L'association Multi-Prises L'Association Accéder à la page

Mot clé atelier

Tous les billets contenant ce mot clé

Ce carnet de bord s’inscrit dans le travail de recherche et de suivi autour de l’exposition KARST, la dimension cassée présentée à la Galerie du Faouëdic du 9 juin au 23 juillet 2017. Il dévoile périodiquement l’avancée du travail des artistes et des ateliers... RENCONTRE AVEC : Roland Vendroux, professeur au Conservatoire de Lorient. Il accompagne onze des cinquante élèves du Collège Anita Conti de Lorient, lors des ateliers organisés avec l’association Multi-Prises au Conservatoire de Lorient. ...QUI VENAIT D’ÉCLORE... UNE RENCONTRE HUMAINE ET ARTISTIQUE “Sylvain a une approche très contemplative, il transmet aux élèves la notion d’attention” Être attentif, être à l’affût de l’information, c’est ainsi que Sylvain Le Corre, artiste de Multi-Prises, agit dans son travail artistique personnel. Une fois ce travail d’observation réalisé, on se retrouve face à un choix précis à faire, une articulation à opérer. C’est dans cette posture que Roland Vendroux et Sylvain Le Corre incitent les 11 élèves de 5e et 4e du Collège Anita Conti à se placer. Le processus de création engagé avec ce groupe est une démarche d’ouverture au sensible, permettant la lecture de leur environnement en tant que partition. Elle fonctionne par l’alternance de réalisations individuelles et collectives. Différentes propositions de travail sont formulés. Avec l’appui de dessins Sylvain, propose aux élèves de tisser des correspondances visuelles et musicales. Roland, quant à lui, met en place un dispositif permettant la transformation du son en temps réel. Ce dispositif place le musicien dans un environnement sonore immédiatement élargi, stimule l’écoute des élèves et leur capacité à interagir. Au fil des ateliers, ils élaborent des propositions de plus en plus riches.   “Ce projet permet de faire émerger une qualité d’écoute fine chez les élèves.”   ...UN SON SOURD... “Le point de départ que nous avons donné aux élèves est l’oeuvre Psappha du compositeur/ architecte Yannis Xenakis.” Cette œuvre composée en 1975 est initialement destinée à être interprétée par un percussionniste solo, qui choisit un instrumentarium parmi l’ensemble des familles de percussions. Le compositeur ne donne que des indications de matières, de registre, et de rythme, s’attachant à un travail de variation de densité en offrant à l’interprète une immense liberté dans ses choix. En écho à cette partition de référence, reste la notion d’espace et de rythme traduit par des éléments présent dans l’installation immersive réalisée par les artistes du collectif.   ...ON POUVAIT Y APERCEVOIR DES COLONNES... LE RAPPORT AU CORPS L’implication du corps est importante dans le travail initié avec ce groupe d’élèves. L’utilisation du lieu de l’exposition comme partition engage un rapport à l’espace dynamique. Les élèves attentifs à leur environnement, sauront déceler les éléments faisant sens et ainsi les interpréter de manière musicale. D’où la nécessité de développer sa capacité d’écoute et d’attention à l'environnement qui nous entoure.

Billet4-0.jpg

dans Multi-Prises (0)

Dans la perspective des prochains Ateliers Ouverts de la ville de Lorient (10-11 septembre 2016), les artistes de Multi-Prises investissent le quartier de Kervénanec. Un premier temps fort a déjà eu lieu le mardi 16 août 2016 en association avec la Maison Pour Tous (MPT) de Kervénanec dans le cadre des "mardis quartier d'été" (événement ouvert à tous et gratuit). Les artistes de Multi-Prises ont déployé un atelier de linogravure au square du Bateau, combiné d'un tournoi de pétanque avec les habitants. Rencontres et échanges ont permis de tisser les premiers liens entre les habitants et l'association Multi-Prises autour de la création dans un moment de convivialité. Ainsi enfants et parents ont pu découvrir ou redécouvrir la technique de la linogravure et l'impression artisanale. Gouges, encres et presse se sont activés pour que les auteurs de tous horizons repartent avec leurs propres créations et celle des artistes de Multi-Prises sous le bras… Un très grand merci a eux tous!   C'en suivra un deuxième temps fort en amont des Ateliers Ouverts, le mardi 30 août pour fêter la fin de l'été. La MPT de Kervénanec invite le Bal Floch' pour une soirée chaleureuse et festive au coeur du quartier. Multi-Prises se joint à l'événement avec cette fois-ci la projection d'une vidéo artistique. Entre deux danses, le public pourra apprécier l'expérience de la lumière animée sur les vitres d'un abribus. Et pour clôturer le tout, l'association Multi-Prises vous invite à venir le week-end du 10-11 septembre 2016 à la Balise, fabrique artistique et culturelle du quartier de Kervénanec pour les Ateliers Ouverts, (ouverts à tous, habitants, curieux…) pour découvrir le travail de 9 de ces artistes… Au plaisir de vous y rencontrer!                                                                                                                                      

