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Catégorie Découvertes

Découvertes (artiste, lieu, livre, film, etc..) à faire partager.

Après un an de travail, je suis fier de vous dévoiler la première version grand public de mon jeu vidéo : Naufrage. Disponible gratuitement pour Windows, Mac et Linux, il est même compatible avec les casques de réalité virtuelle.     Qu'est-ce que Naufrage ? Il s'agit d'un jeu vidéo indépendant et expérimental, orienté aventure/exploration avec un fort aspect contemplatif. Echoué sur une île le joueur devra explorer le monde de Naufrage afin de révéler ses secrets. Au travers de musiques, textes et animations, l'univers se dévoile dans une ambiance fascinante et contemplative. Mais gare à ne pas braver les interdits, les guetteurs sont là pour surveiller tous vos faits et gestes...     Comment est né ce projet ? Interface de Unity Démarré en septembre 2015 (il y a tout juste un an), le projet a tout d'abord vu le jour sous forme d'expérience. Passionné de jeux vidéos, j'ai toujours rêvé d'en réaliser un par moi même : devant l'explosion de la scène indépendante et avec l'arrivée d'outils de création simples comme Unity, j'ai décidé de me lancer dans la création de mon propre univers, sans ambition commerciale. Quelques mois plus tard, le monde de Naufrage était né et avait déjà dépassé toutes mes attentes.   David Bideau et son modulaire Après avoir fait tester à quelques proches et devant les retours très positifs, j'ai alors décidé d'en faire un vrai jeu et de le diffuser au grand public. Pour cela, j'ai fait appel à deux écrivains, Delphine Balligand et Arnaud Goualou afin de réaliser une histoire parallèle à découvrir sous forme de notes sur l'île. La musique, quand à elle, a été entièrement créée pour l'occasion par David Bideau, artiste musicien et avec l'aide d'un synthétiseur modulaire. Ses créations musicales m'ont beaucoup inspirées pour développer l'ambiance et les axes du jeu. Pourquoi le nom « Naufrage » ? Beaucoup de récits d'aventure commencent par un naufrage. Pour moi, ce mot ne représente pas une fin, mais un changement qui mène à de nouvelles découvertes. Faire naufrage nécessite de tout perdre pour se reconstruire, c'est un peu ce que devra faire le joueur au fil de sa progression (ou plutôt régression, mais je n'en dit pas plus...) . Ce mot représente aussi mon état lorsque j'ai commencé à développer ce jeu : arrivé dans un univers inconnu, j'ai du apprendre à maîtriser des outils dont j'ignorais même l'existence. Et c'était déjà le début de l'aventure... Pour quel public ? Naufrage est jouable par tout le monde, peu importe l'âge. La prise en main n'est pas complexe et le déplacement est relativement facile. Les énigmes peuvent parfois être un peu longues à découvrir mais si vous aimez l'exploration et la contemplation, Naufrage devrait vous plaire. Lorsqu'il a été présenté dans le cadre des ateliers ouverts, le jeu a reçu un accueil formidable de la part d'un public plutôt hétéroclite (hommes et femmes de de 13 à 83 ans !). Dans les semaines et mois qui suivront, Naufrage sera de nouveau présenté en réalité virtuelle dans certaines médiathèques et lieux publics. Je communiquerai les dates au fur et à mesure qu'elles se confirmeront. Pourquoi gratuitement ? Naufrage est mon premier jeu, il m'a permis de découvrir ce formidable outil de création qu'est Unity. Lorsque j'ai démarré l'aventure, ce n'était pas dans un but commercial. Je reste persuadé que la création est avant tout une chose qui se partage avant de se vendre. Malgré tout, Itch.io, la plateforme sur laquelle vous pouvez télécharger le jeu, propose la possibilité de faire un don à l'auteur d'un projet. Si vous voulez m'encourager ou faire un geste symbolique, vous pouvez donner la somme de votre choix. Ce don n'est aucunement obligatoire et n'offre rien de plus que mes remerciements chaleureux. Dans tous les cas, partager mon jeu et en parler autour de vous reste le meilleur soutien que vous pourriez me faire !  

