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Articles de Soazic Bruneau

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         La résidence de création organisée par le  PLAC (Petit Lieu d'Art Contemporain) de Toulon vient de se terminer. Voici un tour d'horizon de cet évènement annoncé sur multi-prises.fr il y a de cela quelques mois.            La résidence aura duré du 18 juillet au 19 Août  2016 dans les locaux de l'Ecole Supérieure d'Art et de design de Toulon. 14 artistes ont pu investir les ateliers, déployer leur matériel et leurs idées. De la linogravure à la sérigraphie en passant par la sculpture, le modelage, la performance et l'installation, de nombreuses techniques propres à chacun ont étés employées tandis que certaines collaborations ont également pu avoir lieu.   Les artistes séléctionnés lors d'un appel à projet sont les suivant: - David BARTHOLOMEO - Thomas BISSIERE - William BRUET  - Soazic BRUNEAU - Florian BRUNO - Proli (Jérémie DRAMARD) - Lisa-Dora FARDELLI - Emmanuel GLEIZE - Marine KOPRIVNJAK & Daniel BELL - Attila KORÖSY - Renaud PIERMARIOLI - Sasha STOLIAVORA - Jérémie VERNET          Le vernissage a eu lieu le Vendredi 19 aout. Les visiteurs étaient nombreux malgré la période estivale et la chaleur de cette ville méditerranéenne. C'est tout le 3ème étage de l'Ecole d' Art qui a été investit et que le public a pu parcourir découvrant ainsi diverses pratiques artistiques.              A l'issue de cette résidence, le P.L.A.C. a demandé à chaque artiste résident de faire don de trois oeuvres qui seront d'abord exposées au public puis mises en jeu lors d'un loto traditionnel courant 2017 Un grand bravo à toute l'équipe du PLAC pour l'organisation,  pour le temps et tout le travail fourni. Félicitations pour l'accueil des artistes, le suivi matériel, l'accrochage, les rencontres...       Retrouvez le panorama des artistes en résidence ici    

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Les Cynicoms, c'est un collectif d'artistes en forme d'agence de pub.  Alexandre Eudier et Bruno Revert réalisent des oeuvres personnelles qui trouvent leur écho dans des projets communs tels que leur dernier travail au Burkina Faso. Cette résidence de production eu lieu en 2013 à Ouagadougou. Les deux artistes ont très vite rencontré des artisans sur place auxquels ils ont montré leurs dessins en expliquant leur démarche critique vis-à-vis de la société de consommation. Alliant l'iconographie des marques, des héros télévisuels et publicitaires, ils ont fait fabriquer une série d'objets atypiques par des bronziers, couturiers, sculpteurs et sérigraphistes de Ouagadoudou. Leur processus de travail valorise les savoir-faires africains. Rappelons nous ce que Sarkozy dit lors de son discours de Dakar en 2007: " il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès » en Afrique. Il est intéressant de noter la préservation du travail manuel sur le territoire africain au moment où l'Occident regrette sa disparition  à cause de la prolétarisation des masses. Qu'est-ce que ce progrès qui transforme chaque être en un rouage d'une machine de production dont le but n'est plus le travail ni l'humain mais l'économie? "Il y a quelque chose d'authentique chez ces artisans" témoigne Alex lors d'un entretien Skype avec moi ce matin. "Ceux-ci se sentent appartenir à une corporation et dégagent une fierté de leur travail". Au  moment où heureusement toute une génération (dite "génération Y") développe des réseaux d'échanges de savoirs (des RERS aux chantiers participatifs en passant par le principe des forums et tutoriels vidéo, wikipédia, ekopédia...) pour retrouver du sens dans le travail (souvent absent de l'"emploi" qui n'est pas la même chose), on peut se demander si l'Afrique n'aurait pas un temps d'avance à force de prendre du retard... "A chaque coin de rue témoigne Bruno, on rencontre la boutique d'un artisan" Les Cynicoms ont travaillé avec des sculpteurs et des bronziers qui ont réalisé des masques hybridant ainsi des logos occidentaux avec la culture tribale. Ils ont aussi collaboré avec des ateliers de couture, de broderie et de sérigraphie. L'Afrique est aussi le continent du "tout est possible ici et maintenant", un continent de la débrouille, du bricolage ayant la capacité à faire avec ce qui est là.  "Quand on leur a montré le projet du Lavo Blaster, (détournement du Sound Blaster, l'enceinte que l'on pose sur l'épaule et que l'on ballade dans la rue) ils nous ont tout de suite dit qu'il n' y avait pas de problème. Ils nous ont ramené deux machines à laver et un lave vaisselle et ont "trafiqué" l'intérieur pour y intégrer les enceintes. Ils ont voulu rajouter des voyants lumineux pour que ce soit plus fun. Nous l'avons fait. Nous voulions que ce soit une collaboration avec les artisans-créateurs. De même il a fallut rajouter des manches sur les boubous que nous n'avions pas dessiné, car ils voulaient que les vêtements avec lesquels ils allaient poser soit classieux selon la mode Burkinabé. Avec cette résidence, Bruno et Alex abordent des questions qui me passionnent concernant la place de l'artiste et de l'artisanat dans l'art. Bruno m'a aussi confié à quel point c'était difficile pour les artistes Burkinabé de créer librement en dehors des clichés liés à l'identité culturelle africaine. On attend souvent d'eux une esthétique primaire, tribal pour ne pas dire "petit nègre". Quid de leur pensée d'artiste contemporain dans un monde globalisé à l'heure de la mondialisation? Liens utiles: - La Clef : exposition à Saint Gremain-en-Laye -http://www.cynicom.com/ -http://www.brunorevert.fr/ -http://eudier.over-blog.com/ -Définition de "prolétarisation" sur arsindustrialis.org -Matthew B Crawford, Eloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail, La Découverte, 2010

