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Mot clé biopic

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Bonjour à toutes et à tous. Je suis allé voir, par le plus grand des hasards, le film Renoir, au cinéma récemment. Ce film est, d'après moi, un échec.  Je m'explique. Pour commencer, je vais parler de l'image, car, en droit d'attendre un film haut en couleur faisant référence aux peintures du maître, il ne se passe rien. Il n'y a aucune recherche, graphique ou stylistique qu'il soit. Les couleurs sont fades, peu travaillées et insipides. Alors qu'il y aurait un parti à prendre sur ce point de vue, concernant un biopic (qui finalement n'en n'est pas un), qui aurait pu être intéressant voire ludique et même éducatif, on se retrouve à regarder une suite d'images plus mal construites les unes que les autres, où parfois le réalisateur s'essaie à faire quelques élucubrations et tentatives pseudos inspirées par l'œuvre du peintre, mais elles tombent directement dans l'oubli par un montage décevant et trivial. Ces tentatives expérimentales ne mènent nul-part et en deviennent risibles. Justement, le montage, qu'on pourrait volontiers qualifier de léger, "telle la touche du peintre", dénote au maximum une fainéantise accrue insultant, à la limite, les possibilités techniques et visuelles du 7ème art et de son analogie à la peinture. On débute le film par un suivi caméra du personnage principal féminin où le flou s'installe avec une certaine justesse de référence au sujet, mais il est vite mis en marge dès la séquence suivante et finalement totalement oublié.  Parlons un peu des personnages, mais surtout des acteurs. Pitié, une ribambelle de fausses notes du début à la fin. Les acteurs ne sont tout simplement pas crédibles (excepté Michel Bouquet qui, il faut le dire, maîtrise très bien son personnage (Renoir père) ainsi que Thomas Doret (Coco Renoir, "le petit dernier") la révélation du film), ils semblent être à peine les esquisses de ce qu'ils aurait du être. Ils sont pâles à la manière d'un sitcom avec une mention spéciale pour Christa Theret qui, dirait-on, est tout droit sortie d'un fantasme adolescent romanesque nous interprétant (qu'à moitié) l'émancipation de la femme en quête de liberté, mais ici sans ferveur ni volonté. Une de celle qui croit tout savoir, mais sans grande(s) conviction(s). C'est une mauvaise caricature de Louise Michelle ou de Simone de Beauvoir qui auraient été réactualisées au travers du corps et de l'esprit d'une ado blasée ayant trouvé le vérité absolu sur la vie. Mais finalement, à travers ses personnages le réalisateur Gilles Bourdos nous exprime très bien son regard sur le film : tout sur la forme mais rien dans le fond. Tout semble creux et les personnages ne viennent en aucun cas combler ce vide et cet ennui. Une petite preuve assez anecdotique et finalement très amusante, ce sont les "grandes phrases" de du Maître Renoir, tellement censées et intéressantes mais ici placées de manière à combler un manque d'approfondissement et un vide morbide. Ces citations (audibles dans la bande-annonce) ont été placées comme si le scénariste c'était dit : "tiens, il faudrait que je mette des citations qui feront mouche et qui résumeront en deux mots la peinture de Renoir". Mais non, ça ne marche pas, c'est de l'imposture et une manière de prendre le spectateur pour un d'inculte (ce qu'est ce film) et un idiot. "Une petite citation du peintre et hop je m'attire les liesses du public". Voilà ce qu'est ce film, la vulgarisation d'un contexte, d'un art et de personnages ; un résumé plus que douteux et faussement inspiré, comme les mauvais poètes du XIXème siècle croyant écrire, inspirés par une muse (inexistante), en quelques secondes, la meilleure poésie jamais connue.  Mais au travers de cette diatribe, il y a tout même des points positifs. Oui je sais, ça surprend. La légèreté tant recherchée (jamais trouvée, sauf) est parfois présente, trop inégalement, dans la fraîcheur des décors provençaux qui nous enferment de temps en temps dans un bien être visuel. On s'imagine dans la chaleur d'un été dans les quelques secondes où les personnages ne font pas intrusion dans les plans de nature. Le huis-clos, tout de même très aéré nous fait parvenir assez justement l'aspect familial positif et chaleureux que, je dois avouer, la réalisateur à su, parfois, bien saisir et transmettre.  Malheureusement dans ce diaporama de photos de familles et de cartes postales de la Côte D’azur, l'ambiance sonore manquant, l'immersion peine à venir et nous quitte définitivement par les échecs précédemment cités. 

Affiche Renoir

dans Découvertes (3)