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Alors que le milieu culturel connaît ses déboires, il est difficile pour de nouveaux artistes ou associations de s’y retrouver. Comment monter un projet culturel ? Comment communiquer ? Chercher des subventions ? Comment ne pas se noyer dans ce flou administratif ?     La pieuvre a été créée pour venir en aide et soutenir ces artistes dans leurs démarches. Des aspects administratifs, de communications ou tout simplement technique, le collectif la pieuvre est là pour vous accompagner et vous donner les clés et les démarches à suivre. C’est suite à une rencontre et des discussions autour de la difficulté de trouver sa place dans le champ culturel, que les membres du collectif ont eu l’idée de se réunir. S’associer pour aider et être utile. Réunissant des acteurs de tous les domaines, l’association a permis de mutualiser les compétences et les savoir-faire de ses membres. De l'organisation d'un événement à la création d'un site internet, de la composition d'un dossier de presse en passant par la réalisation d'une fiche technique ou le montage d'un dossier de subvention…la pieuvre est votre animal.     Le collectif s’est récemment illustré en apportant son soutien au festival « Teenage kicks », biennale d’art urbains à Rennes, qui s’est tenue de septembre à octobre 2015. Alors que se termine le café 420, tiers-lieu artistique organisé par la Collective du 08 janvier au 12 février 2016, la Collective (groupement d’artistes et de professionnels de la culture, mentionné dans un article précédent : ici )  proposait de transformer une partie du PHAKT - Centre Culturel Colombier en un lieu hybride, à la fois espace de travail, de présentation et d’expérimentation pour un groupe de 5 à 7 artistes. La Pieuvre a donc apporté son soutien à La Collective notamment par une permanence d’accueil au Café 420 tous les vendredis de 15h à 18h à son bureau (3ème étage du Crij Bretagne) afin de parler de leurs projets culturels.   Aujourd'hui, La Pieuvre met ses talens au service de la musique. Elle apporte son soutien au groupe Fables pour leur soirée de lancement, sortie donc d'un nouvel EP. Fables est un groupe de pop alternative formé de 5 membres, vous pourrez les entendre le samedi 27 février au Crij Bretagne dés 19h30. Pour les découvrir, c'est par ici.     Une question, un projet, une idée ? Pour prendre contact avec le collectif de La Pieuvre : contact@collectifpieuvre.fr 4b cours des alliés, 35000 Rennes site internet : http://collectifpieuvre.fr

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Thème musical de Frédéric Reby et voix de Gwendal Audrain.                  "Un homme, la trentaine, calme, roule sur les longues routes bordant la côte. Il a l'air détendu, serein. Mais quand il revient dans le quartier où il a connu la zone, la violence au point de perdre les femmes de sa vie, sa mère et sa fiancée, le calme laisse place au tumulte. Pourquoi revient-il voir son père alcoolique et son frère délinquant dans un quartier qu'il a fuit une dizaine d'années auparavant ? Quelle est l'issue de ce retour ? "     LE PROJET Ce projet est un court-métrage tourné dans le pays lorientais aux allures de pur road-movie issu de l'imaginaire américain. Le mythe américain de la route et son fantasme ont toujours pris une part importante dans ma création et mon imaginaire. Les notions de mouvement et de déplacement me fascinent depuis longtemps tant par leurs richesses, leurs intérêts que par leur symbolique codifiée emprunte de rêves. Les road-movies américains des années 60/70 interviennent dans mes recherches cinématographiques ainsi que dans mon travail en général comme une évidence et une référence majeure, et plus particulièrement ici pour le film que je souhaite réaliser. Le titre anglais Story of a guy souligne mon désir de rendre un hommage direct à cette culture américaine qui signifie beaucoup pour moi dans son rythme, sa démonstrativité et son style.                     Cette fascination est due à un condensé d’images positives d’une fuite en avant, comme une échappatoire vers un monde meilleur et paradoxalement rattrapé par la réalité. Glissant dans les paysages d’Alex Katz (image ci-contre : Sunset, huile sur lino, 304 x 244 cm, 1987.), ces vraies peintures en mouvement, ou réel spot de pub trash de la pop culture me procurent l’envie de m’évader et d’amener avec moi les spectateurs dans cet exode métaphorique et sensoriel.                                                                                                                                                                                               TECHNIQUE Ce film sera tourné intégralement dans le pays lorientais à l'aide d'un Canon 5D Mark ii. Le rendu sera donc en HD 1080p. L'ambiance du film sera dans des lumières orangées, code largement emprunté au western américain et à l'esprit de la conquête de l'ouest, mais aussi à la peinture de Claude Le Lorrain, William Turner. Claude "Le Lorrain", Matinée sur le port,  97 x 120 cm, 1634. William Turner, Coucher de soleil écarlate, aquarelle gouaché papier, 13,4 x 18,9 cm, 1830-40. LA GENÈSE DU PROJET L’histoire de ce film et son scénario, prend racine sur cette idée d’un ailleurs «idéal» semblable à l’American Dream. Ayant rêvé de nombreuses fois de traverser ces contrées fascinantes j’avais l’envie d’écrire sur cette notion d’une Amérique en France. Paradoxalement à ce fantasme je désirais y injecter quelque chose d’intime et de plus personnel. Pour moi, le seul lien plausible entre ces deux pays et ces deux cultures, était mon histoire personnelle car elle pourrait ainsi fondre l’aspect fictionnel de cette rêverie à la réalité d’une vie et d’un regard qui sont les miens. Ici, ce regard deviendrait alors vecteur d’un sentiment profondément français. Intégrer mon histoire, enfin du moins la prendre comme source de départ sans vraiment parler d’autofiction, est une manière d’inscrire la narration de ce film dans un contexte national actuel avec un regard critique. Il est important pour moi de savoir glisser sur le spectre fictionnel tout en conservant une trame réaliste. Les limites entre les deux, étant très perméables et parfois floues, peuvent apporter aussi bien un équilibre troublant à un film qu’un déséquilibre agréable et subtile. Et des sujets tels que les liens sociaux, l’abandon et l’isolement souvent associés à cette notion de réalisme, que je tente ici de souligner, sont un héritage direct de cette pensée et d’une certaine réflexion sur le cinéma français qui les transcrit et les explore avec implication et sensibilité. (NB : Un prophète de Jacques Audiard).   