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               Faisant suite aux trois premières étapes de la résidence itinérante (voir Article1 et Article 2), la sculpture mobile Freaks a été accueillie à la fin de son parcours par l'association La Fourmi_e au sein de la ressourcerie Ti Récup à Carhaix. Pendant 15 jours, tous les après-midi, les clients du magasin ont pu visiter l'intérieur sculpté et participer à la réalisation des murs en couches de papier.                Le dimanche 13 juillet, à l'occasion de la fête des deux ans de l'association, la sculpture a été exposée pour clore la résidence.               Ci-dessus, quelques bas-reliefs venant s'incruster dans les parois de carton à l'intérieur de la sculpture mobile.                              Atelier de fabrication de briques avec les clients-spectateurs du magasin. Une fois que le cadre en bois est rempli de couches de carton contrecollées entre elles, les participants les mettent à sécher au soleil. Le démoulage des blocs ainsi constitués à lieu 24 heures après. Ils peuvent alors être fixés sur l'ossature en bois à l'intérieur de la sculpture mobile.                 Il reste encore plus des deux tiers des murs à construire en collaboration avec des habitants et plusieurs tableaux en attente. La sculpture se poursuivra sans doute lors d'une prochaine invitation en résidence ...

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Exposition et ateliers publics à Fillé (72), le 7 et 8 juin.                Lors de l'After Puls'Art exposition d'art contemporain organisée sur l'île Moulinsart, Freaks s'est installée tout le week-end dans le parc.                Un barnum a été mis à ma disposition pour les besoins de l'atelier mobile. Le matin, tout est calme. Je suis seule et me concentre sur les tableaux. Les après-midi ensoleillés attirent des spectateurs et de simples promeneurs. Ils sont nombreux à consacrer du temps à fabriquer les briques de carton nécessaires pour monter les murs de l'intérieur sculpté. Il s'agit de découper des bandes de carton de 10 x 40 cm puis de les introduire enduites de colle à affiche dans des boites qui servent de moules et permettent de compresser les couches entre elles.                                      Résidence à la Croix Saint Lambert, Saint Brieuc, du 2 au 15 juin                Lors de cette résidence de deux semaines dans le quartier de la Croix saint Lambert, la sculpture mobile Freaks a été exposée dans 4 lieux : les jardins de l'hôpital psychiatrique Saint Benoit Menni, la Maison d'Accueil Spécialisée de Ker Dihun, en bas des immeubles d'habitation face au local jeunes du quartier et sur la place du marché lors de « La fête à Léon » le 14 et 15 juin.                           A chaque installation, les personnes fréquentant les lieux peuvent visiter la sculpture mobile et voir une étape de son évolution. Ils sont également invités à m'aider sur des temps particuliers à la réalisation des briques au sein de mon atelier qui se déploie alors en extérieur ou dans une salle que l'on me prête quelques jours. L'organisation de mon espace de travail, mes outils, l’étalage des supports et des images prennent la forme d'un chantier me permettant facilement d'expliquer mon processus de travail. Les cartons sont triés par nuances, des bruns au gris clairs en passant par des ocres. Les pages de magazines sélectionnées sont accrochés sur des fils afin que j'ai le temps d'y penser. Mes outils (cutters, bistouris, forêts, perceuse, clous, rappes à bois) sont accrochés ou disposés sur la table.  Lors de mon arrivée à l'Elaboratoire (Rennes) où je suis accueillie en résidence du 16 au 27 juin, on me fait visiter les ateliers de plasticiens, la galerie d'exposition, le plateau de répétition ainsi que l'atelier de réparation des vélos, celui de couture, les lieux de cuisine et de vie collective.On me confie ensuite le stock de cartons que j'avais demandé et les magazines récupérés. Je commence alors « l'épluchage » de la presse people dans laquelle je glane les figures de stars et les corps de tops modèles.  Lorsque les premiers visiteurs arrivent l'après-midi, je leur propose une fois de plus de s'arrêter un moment, de prendre une chaise et de faire une brique. Ce temps du « faire ensemble » est important. Il canalise l'attention du spectateur qui s’arrête et s'installe un moment dans l'atelier. Il marque le la durée d'un échange. Chaque participant m'apporte son regard personnel sur les tableaux et apporte un nouveau point de vue sur mon travail.    Vernissage à l'Elaboratoire, jeudi 19 juin                Grégoire Aillet, Rémy Daoud Bienassis et Georges Fortuna proposèrent en réponse à Freaks une exposition collective portant le même nom dans la galerie en regard de la sculpture mobile située dans la cour. Le soirée de vernissage fut rythmée par plusieurs performances et concerts. Ce fut un vrai moment d'échange entre le public et les artistes rendu d'autant plus conviviale grâce aux crêpes (vertes pour l'occasion) et aux jeux de la Cie Jo'Yo (palets pour manchot, pêche aux c.nnards, etc).                Freaks repart ce week end pour Carhaix (29) où elle sera de nouveau exposée par l'association La Fourmi-e dans le magasin Ty Récup'. Le travail de sculpture se poursuivra sur place avec l'ouverture de l'atelier au public et aux clients tous les après-midi jusqu'au 13 juillet, date de l'anniversaire de la ressourcerie.