20160816_192326_HDR_MP.jpg

Je passais voir des amis au cirque Galapiats lorsque j'ai fait la connaissance de Barbara Gay, une jeune metteuse en scène actuellement en résidence au théâtre des Tarabates de Saint Brieuc. Alors que les acrobates répétaient, sous le chapiteau, Angel, la petite amie de l'un d'entre eux m'a proposé de l'accompagner sur un "chantier bénévole" consistant à mouler dans le plâtre les corps d'artistes de scène. Curieuse de découvrir de quoi il s'agissait, j'acceptais et me retrouvais dans le fameux Théâtre en trois parties (un studio, un atelier et une scène), rue Robien à Saint Brieuc. Lorsque j'ai mis les pieds dans l'atelier, j'ai été stupéfaite par le chaos qui y régnait. Une demi douzaine de bras, de jambes, de bustes et d'autres membres étaient disposés un peu partout. L'espace était saturé de plâtre et plusieurs individus s'affairaient autour de volumes blancs. Je ne tardais pas à découvrir qu'un Rodin tout à fait punk était le maître des lieux à l'origine de ce chantier! Une petite femme aux cheveux courts en bleu de travail adressait quelques conseils aux bénévoles. Rien à voir avec la rigueur et la sévérité que l'on peut s'imaginer d'un grand maître classique orchestrant le travail de ses assistants. Ces derniers d'ailleurs, loin d'être des techniciens spécialisés étaient pour la plupart des briochins (les habitants de Saint Brieuc). Ils avaient entendus parlé par bouche à oreille de cette création ouverte au public et comme moi s'étaient rendus sur place. Certains revenaient régulièrement depuis plusieurs jours...     Très rapidement, on me proposa de réaliser un contre-moule à partir d'un buste en plâtre. Je le recouvrais au pinceau d'une couche de vaseline et modelais les plaques de terre sur la poitrine. Barbara nous prépara une gâche de plâtre. Au moment de commencer à l'appliquer, j'hésitais. J'interrogeais la jeune femme afin de savoir jusqu'où étendre le plâtre. Je craignais de déborder et d'empêcher le démoulage ou le façonnage de l'autre moitié du buste. J'avais peur de rater. Barbara me lança "Débrouilles-toi. et si tu rates, tu pourras toujours recommencer! Quand tu auras trouvé la bonne méthode, surtout, n'oublies pas de me la montrer!" Elle me laissa là et alla s'occuper des autres. C'était assez drôle car je m'apercevais que nous étions sans doute tous aussi inexpérimentés qu'elle-même. La seule manière d'avancer était d'essayer et de nous instruire les uns les autres de nos erreurs comme de nos succès.  Finalement, notre 1er contre-moule ne fut pas mal réussit. Il eut le droit d'être envoyé à l'étage supérieur pour "l'empapiétage". Cette seconde étape représente la tache la plus titanesque du travail plastique. Il s'agit de superposer à l'intérieur des négatifs en plâtre, sept couches alternativement de papiers déchirés et de tarlatane.  Une fois ces pièces séchées et extraites des moules, elles seront assemblées pour former les doubles marionnettiques utilisés pour le spectacle. Barbara avait installé de nombreuses tables dans le théâtre pour que les bénévoles puissent travailler sur le plateau même de la scène. Ils n'ont cessés d'affluer pendant la dizaine de jours que j'ai finalement passé là-bas. L'étage supérieur était muni d'une cuisine et d'un salon en libre accès où nous déjeunions et prenions la pause thé. La table du salon comportaient de nombreuses lectures sur le cirque, la notion de double dans la mythologie, les techniques de moulage et autres recherches théoriques ou pratiques liées au spectacle. Nous en parlions beaucoup et interrogions Barbara et les trois interprètes (Chloë, Nanda et Céline). Celles-ci étaient souvent là, d'abord pour que l'on moule leur corps en bandes plâtrées puis pour nous aider à l'empapiétage. Parfois elles nourrissaient leur réflexion individuelle concernant la recherche symbolique du double en dessinant et en imprimant des images trouvées sur internet et en collant des textes sur de grands pans de papier. Barbara n'écrit pas par avance le spectacle mais demande à chaque interprète de réfléchir à ce que représente le double pour lui. Ensuite, elle les invite à trouver des moyens gestuels d'exprimer le fruit de ces recherches individuelles. Un temps d'expérimentation seul est suivi ensuite d'une recherche plus collective pour monter le spectacle final. La préoccupation de Barbara est de ne pas venir "plaquer" des rôles sur les interprètes mais de partir de leur individualités pour écrire avec elles la pièce finale.

DSC_0374_resultat.JPG