L'ÉQUIPE Cette production réunit déjà une équipe de professionels comme Gwendal Audrain, acteur et interpréte du rôle principal, Frédéric Reby, musicien à la tête de la bande originale, Nicolas Desverronnières, artiste plasticien au cadrage et à la photo, mais aussi des néophytes comme Marie Raud, assistante réalisateur et scripte, Victor Hamonic et Virginie Nicollet étudiants à l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, site de Lorient à la réalisation du storyboard, qui ont mis à profit leur talent pour soutenir ce projet et le concrétiser. Frédéric Reby musicien réputé et émérite du bassin lorientais et de Bretagne a produit les premières esquisses musicales donnant au projet l'intensité et l'ambiance convoitée. Gwendal Audrain, quant à lui, a désormais posé une voix et un visage sur le protagoniste du l'histoire.   Gwendal Audrain, 32 ans, vit et travaille à Paris. Acteur professionnel, issu de L'entrée des artistes dirigée par Olivier Belmondo. Dans Story of a Guy : acteur principal, protagoniste The GUY.     Frédéric Reby, 40 ans, vit et travaille à Morlaix. Médiateur culturel et musicien professionnel. Dans Story of a Guy : créateur de la bande originale.                Nicolas Desverronnières, 27 ans, vit et travail à Lorient.            Artiste plasticien issu de l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, site de Lorient            Dans Story of a Guy : Cadreur, directeur de la photographie.       Marie Raud, 28 ans, vit et travaille à Lorient. En formation professionnelle dans l'événementiel. Dans Story of a Guy : Assistante réalisateur, scripte.     Jérémy Leudet, 29 ans, vit et travaille à Lorient. Scénariste, réalisateur issu de l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, site de Lorient Dans Story of a Guy : Scénariste, réalisateur, metteur en scène.       PRODUCTION Voici quelques jours que le projet Story of Guy est soutenu par la plateforme touscoprod. Touscoprod est une plateforme de financement participatif dédiée 100% au cinéma et à l'audiovisuel. Créée le 20 janvier 2009, touscoprd se démarque par la qualité de son catalogue (dont 6 sélections à Cannes, 2 nominations aux Oscars, 1 Ours d'or à Berlin et de nombreuses autres récompenses). À ce jour, 22 coproducteurs me soutiennent, si vous voulez, vous aussi suivre, participer, partager ou tout simplement aller plus loin dans la découverte du projet, je vous invite à suivre ce lien : http://www.touscoprod.com/fr/storyofaguy Il reste encore 17 jours pour les curieux et les éventuels donateurs. Merci de votre soutien et de votre regard, ce sont les raisons pour lesquelles nous croyons en ce que nous faisons.  

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Si l'actualité vous a échappé ces derniers jours, sachez qu'une sculpture de Paul McCarthy, Tree, installée place Vendôme a suscité de très vives réactions de la part des passants et surtout sur Internet. Les réactions, classiques dans ce genre de projet, sont allées jusqu'à comparer Tree à un sex-toy géant. Outre le peu de réflexion qu'il a fallu pour arriver à une telle comparaison (on érige un monument : il y a toujours des gens pour y voir une forme phallique - quelque chose à compenser ?), c'est l'escalade de haine vis-à-vis de cette pièce qui devient inquiétante.    Dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18, l'artiste s'est fait agresser et la sculpture a été vandalisée : la soufflerie a été coupée et les câbles ont été sectionnés. Devant la violence des faits et la très forte contestation, Paul McCarthy a décidé qu'il ne réparerait pas la pièce et donc ne la réinstallerait pas.  Un acte idiot, mais qui sert la pièce dans le bon sens En vérité, ce que les vandales n'ont pas réellement réalisé, c'est que leur acte de sabotage a inexorablement fait entrer cette pièce dans l'histoire de l'Art. Quelle meilleure référence que Tree pour expliciter un propos sur la provocation dans l'Art ? A partir du moment où les réactions dépassent le cadre de la moquerie sur Internet, l’œuvre fait sens, ne serait-ce que sur sa réussite : à provocation forte, réactions fortes. C'est à la seconde même ou Tree s'est effondré que l’œuvre - la véritable - s'est érigée. Sur cet aspect McCarthy signe ici, à ses dépends, une pièce dont la légitimité est inattaquable. Que l'on apprécie cette œuvre (ou non) à partir de ses propres jugements esthétiques n'est plus du tout à propos. Si un des buts de l'art est de faire sortir les gens de leur quotidien, de susciter de la réflexion, des réactions, obligeant les gens à se poser des questions (même si ces questions sont du genre "mais où vont nos impots ?"), alors Tree est probablement une des pièces artistiques les plus réussies cette année.  McCarthy doit absolument remonter son œuvre Comme l'explique très bien Charlotte Pudlowsky sur Slate, le fait de s'incliner face aux agressions et décider de ne pas remonter la pièce est un énorme désaveu. C'est donner raison à ceux qui ont décidé de passer par la violence pour que Tree cesse d'être dans le paysage (qu'ils considèrent comme étant le leur). Décider de remettre la pièce sur pieds, serait à la fois un acte courageux (c'est à dire risquer encore une fois de se faire agresser) mais aussi serait la seule et unique manière pour l'artiste d'assumer son travail : il faut s'attendre à essuyer des plâtres lorsqu'on fait une œuvre provocatrice ! On ne peut pas se contenter de s'enfuir lorsque les choses deviennent problématiques et c'est bien ce que je déplore dans le comportement de McCarthy lorsqu'il dit ne pas vouloir restaurer sa sculpture.  En attendant, Tree et son funeste destin auront au moins fait réagir les gens et provoqué des discussions...Et c'est une bonne chose ! 