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               Freaks est un film de Tod Browning datant de 1932. Il raconte la tournée en Europe d'une compagnie de forains. Beaucoup d'entre eux montrent en spectacle leurs difformités (femmes à barbes, siamoises...) Le seul personnage de la troupe ayant un visage lisse et angélique est Cléopâtre, la trapéziste qui révélera au cours de l'histoire son caractère monstrueux et son mépris des autres.                    A la manière des phénomènes de foire visibles autrefois dans les cirques, Freaks s'exposera au cours de ses étapes de résidence comme une galerie de portraits à visiter. Tel le Butaï 2.013, il s'agit de montrer le work in progress. L'intérieur sculpté se composera d'affiches évoquant celles qui saturent parfois les chambres d'adolescents.  La sculpture Freaks rend hommage par sa forme mobile aux traditions du cirque et des spectacles ambulants allant de villes en villages porter leurs représentations populaires.       La chair sculptée du carton apparait sous la peau du papier glacé où sont imprimés les visages de stars peoples. Les irrégularités du découpage colonisent la perfection des corps photographiés des idoles. Les images planes de l'industrie communicationnelle prennent du volume par une recherche sculpturale brute. Il s'agit de "faire la peau» aux modèles médiatiques, de les transformer en "monstres de papier".                Des temps de travail avec des habitants au sein de l’œuvre-atelier auront lieu pour la construction collective des murs. L'atelier délocalisé s'installera à l'extérieur de la sculpture mobile ainsi qu'un espace de travail pour les participants (tables et chaises, outils de découpe, pinceaux et colle...) Ensemble ceux-ci fabriquent les murs en cartons et papiers collés en couches. Il s'agit de découper et de superposer des bandes de 40 x 10 cm pour réaliser des blocs qui seront empilés et formeront les murs intérieurs. Plusieurs temps d'exposition-rencontres- ouverts à tous jalonneront cette résidence itinérante: le 13, 14 et 15 juin: exposition dans le quartier de La Croix St Lambert à Saint Brieuc (22)  le 11 juin à 19h, 19h30 et 20h: performance le 8 et 9 juin : exposition et participation du public à la fabrication des murs, Puls'Art, île de Moulins'art, Fillé (72) le 19 juin : vernissage Freaks avec le collectif de l'Elaboratoire, 48 bd Villebois-Mareuil, Rennes (35) du 30 juin au 11 juillet: en résidence à Carhaix avec l'association La Fourmi-e (dates à venir)

