douteuses à Bond en lui faisant allusion à ce qu'il pourrait découvrir s'il s’adonnait à l'homosexualité. Bond lui répond aussitôt "Qu'est-ce qui vous fait penser que c'est ma première fois ?". Les gadgets inexistants ou presque Les précédents Bond avaient parfois réussi à friser la pure science fiction avec des gadgets hallucinants, mais on se souviendra surtout des derniers films qui ne dérogeaient pas à la scène de présentation des nouveaux gadgets présentés par Q. Les voitures regorgeaient de trouvailles (dans Demain ne meurt Jamais il peut piloter sa voiture avec son vieux téléphone couleur, ça a très mal vieilli du coup) et de trucs qui étaient forcément utilisés à un moment ou un autre, si bien qu'on pouvait deviner le scénario du film en fonction de la liste de gadgets annoncés au début. A partir de Casino Royale, les gadgets sont presque totalement supprimés. D'ailleurs une scène de Skyfall donne une très bonne explication : le nouveau Q (l'acteur aux cheveux blancs qui interprétait Q étant mort, il a été remplacé par un petit jeune, un geek \o/) donne juste un pistolet à Bond (je n'ai pas le film sous la main, les dialogues ne sont pas exacts) : Bond - c'est tout ? Q - Oui, vous auriez voulu un stylo qui explose ou un truc du genre ? Bond - ... Q - On ne fait plus ça c'est fini maintenant ! En conclusion je dirai que ce nouveau cycle de Bond fait tout son possible pour détruire les clichés vieillots de la licence en proposant un personnage beaucoup plus animal, mais dont la psychologie se dessine beaucoup mieux. C'est donc un James Bond contemporain, débarrassé des clichés et du superflu (gadgets, paillettes et autres kitcheries), remis dans un contexte socio-politique moderne que Craig interprète. Tout en gardant ce qui fait l'essence même de l'agent 007 (les missions à risque, la baston, le costume 3 pièces avec nœud papillon et le flegme britannique de Bond) ces trois films remettent au goût du jour ce personnage. Et pour Skyfall... Attention, si vous n'avez pas vu le film arrêtez-vous là ! La suite risque de vous dévoiler des passages clés du film (et la fin)... Je terminerai ce long billet par dire que j'ai vraiment adoré Skyfall, tout en restant dans la lignée d'un Bond contemporain, il va plus loin en situant l'action en Angleterre, la terre natale et la nation de l'agent 007. Ainsi, le spectateur revient aux sources de James Bond, en allant jusqu'à découvrir certaines choses sur son enfance. On y voit ainsi un Bond en pleine gueule de bois, moitié alcoolique, il tremble, il a les genoux en bouillie, ce n'est plus qu'un fossile qui a besoin de revenir aux sources pour reprendre un nouveau départ. Il est confronté à de nouveaux arrivants dans l'équipe (le jeune qui remplace Q est non seulement brillant, mais semble bien plus cultivé et intelligent que Bond, bien que moins expérimenté), ce qui secoue un peu notre agent. Pour moi, la fin du film signe magnifiquement cette volonté de tout recommencer : la mort de M (en quelque sorte la Maman de Bond) est clairement la volonté de redonner à James Bond une nouvelle vie d'adulte, il va devoir reconstruire son identité presque à partir de zéro (même la vieille voiture qu'il avait conservée, symbole de son lien aux anciens films de la saga, est complètement détruite). Maintenant que cette transition est terminée, j’attends donc avec impatience le prochain volet qui devrait, je l'espère, recréer un nouveau mythe sur les cendres encore fumantes de cette saga, décidément immortelle. Et vous qu'en avez-vous pensé ? Êtes-vous séduit par cette nouvelle direction que prend notre agent cinquantenaire (le premier film date de 1962), ou regrettez-vous ce changement ?

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