Tree McCarthy

Les Cynicoms, c'est un collectif d'artistes en forme d'agence de pub.  Alexandre Eudier et Bruno Revert réalisent des oeuvres personnelles qui trouvent leur écho dans des projets communs tels que leur dernier travail au Burkina Faso. Cette résidence de production eu lieu en 2013 à Ouagadougou. Les deux artistes ont très vite rencontré des artisans sur place auxquels ils ont montré leurs dessins en expliquant leur démarche critique vis-à-vis de la société de consommation. Alliant l'iconographie des marques, des héros télévisuels et publicitaires, ils ont fait fabriquer une série d'objets atypiques par des bronziers, couturiers, sculpteurs et sérigraphistes de Ouagadoudou. Leur processus de travail valorise les savoir-faires africains. Rappelons nous ce que Sarkozy dit lors de son discours de Dakar en 2007: " il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès » en Afrique. Il est intéressant de noter la préservation du travail manuel sur le territoire africain au moment où l'Occident regrette sa disparition  à cause de la prolétarisation des masses. Qu'est-ce que ce progrès qui transforme chaque être en un rouage d'une machine de production dont le but n'est plus le travail ni l'humain mais l'économie? "Il y a quelque chose d'authentique chez ces artisans" témoigne Alex lors d'un entretien Skype avec moi ce matin. "Ceux-ci se sentent appartenir à une corporation et dégagent une fierté de leur travail". Au  moment où heureusement toute une génération (dite "génération Y") développe des réseaux d'échanges de savoirs (des RERS aux chantiers participatifs en passant par le principe des forums et tutoriels vidéo, wikipédia, ekopédia...) pour retrouver du sens dans le travail (souvent absent de l'"emploi" qui n'est pas la même chose), on peut se demander si l'Afrique n'aurait pas un temps d'avance à force de prendre du retard... "A chaque coin de rue témoigne Bruno, on rencontre la boutique d'un artisan" Les Cynicoms ont travaillé avec des sculpteurs et des bronziers qui ont réalisé des masques hybridant ainsi des logos occidentaux avec la culture tribale. Ils ont aussi collaboré avec des ateliers de couture, de broderie et de sérigraphie. L'Afrique est aussi le continent du "tout est possible ici et maintenant", un continent de la débrouille, du bricolage ayant la capacité à faire avec ce qui est là.  "Quand on leur a montré le projet du Lavo Blaster, (détournement du Sound Blaster, l'enceinte que l'on pose sur l'épaule et que l'on ballade dans la rue) ils nous ont tout de suite dit qu'il n' y avait pas de problème. Ils nous ont ramené deux machines à laver et un lave vaisselle et ont "trafiqué" l'intérieur pour y intégrer les enceintes. Ils ont voulu rajouter des voyants lumineux pour que ce soit plus fun. Nous l'avons fait. Nous voulions que ce soit une collaboration avec les artisans-créateurs. De même il a fallut rajouter des manches sur les boubous que nous n'avions pas dessiné, car ils voulaient que les vêtements avec lesquels ils allaient poser soit classieux selon la mode Burkinabé. Avec cette résidence, Bruno et Alex abordent des questions qui me passionnent concernant la place de l'artiste et de l'artisanat dans l'art. Bruno m'a aussi confié à quel point c'était difficile pour les artistes Burkinabé de créer librement en dehors des clichés liés à l'identité culturelle africaine. On attend souvent d'eux une esthétique primaire, tribal pour ne pas dire "petit nègre". Quid de leur pensée d'artiste contemporain dans un monde globalisé à l'heure de la mondialisation? Liens utiles: - La Clef : exposition à Saint Gremain-en-Laye -http://www.cynicom.com/ -http://www.brunorevert.fr/ -http://eudier.over-blog.com/ -Définition de "prolétarisation" sur arsindustrialis.org -Matthew B Crawford, Eloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail, La Découverte, 2010

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Fermez les yeux et laissez-vous guider. Le bruit des pas et les voix des passants rythment la découverte. Une musique d'ambiance et le chant des oiseaux vous accompagnent tout au long de ce safari. Aucun animal en vue mais des ruelles sombres, du "street art" et la découverte de l'architecture marseillaise à l'honneur. Comment pouvoir visiter Marseille ou du moins le quartier du cours Julien sans bouger de chez vous? Au son des voix de deux conteurs urbains, Julie et Christophe, qui ponctuent le voyage à travers l'interface google, nous pouvons nous promener dans les rues. Des photographies, vidéos, anecdotes apportent des petites découvertes, curiosités qui enrichissent le safari.Julie de Muer part à la rencontre des habitants du quartier, musiciens, cuisiniers, une variété d'individus qui racontent leurs histoires et offrent de nouveaux regards sur la ville. Le projet est une co-production entre radio grenouille et Marseille-Provence 2013. " à l'origine du projet, il y a le site des Promenades sonores, qui propose une quarantaine de promenades sonores à Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne et plusieurs autres villes proches, toutes balisées grâce aux cartes de Google Maps."[...] "Le projet mis en ligne jeudi 3 avril 2014 est accessible aussi bien en français qu'en anglais."  