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Je passais voir des amis au cirque Galapiats lorsque j'ai fait la connaissance de Barbara Gay, une jeune metteuse en scène actuellement en résidence au théâtre des Tarabates de Saint Brieuc. Alors que les acrobates répétaient, sous le chapiteau, Angel, la petite amie de l'un d'entre eux m'a proposé de l'accompagner sur un "chantier bénévole" consistant à mouler dans le plâtre les corps d'artistes de scène. Curieuse de découvrir de quoi il s'agissait, j'acceptais et me retrouvais dans le fameux Théâtre en trois parties (un studio, un atelier et une scène), rue Robien à Saint Brieuc. Lorsque j'ai mis les pieds dans l'atelier, j'ai été stupéfaite par le chaos qui y régnait. Une demi douzaine de bras, de jambes, de bustes et d'autres membres étaient disposés un peu partout. L'espace était saturé de plâtre et plusieurs individus s'affairaient autour de volumes blancs. Je ne tardais pas à découvrir qu'un Rodin tout à fait punk était le maître des lieux à l'origine de ce chantier! Une petite femme aux cheveux courts en bleu de travail adressait quelques conseils aux bénévoles. Rien à voir avec la rigueur et la sévérité que l'on peut s'imaginer d'un grand maître classique orchestrant le travail de ses assistants. Ces derniers d'ailleurs, loin d'être des techniciens spécialisés étaient pour la plupart des briochins (les habitants de Saint Brieuc). Ils avaient entendus parlé par bouche à oreille de cette création ouverte au public et comme moi s'étaient rendus sur place. Certains revenaient régulièrement depuis plusieurs jours...     Très rapidement, on me proposa de réaliser un contre-moule à partir d'un buste en plâtre. Je le recouvrais au pinceau d'une couche de vaseline et modelais les plaques de terre sur la poitrine. Barbara nous prépara une gâche de plâtre. Au moment de commencer à l'appliquer, j'hésitais. J'interrogeais la jeune femme afin de savoir jusqu'où étendre le plâtre. Je craignais de déborder et d'empêcher le démoulage ou le façonnage de l'autre moitié du buste. J'avais peur de rater. Barbara me lança "Débrouilles-toi. et si tu rates, tu pourras toujours recommencer! Quand tu auras trouvé la bonne méthode, surtout, n'oublies pas de me la montrer!" Elle me laissa là et alla s'occuper des autres. C'était assez drôle car je m'apercevais que nous étions sans doute tous aussi inexpérimentés qu'elle-même. La seule manière d'avancer était d'essayer et de nous instruire les uns les autres de nos erreurs comme de nos succès.  Finalement, notre 1er contre-moule ne fut pas mal réussit. Il eut le droit d'être envoyé à l'étage supérieur pour "l'empapiétage". Cette seconde étape représente la tache la plus titanesque du travail plastique. Il s'agit de superposer à l'intérieur des négatifs en plâtre, sept couches alternativement de papiers déchirés et de tarlatane.  Une fois ces pièces séchées et extraites des moules, elles seront assemblées pour former les doubles marionnettiques utilisés pour le spectacle. Barbara avait installé de nombreuses tables dans le théâtre pour que les bénévoles puissent travailler sur le plateau même de la scène. Ils n'ont cessés d'affluer pendant la dizaine de jours que j'ai finalement passé là-bas. L'étage supérieur était muni d'une cuisine et d'un salon en libre accès où nous déjeunions et prenions la pause thé. La table du salon comportaient de nombreuses lectures sur le cirque, la notion de double dans la mythologie, les techniques de moulage et autres recherches théoriques ou pratiques liées au spectacle. Nous en parlions beaucoup et interrogions Barbara et les trois interprètes (Chloë, Nanda et Céline). Celles-ci étaient souvent là, d'abord pour que l'on moule leur corps en bandes plâtrées puis pour nous aider à l'empapiétage. Parfois elles nourrissaient leur réflexion individuelle concernant la recherche symbolique du double en dessinant et en imprimant des images trouvées sur internet et en collant des textes sur de grands pans de papier. Barbara n'écrit pas par avance le spectacle mais demande à chaque interprète de réfléchir à ce que représente le double pour lui. Ensuite, elle les invite à trouver des moyens gestuels d'exprimer le fruit de ces recherches individuelles. Un temps d'expérimentation seul est suivi ensuite d'une recherche plus collective pour monter le spectacle final. La préoccupation de Barbara est de ne pas venir "plaquer" des rôles sur les interprètes mais de partir de leur individualités pour écrire avec elles la pièce finale.

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L'association IDD invite l'exposition du Butaï 2.013 dans le centre ville de Lorient à l'occasion des Noëls Enchanteurs. Pour la première fois, l'installation a lieu dans une grande ville... Le 26 décembre, à l'occasion des Noëls Enchanteurs à eu lieu l'exposition de la performance Butai 2.013. La petite toile du vélo-télévision-musée s'est déployée sur la Place PaulBert entre les librairies l'Imaginaire, Chapitre et le Café du Port. Sous la pluie et en plein hiver, elle a accueillit de nouveaux spectateurs doublements protégés par la yourte de l'association "Babel Gum". La sculpture mobile, ses tableaux changeant toutes les 24 min et l'accrochage photographique donnant à voir les étapes du parcours dans 12 villages en Bretagne trouvèrent un environnement idéal lors de cette manifestation populaire et conviviale. Ayant accueillit durant une quinzaine de jours des évènements différents (spectacles vivants, marché de créateurs, expositions...), la yourte a offert un espace réel à la partie jusqu'alors virtuelle du projet Butaï 2.013 (visible dans la partie projet de l'association Multi-Prises). La toile marron du Butaï 2.013, taillée dans une ancienne tente canadienne s'accordait bien avec la structure en tissu de la yourte elle-même. Le badaud qui passait par là apercevait par la porte de l'habitat traditionnel Mongol le cadre lumineux d'un téléviseur étrangement fixe. A 15h30, les conteurs de l'association lorientaise "Il était une fois" sont venus conter leurs histoires aux enfants près de l'installation, renouant avec la tradition des Kamishibaïs japonais qui a inspiré cette pièce. L'après-midi d'exposition s'est clôturée par le concert des JungleRag (collectif Tomahawk), un duo d'artistes descendus d'Huelgoat (l'un des villages étapes les plus lointains appartenant à l’itinéraire du Butaï 2.013) pour nous faire partager leur musique folk-blues.  

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                  Ce samedi 5 octobre aura lieu à Mayenne (53) le festival des Nuits Blanches organisé par Le Kiosque (Centre d'Action Culturel) Cet événement éphémère qui a débuté à Paris en 2002 et à Metz en 2008 est l'occasion pour une vingtaine d'artistes d'investir la ville le temps d'une soirée et ce jusqu'à 2h du matin. De la Chapelle des Calvairienne au théâtre en passant par les quais, le public sera amené à parcourir la ville d'une œuvre à l'autre . Parmi les artistes invités, Michel Blazy, Dewar et Gicquel, Les Frères Chapuisats....                    ...et Etienne Saglio, mon petit préféré (certains reconnaîtront là mon indécrottable passion pour les arts du cirque). Ce jongleur, ancien élève du CNAC (où il connut Philippe Genty et Découflé), développe un art de la manipulation proche de la dextérité des magiciens autant que de l'univers hétéroclite du bricoleur. Tel un dompteur, il joue sur la corde sensible de nos émotions grâce à ses gestes maîtrisés.  J'ai eu la chance d'assister au Soir des Monstres cet été lors de mon parcours avec le Butaï 2.013. L'artiste-prestidigitateur se confronte aux objets, à leur pesanteur. Entre ses mains, ceux-ci volent, se tordent, résistent jusqu'à lui échapper... Des fils de fer, des balles en métal, des oiseaux mécaniques et des tuyaux de plastique accordéons constituaient pour ce spectacle la collection de ses monstres.La musique et les éclairage ont une importance primordiale chez Etienne Saglio enveloppant et liant l'ensemble de ses actions. J'ai donc hâte de le voir samedi accompagné lors de Variation pour piano et polystérène par la musicienne Madeleine Casenave. Rendez-vous au théâtre de la ville à 20H00, 21H45 ou 23H15. La représentation durera 15min.                     Je vous propose par ailleurs de rendre visite à deux étudiants de l'EESAB (Ecole Européenne Supérieure d'Art Bretonne) accueillis en résidence depuis un mois avec leur projet de sérigraphie mobile: Quentin Bodin et Luc de Fouquet. Ils voyagent à vélo avec leur matériel et vous proposeront à cette occasion de repartir avec votre propre livre inspiré des archives mises à disposition par le Kiosque.                     Autre clin d'oeil à l'Ecole "EEEEEEUROPEENNNNNNNNNNE" Bretonne, Thomas Daveluy (membre actif de l'association) se chargera de la régie vidéo du festival.                     Pour plus d'informations rendez-vous sur: http://www.nuitblanche-mayenne.com/