euronews.comÉtrangement ce projet m'a rappelé l'écriture d'Annie Ernaux, cela vaut donc bien une petite citation du "Journal du dehors":"Pourquoi je raconte, décris, cette scène, comme d’autres qui figurent dans ces pages. Qu’est-ce que je cherche à toute force dans la réalité ? Le sens ? Souvent, mais pas toujours, par habitude intellectuelle (apprise) de ne pas s’abandonner seulement à la sensation : la “mettre au-dessus de soi”. Ou bien, noter les gestes, les attitudes, les paroles de gens que je rencontre me donne l’illusion d’être proche d’eux. Je ne leur parle pas, je les regarde et les écoute seulement. Mais l’émotion qu’ils me laissent est une chose réelle. Peut-être que je cherche quelque chose sur moi à travers eux, leurs façons de se tenir, leurs conversations. (Souvent, pourquoi ne suis-je pas cette femme ?” assise devant moi dans le métro, etc.)"C'est parti pour le voyage alors suivez le guide: https://nightwalk.withgoogle.com/fr/panorama/

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Je passais voir des amis au cirque Galapiats lorsque j'ai fait la connaissance de Barbara Gay, une jeune metteuse en scène actuellement en résidence au théâtre des Tarabates de Saint Brieuc. Alors que les acrobates répétaient, sous le chapiteau, Angel, la petite amie de l'un d'entre eux m'a proposé de l'accompagner sur un "chantier bénévole" consistant à mouler dans le plâtre les corps d'artistes de scène. Curieuse de découvrir de quoi il s'agissait, j'acceptais et me retrouvais dans le fameux Théâtre en trois parties (un studio, un atelier et une scène), rue Robien à Saint Brieuc. Lorsque j'ai mis les pieds dans l'atelier, j'ai été stupéfaite par le chaos qui y régnait. Une demi douzaine de bras, de jambes, de bustes et d'autres membres étaient disposés un peu partout. L'espace était saturé de plâtre et plusieurs individus s'affairaient autour de volumes blancs. Je ne tardais pas à découvrir qu'un Rodin tout à fait punk était le maître des lieux à l'origine de ce chantier! Une petite femme aux cheveux courts en bleu de travail adressait quelques conseils aux bénévoles. Rien à voir avec la rigueur et la sévérité que l'on peut s'imaginer d'un grand maître classique orchestrant le travail de ses assistants. Ces derniers d'ailleurs, loin d'être des techniciens spécialisés étaient pour la plupart des briochins (les habitants de Saint Brieuc). Ils avaient entendus parlé par bouche à oreille de cette création ouverte au public et comme moi s'étaient rendus sur place. Certains revenaient régulièrement depuis plusieurs jours...     Très rapidement, on me proposa de réaliser un contre-moule à partir d'un buste en plâtre. Je le recouvrais au pinceau d'une couche de vaseline et modelais les plaques de terre sur la poitrine. Barbara nous prépara une gâche de plâtre. Au moment de commencer à l'appliquer, j'hésitais. J'interrogeais la jeune femme afin de savoir jusqu'où étendre le plâtre. Je craignais de déborder et d'empêcher le démoulage ou le façonnage de l'autre moitié du buste. J'avais peur de rater. Barbara me lança "Débrouilles-toi. et si tu rates, tu pourras toujours recommencer! Quand tu auras trouvé la bonne méthode, surtout, n'oublies pas de me la montrer!" Elle me laissa là et alla s'occuper des autres. C'était assez drôle car je m'apercevais que nous étions sans doute tous aussi inexpérimentés qu'elle-même. La seule manière d'avancer était d'essayer et de nous instruire les uns les autres de nos erreurs comme de nos succès.  Finalement, notre 1er contre-moule ne fut pas mal réussit. Il eut le droit d'être envoyé à l'étage supérieur pour "l'empapiétage". Cette seconde étape représente la tache la plus titanesque du travail plastique. Il s'agit de superposer à l'intérieur des négatifs en plâtre, sept couches alternativement de papiers déchirés et de tarlatane.  Une fois ces pièces séchées et extraites des moules, elles seront assemblées pour former les doubles marionnettiques utilisés pour le spectacle. Barbara avait installé de nombreuses tables dans le théâtre pour que les bénévoles puissent travailler sur le plateau même de la scène. Ils n'ont cessés d'affluer pendant la dizaine de jours que j'ai finalement passé là-bas. L'étage supérieur était muni d'une cuisine et d'un salon en libre accès où nous déjeunions et prenions la pause thé. La table du salon comportaient de nombreuses lectures sur le cirque, la notion de double dans la mythologie, les techniques de moulage et autres recherches théoriques ou pratiques liées au spectacle. Nous en parlions beaucoup et interrogions Barbara et les trois interprètes (Chloë, Nanda et Céline). Celles-ci étaient souvent là, d'abord pour que l'on moule leur corps en bandes plâtrées puis pour nous aider à l'empapiétage. Parfois elles nourrissaient leur réflexion individuelle concernant la recherche symbolique du double en dessinant et en imprimant des images trouvées sur internet et en collant des textes sur de grands pans de papier. Barbara n'écrit pas par avance le spectacle mais demande à chaque interprète de réfléchir à ce que représente le double pour lui. Ensuite, elle les invite à trouver des moyens gestuels d'exprimer le fruit de ces recherches individuelles. Un temps d'expérimentation seul est suivi ensuite d'une recherche plus collective pour monter le spectacle final. La préoccupation de Barbara est de ne pas venir "plaquer" des rôles sur les interprètes mais de partir de leur individualités pour écrire avec elles la pièce finale.