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Butaï 2.013, une performance de 45jours et 400km.                       Le retour du Butaï 2.013 a eu lieu à Lorient le lundi 15 juillet. La dernière étape fût celle de Penquesten, un petit village à une vingtaine de km. Cette ultime présentation se déroula lors des Noces Bretonnes organisées par l'association Danserion Bro (réunis autour de la danse bretonne).                          Le Butaï 2.013 revendique sa lenteur en prenant la forme d'une performance artistique d'un mois et demi. Il s'agit de déplacer des tableaux inspirés du flux télévisuel lentement de villages en villages.                Chaque étape durait 3 ou 4 jours au cours desquels, mon accompagnatrice et moi (Emma Frostin relayée par Iris Heurtaux) étions logées chez l'habitant. J'avais contacté les mairies qui m'avaient informée des fêtes locales et mise en relation avec les associations qui les organisaient. Ce sont elles qui le plus souvent se chargeaient de nous faire héberger chez des habitants.            Le premier soir, nous faisions généralement connaissance avec nos logeurs et certains membre de l'association. Je passais également une heure a photographier un téléviseur allumé. Il arrivait que cette séance photographique ait lieu dans un café.              Je sélectionnais mes clichés et le lendemain, il fallait trouver un moyen d'imprimer l'image choisie. Si j'avais beaucoup de chance, à la mairie, on me permettait d'imprimer en A3 couleurs, sinon je devais me débrouiller pour recomposer une image de 34 x 44cm à partir de 4 formats A4.             Puis, commençais la "micro-résidence" de deux jours. Je m'installais dans l'atelier qui m'étais prêté (sur la photo ci-contre, il s'agit de la médiathèque de Lanvénégen).            Je collais alors l'arrêt sur image en papier sur un tableau en carton ondulé vierge préparé et encadré à l'avance. Puis pendant une journée et demi, je sculptais au cutter et par déchirures au travers des épaisseurs contrecollées.                           Le 4ème jour était celui de la fête populaire à laquelle s'était invitée le Butaï 2.013. Toute l'après-midi et parfois jusque tard dans la soirée, nous faisions défiler la collection des tableaux que nous changions toutes les 24 min (pour déjouer la rapidité des 24 i/sec de l'image vidéo) dans la glissière du Butaï 2.013. Les participants à la fête venaient s'installer seuls ou en groupe devant l'image. Parfois, de véritables débats s'engageaient sous le auvent en toile tandis qu'à d'autres moments cela devenait un lieu de repli, de tranquillité et de contemplation comme l'évoque Iris dans le témoignage suivant de l'étape à Lanvénégen:                          "Nous arrivons sur les lieux ce matin : une clairière entourée de hauts pins, un havre ombragé où, quelques centaines d'années plus tôt, une chapelle fut érigée. Une messe précédée d'une procession : aujourd'hui, on célèbre St Melaine. L'office est suivie d'un repas convivial et des jeux sont organisés.                          Le Butaï 2.013 est déjà en marche, un peu à l'écart. Il était très attendu, au regard de l'accueil que nous avons reçu depuis notre arrivée. C'est au son de la Chorale de La Marion que les curieux entrent dans la tente. Les images énigmatiques donnent naissance à des commentaires, des questions. Émergent des suppositions de toute sorte quant à leur nature et leur origine. Parfois, il ne reste qu'un silence absorbé dans l’alcôve.                               Il y a ces deux dames qui sont restées un moment. Leur belle mémoire aidant, elles se sont embarquées dans des comparaisons effrénées. Elles ont évoqué des histoires romantiques, des films d'espionnage, des visions poétiques ou encore des idées sur la nature humaine... Elles s'amusaient énormément à chercher, et nous à découvrir tout ce qu'elles pouvaient y voir.                                   On décernait le prix des meilleurs enfonceurs de clous lorsqu'elles ont finalement quitté le Pardon."                                   Multi-prises héberge dans sa partie "Recherche" la carte interactive du projet: multi-prises.fr/recherches/butai-2-013/