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C'est au mois de décembre qu'est ressorti en édition restaurée La Porte du Paradis (Heaven's gate) de Michael Cimino. Chef d’œuvre incontestable du cinéma, il raconte, d'après des faits réels (voir la guerre du compté de Johnson), comment, en 1890, un lobby d'éleveurs (extrêmement puissant sur le plan politique) fait adopter par le sénat une liste de 125 noms de personnes à abattre. Ces condamnés, tous immigrants et extrêmement pauvres, étaient accusés, sans procès, de vol de bétail. Cette re-sortie en DVD sonne un peu comme une résurrection inespérée car il s'agit d'un des 10 plus gros échecs commerciaux de l'histoire du cinéma (avec une perte sèche de 107 millions de dollars, inflation prise en compte). Le film entraînera même la United Artists (fondée par Charlie Chaplin) dans sa chute, puisque le studio mis immédiatement la clé sous la porte.   L'échec inévitable d'un film sorti au mauvais moment. Le film se dote d'un budget colossal : 40 millions de $ de l'époque (environ 120 millions d'aujourd'hui). Une ville est construite spécialement pour les besoins de reconstitution et le tournage dure 7 mois. Cimino fait appel à beaucoup de grands acteurs (Kris Kristofferson, Christopher Walken, Jeff Bridges) et de premiers-rôles qui s’avéreront être des grands noms plus tard (Mickey Rourke, Isabelle Huppert). La porte du paradis sort en 1980 aux Etats Unis (1 an avant l'élection de Reagan - la droite dure) et propose une vision assez gauchisante (en ré-ouvrant la plaie d'un génocide américain orchestré par la bourgeoisie contre les plus démunis). A sa sortie les critiques sont assassines : le thème passe mal, il met à nu un traumatisme plus profond que le génocide indien : le “fratricide originel”, le massacre des pauvres par les riches. Le film est retiré au bout d'une semaine et Cimino du remonter le film pour essayer de proposer une version moins radicale (la seconde, sortie 6 mois plus tard, fut aussi un fiasco). Un format mal adapté Cimino aurait récolté plus de 200h de rushes sur le tournage, et proposa une première version de 5 heures, qui sera immédiatement refusée. Au final c'est une version de 3h40, puis 4h20 qui sortira au cinéma. La version restaurée de 2012 dure 3h36. S'il était sorti aujourd'hui, La porte du paradis aurait pu faire l'objet d'une série TV, mais, à l'époque, ce concept n'en était encore qu'au fonctionnement d'épisodes autonomes (il faut attendre l'age d'or des séries dans les années 1990 pour commencer à voir des histoires s'étalant sur une saison et non un unique épisode).On ne sortait pas non plus de films en plusieurs parties (comme cela semble devenir la norme avec des films-arnaque* comme, allez au hasard, le Hobbit).Du coup le format de La porte du paradis a rebuté beaucoup de gens, qui ne se sentaient pas être capable de s’enchaîner 4h de film. Un chef d'oeuvre incontournable C'est un film assez long en apparence (3h30) mais qui défile à toute vitesse tant l'histoire est prenante. Le spectateur est emporté dans un tourbillon de folie entre les scènes de danse hallucinées qui ouvrent le début du film et qui préparent le long final sanglant qui se jouera de la même manière. On a aussi plaisir à voir certains acteurs peu ou pas connus à l'époque et qui sont aujourd'hui devenus des grands noms (et Isabelle Huppert qui parle anglais avec un accent français à tirer au couteau). Une restauration réussie La nouvelle version, sortie en 2012, a été entièrement remontée sous la direction de Michael Cimino. Elle a fait l'office d'une numérisation haute définition ce qui a permis au réalisateur d'en profiter pour retravailler le film (couleur, grain, etc) avec les outils d'aujourd'hui permettant ainsi de s'approcher d'avantage de ses souhaits de l'époque. Voici un visuel de la très belle édition prestige contenant livres, photos, bande-originale, scripts et autres : Notes et liens : * Le principe d'étirer un scénario somme toute assez basique sur plusieurs films, obligeant le spectateur à payer 3 fois sa place, m'a toujours paru être une véritable arnaque. Payer 33€ (3x 11€ en 3D) pour voir un film au cinéma est juste inadmissible. Une longue critique du film : http://www.dvdclassik.com/critique/la-porte-du-paradis-cimino Une interview d'Isabelle Huppert à propos du film : http://www.lexpress.fr/culture/cinema/isabelle-huppert-pour-le-film-la-porte-du-paradis-rien-ne-pouvait-nous-arreter_1225600.html

La porte du paradis

Quoi de plus efficace que la simplicité? Quoi de plus difficile, aussi? La création d'un logotype en est un très bon exemple ; savoir exprimer de manière condensée, lisible et originale une marque, un produit, une entreprise...tel est le challenge du graphiste, tel est également sa difficulté lorsqu'il doit justifier ses heures de création... Il est possible d'apporter à l'impact visuel une notion supplémentaire ; le toucher. Meilleur sera l'impact de communication si le maximum de sens est concerné par le message (tout comme un son peut influencer le sens d'une image). La texture d'une impression a donc un effet notoire ; on peut jouer des papiers disponibles, des impressions spéciales, des creux, reliefs... L'impression typographique ("letterpress" en anglais) est une technique artisanale qui met en avant une approche plus tactile de l'imprimé. Elle opte pour la qualité plutôt que la quantité. Philippe Gully, l'un des deux fondateur de l'imprimerie Badcass, raconte l'histoire de cette technique de ses débuts épiques, son oubli et son retour "très chic". (article à lire sur "la carrière en dents de fille" de la letterpress). Badcass ou le retour aux sens Leur atelier est situé au centre ville de Quimperlé (Bretagne) et leurs réalisations s'étendent à l'internationale. La vocation de Badcass est de faire redécouvrir l'impression typographique en France. Tous les documents qui souhaitent se distinguer ; cartes de visite, invitations, faire-part, book d'artistes... Un couple est à l'origine du projet : Jessica Hosgood, graphiste et webdesigner et Philippe Gully, sound designer indépendant (à qui l'on doit l'ancien portail Praktica.net, portail incontournable de ressources webdesign français, le BD4D Paris, présentation publique des travaux de designers...) La composition graphique est replacée au cœur de la création. Une faiblesse qui devient sa force avec des tons directs de la gamme Pantone et laisse peu de place à la photographie (quadrichomie). Aujourd'hui les clichés polymères remplacent le plomb et permettent d'imprimer une couleur à la fois (d'où la contrainte de tirages limités à 2/3 couleurs). La gamme des papiers utilisés est très large ; ceux fait main peuvent aussi convenir. Divers procédés d'impressions sont accessibles ; le débossage (creux), gaufrage (relief), marquage à chaud (film métallisé), l'impression d'une couleur pantone, une couleur sur la tranche des documents, le "split foutain" (dégradé de couleur sur toute l'image), découpes spécifiques... Réalisations en images Les réalisations sont déjà nombreuses, je vous conseille d'aller visiter leur site et d'échanger avec eux pour vos nouvelles créations... © Crédit photo 1 : Ouest France.© Crédit montage photos : imprimerie Badcass.

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Contamination - Contaminazione est le titre d'une compilation d'art vidéo, éditée en DVD conjointement par les deux associations L'Œil d'Oodaaq et VisualContainer. Alors que les premiers viennent de Rennes, VisualContainer sont basés à Milan en Italie. Premiers diffuseurs d'art vidéo dans leur pays, ils gèrent un petit espace de projection, le [.BOX] Video Art Space, participent à différents événements culturels, comme des foires d'art contemporain ou des festivals d'art vidéo, et proposent des programmations mensuelles sur une webTV, www.visualcontainer.tv. Le projet d'édition a été initié par L'Œil d'Oodaaq, jeune association qui mène une recherche sur l'art vidéo et les différentes formes d'apparition des images dans l'art contemporain et le quotidien. Ils organisent tous les ans le Festival Oodaq d'images poétiques et nomades dans différents lieux à Rennes. La compilation présente huit œuvres vidéo d'artistes français et italiens : Maria Korporal, Avgerinos & Poulia, 2011 Francois Lejault, Le rêve de cachalot, 2001 Luca Christian Mander, Eppursimuove, 2009 Jacques Perconte, Libres, 2012 Giovanni Zaccariello, Disappear#3, 2013 Jérémy Laffon, Alone in the studio, 2011 Enrico Bressan, Esercizio # 49, 2010 Jean Bonichon, Eau de là, 2009 Chaque association a choisi 4 œuvres issues de ses fonds vidéo respectifs, afin de venir faire écho aux réflexions menées pendant le projet. Un livret-catalogue accompagnant le DVD retrace l'ensemble de ces échanges et présente chacune des œuvres vidéo incluse dans la compilation, inscrivant ainsi la présentation spécifique de chaque œuvre dans une réflexion plus théorique. Les thèmes abordés sont la nature hybride de l'art vidéo, les mutations et les évolutions du médium engendrées par les nouvelles technologies, mais aussi le statut des artistes et leurs droits - les deux associations s'engagent notamment à rémunérer les artistes pour chaque présentation publique de leur travail. Le titre Contamination - Contaminazione découle de ces recherches : l'art vidéo leur apparaît comme un "langage contaminé par tous les autres langages", ou encore un "médium liquide (…), un fluide - un flux - qui n'a pas de forme fixe, s'adapte à ses contenants, s'affranchit des barrières" et qui, "aujourd'hui, (…) se laisse contaminer par le numérique, se pixellise et se faufile à travers les réseaux d'Internet à la vitesse grand V." Si ceci engendre une diffusion plus