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Les Kamishibaïs naquirent dans les années 1930 au Japon. Ils étaient des milliers à parcourir les routes jusqu'en 1960 avant que la télévision n'arrive. Conteurs à vélo, ils se rendaient de village en village équipés d'un castelet en bois appelé butaï dans lequel ils glissaient des aquarelles en papier. On les nommait couramment « oncles kamishibaïs » ou « kamishibayas ». Lorsque l'un d'eux s'installait au coin d'une rue et agitait ses hiyogishis (batons à applaudir), tous les enfants du quartier accouraient. On permettait à ceux qui achetaient des patates douces ou des bonbons en guise de tickets de se placer devant. Une vingtaine d'images se succédaient dans le cadre du butaï accompagnées de la voix du conteur. Tout l'art de ce dernier résidait dans la manière de faire se succéder les plans selon le rythme de l'histoire. Parfois, rester un long moment sur un seul dessin augmentait le suspens tandis que l'émotion pouvait être précipitée par le glissement prompt de la scène suivante. Cette technique fut reprise par Tesuka et Sakamoto lorsqu'ils réalisèrent le célèbre et premier manga télévisuel, Astro le petit robot en 1963. Les deux illustrateurs ne disposant pas des moyens des studios Disneys, jouaient de longs arrêts sur images et réutilisaient des plans limitant ainsi la quantité de dessins à produire. Extrait de Golden Bat deTakeo Nagamatsu (début des années 1930). Aquarelle inspirée de La Grande vague de Kanagawa d'Hokusaï. L'art du Kamishibaï s'inspire de la peinture traditionnelle japonaise et occidentale. Il emprunte à cette dernière le clair obscur auparavant absent de la représentation japonaise. Le cinéma apparu en 1895 fit connaître la culture occidentale en Asie et les artistes de Kamishibaïs s'en nourrirent énormément. Ainsi, de nombreuses aquarelles reproduisent le cadrage cinématographique. Extrait de Mystery Train Dés le milieu des années 1960, le gouvernement s'inquiète de l'influence de cet art populaire sur la jeunesse. Une enquête révèle qu'un quart des écoliers assistent à plus de deux spectacles de Kamishibaïs par jour. Ils sont alors interdits aux abords des écoles et dans de nombreux quartiers. On leur reproche de détourner de l'étude et des bonnes mœurs les enfants et de générer des attroupements dans les rues. On dit aussi que les bonbons aux couleurs vives que vendaient les kamishibaïs étaient mauvais pour la santé des marmots qui se les passaient de mains en mains. Image de propagande appartenant à un récit imprimé sur papier fin en quadrichromie. Après cette interdiction, les contes de Kamishibaï furent plus formatés. Des sociétés appelées kaï produisaient des images de propagande pendant la guerre. La reproduction industrielle sur papier rationné de dessins permis au gouvernement de diffuser en Mandchourie (partie de la Chine occupée) une image positive des soldats japonais. Le Kamishibaï était aussi utilisé comme journal du soir par l'agence de presse Asahi qui innovait en combinant photographies et dessins. D'autres sociétés créèrent des Kamishibaïs éducatifs, parfois religieux. Les Alliés qui occupaient le Japon jusqu'en 1952 mirent en place des bureaux de censure. Les récits de ninjas étaient remplacés par le football, la science fiction et les histoires comiques. Les censeurs veillaient à ce que la catastrophe d'Hiroshima ne soit évoquée sous aucun prétexte. La tradition du récit par l'image est quelque chose de très présent au Japon, peut-être parce que l'imprimerie est arrivée plus tard qu'en Occident. Les mangas japonais conçus pour que le lecteur ne passe pas plus de trois secondes par page en sont un exemple flagrant. Des foules  se réunissent en plein air pour regarder la télévision à ses débuts. C'est donc avec l'arrivée de ce que les spectateurs appelèrent le « kamishibaï électrique » que disparu ce médium fabuleux à la frontière des arts visuels et du théâtre d'objets. En 1953, environ huit cent téléviseurs étaient présents sur les places publiques. Dix ans plus tard, il ne reste peu de conteurs à vélo. pour les derniers qui s’entêtent à parcourir le pays, il est alors bien difficile d'attirer les enfants dans la rue tandis que quatre millions et demi de téléviseurs se sont invités dans les foyers individuels. Bibliographie: Manga Kamishibaï Du théâtre de papier à la Bd Japonnaise, EricP. Nash, Edition de La Martinière, 2009 La Boîte magique : le théâtre d'images ou kamishibaï : histoire, utilisations, perspectives, Strasbourg, Callicéphale, 2007

Un kamishibaya à bicyclette

Le cirque émerge en Europe au XVIIIème siècle initié par l'officier de cavalerie Astley. Comme son étymologie l'indique, c'est d'abord une zone circulaire dédiée aux arts de la piste : des acrobates réalisaient de périlleux numéros juchés sur leurs chevaux. Puis, le spectacle de cirque s'est enrichi d'autres pratiques jusqu'à devenir selon la définition de J. M. Guy « l'art de composer un spectacle à l'aide des arts du cirque et d'autres arts (théâtre, musique, danse, arts plastiques...) et savoirs-faires variés »1, en quelque sorte un art total. Outre cet aspect, le cirque fait preuve d'une grande originalité dans le mode d'écriture des spectacles car il s'agit du collage de formes courtes (les numéros). Ce sont traditionnellement les clowns ou le célèbre Mr Loyal qui opéraient les transitions au cours desquelles les agrès et décors étaient changés. Les jeux Athéniens, en tant que démonstrations de force en arène comprenant parfois des animaux ont également nourris les formes du cirque. Or depuis les années 1970, le cirque dit « Nouveau » évolue en s'orientant vers une réflexion esthétique et de contenu. Les spectacles d'animaux disparaissent alors et la technicité, le risque devient secondaire. Le cirque obtient récemment ses lettres de noblesses avec l'ouverture du CNAC (Centre National des Arts du Cirque) à Chalons en Champagne en 1970. En 1995, Josef Nadj met en scène Le Cri du Caméléon pour la 7ème promotion de l'école. Cet artiste plasticien et metteur en scène trouve dans le cirque la possibilité de réaliser des « tableaux vivants » En effet, débarrassé des modèles narratifs du théâtre classique, le cirque (dépourvu de personnages) montre des êtres non comme des identités mais plutôt comme des formes, des corps qui se meuvent. Ce sont des itinéraires parcourus au sol ou dans les airs, des rythmes et des mouvements qui reviennent parfois comme des motifs au cours du spectacle. Enfin et après cette mise en appétit, je vous conseille « Notes on the Circus » d'Ivan Mosjoukine en tournée en ce moment qui questionne justement avec poésie les règles du genre. Vous pouvez notamment les voir au 104 en novembre si vous les avez raté l'an dernier à Lorient et cette année à Quimper. 1-Les Arts du cirque en l'an 2000, Paris, Chronique de l'AFAA, n°28

Notes on the circus

Nouvellement arrivée sur Multi-Prises, je viens de publier ma galerie et vous invite à y jeter un œil prudent (attention, chien méchant !). Ancienne étudiante des Beaux Arts de Lorient, je rejoins l'association avec plaisir. Et puisqu'on me demande de me présenter, je vais le faire avec mes papiers. Je les trie précautionneusement dans des boites. Je fais partie des bordéliques organisés dont parlait Thomas l'autre jour dans cet article: Le rangement désorganisé ou le désordre rangé. Je fais des tas. Vu de l'extérieur, c'est un bordel innommable. En fait, tout est rangé par piles pour que je m'y retrouve. Dans ma vie, les feuilles de papier sont très importantes, bien plus que tout ce qui peux y être inscrit. Je les trie par catégories. Tout a commencé d'ailleurs par celles des administrations que je n'osais jeter de peur qu'on me réclame des informations plus tard. Je les ai donc mises de côté dans une sorte de purgatoire, entre la poubelle et le porte documents. Puis je les ai recyclés en carnets de croquis et de notes. Je pourrais toujours retrouver, si nécessaire, le contrat du 31 avenue de la Perrière signé 5 ans auparavant si la CAF me demandait des comptes. C'est ensuite devenue une manie, une bizarrerie influencée par mes convictions écolo, de garder tous les papiers au verso inutilisé. Du coup je n'achète plus de papier. Un fois de plus, l'économie est mise à mal par une altermondialiste ! Je tiens même en horreur la page A4 et son blanc ostentatoire. Cette feuille muette qui n'a pas vécu n'a rien à me raconter. Par ailleurs, je fais partie des glaneuses si chères à Agnès Varda (cf Les Glaneurs et la Glaneuse, 2000). Au marché de Merville, j'en récupère de toutes sortes. Des gris, des bruns, des violets, qui servent à obstruer le fond des cagettes ou à protéger les légumes. Les fruits éclatés marquent d'auréoles de sucre mes papiers préférés. Sur l'étalage, les empreintes vives des betteraves disparues tachent à intervalles réguliers un papier rose délavé. Par endroits, couverts de moisissures, les papiers du marché sont irisés de variations vertes et de roses acides. Une mousse blanche piquetée d'yeux noirs s'étale en surface et nécessite une manipulation délicate pour conserver cet effet rare. En revanche, il y a une seule sorte de papier blanc que j'aime. Ce sont ceux des boites à chaussures. Souvent, les clients les bouchonnent négligemment après avoir choisi une paire parmi les étalages. Mais ce blanc froissé est fragile comme de la soie. Il se déchire comme la brume qui se lève tôt à Merville laissant poindre les premières structures métalliques au milieu des nappes. Puisque je suis une bricoleuse, je collectionne des choses bien plus normales. Comme tout le monde j'ai des boites remplies de boutons, de clous, de vis et des bouts de ficelles qui pourraient servir. Si l'un de vous a un problème sur le réseau, je peux au besoin donner un coup de main, de pouce ou de clic. Je trouverais bien un bidule pour arranger la prise ou la ligne. Faites-moi signe. En attendant, bonjour chez vous ; ) Soazic Bruneau

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