large des œuvres et des artistes, cela fragilise également les images - "compressées, téléchargées, multipliées, retouchées (…), la "basse def" [semble devenir] le mode de partage et d'appréhension du contenu numérique sur Internet". Les deux associations se demandent alors si cela implique également une fragilisation des artistes, qui sont aujourd'hui nombreux à mettre leur vidéos à disposition en accès libre sur Internet. Convaincus que les projections "offline" restent irremplaçables, ils considèrent les vidéos sur le net comme des aperçus d'œuvres, comparables aux représentations photographiques de peintures dans des livres d'histoire de l'art. L'auteur du texte remarque également que payer les artistes "revient finalement à considérer [leur] activité comme étant du travail". C'est pourquoi les dernières vidéos s'attachent à explorer les contaminations possibles entre le monde de l'art et le monde du travail, déconstruisant par cette occasion un bon nombre de clichés et d'idées reçues sur les artistes. Une présentation publique de l'édition DVD a été organisée à Rennes le 4 novembre dernier. Pour ceux qui auraient raté cette présentation, la programmation vidéo sera bientôt diffusée sur la webTV de VisualContainer, et sera présentée lors du salon d'édition Papier(s) à l'Ecole européenne supérieure d'art de Bretagne - site de Rennes du 6 au 8 décembre 2013. Plus d'informations sur les sites des deux associations :http://www.loeildoodaaq.fr - http://collectif.loeildoodaaq.frhttp://www.visualcontainer.org - http://www.visualcontainer.tv

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En plein cœur de Marseille, accolée à la Mairie, une ville éphémère à vue le jour… Une semaine pour construire une ville utopique. Un chantier incroyable, rassemblant des milliers de personnes armées de cartons et unies dans une aventure collective. Élévation d'une autre ville, une autre manière de faire la ville…          Drôle de terrain de jeu pour des artistes. L'espace public marseillais ressemble de loin à une vaste "battle", entre kalachnikovs et capitale européenne de la culture.Une guerre d'image, dans laquelle les artistes se voient assigner le rôle de réenchanter la cité, apaiser ses blessures.En discutant avec les marseillais et en arpentant la ville cela semble plutôt réussir et les grands rendez-vous permettent à la ville de se découvrir un public nombreux et paisible, mais souvent passif, et plutôt consommateur, dans le centre-ville du moins. Métamorphoses, que produit, avec Marseille-Provence 2013, le centre national Lieux publics, peut-il changer cela? Une quarantaine de propositions (dont une trentaine de créations) en trois actes répartis dans le cœur de Marseille. Des compagnies européennes qui tentent de dépasser les codes des arts de la rue, d'interroger la ville, réunir ses habitants dans un même espace public sans sacrifier l'intime, le sens et l'émotion. Décaler les regards peut révéler une autre ville, elle-même en pleine métamorphose. Marseille change et se crée de nouvelles déambulations, des espaces communs dans une ville qui en manque.   C'est avec la participation des habitants que le troisième acte de Métamorphoses s'écrit. Développant le travail du plasticien Olivier Grossetête, une Ville éphémère en carton à été édifiée par plus de trois milles personnes.Une semaine d'élévation (du mardi 1er au dimanche 6 octobre 2013) à concrétisé cette ville composée d'une vingtaine de bâtiments, préparée par des ateliers de construction réalisés en amont avec des établissements scolaires, des structures sociales, socio-éducatives, des entreprises, des centres de formation et d'insertion pour adultes…         En implantant une fiction dans notre espace quotidien, le pari de l'artiste Olivier Grossetête et du directeur de Lieux publics, Pierre Sauvageot, a été que cette ville éphémère perturbe un peu notre perception de la ville contemporaine et qu'elle devienne une nouvelle agora publique, au fur et à mesure de son élévation.  L'utopie et l'imaginaire du rapport à l'urbanisme sont des questions qui se posent. N'existe-il pas un lien entre l'architecture et le carton comme packaging? Au fond, ce projet questionne (entre autre) l'image de l'architecture. J'ai trouvé cela passionnant de voir les gens se mobiliser pour quelque chose d'absurde a priori, cela renvoie certainement à l'enfance. Les participants, constructeurs d'un jour, passants, habitants soulèvent les bâtiments, les font tourner, et  les changent d'emplacement. Comme un instant magique, ces monuments de carton se mettent à bouger en un ballet architectural. Les rêves d'enfants prennent le pas sur le réel avant l'inévitable destruction de cette ville en carton… // Élévation de la Ville éphémère du mardi 1er au dimanche 6 octobre 2013, place Bargemon à Marseille.// Destruction collective et recyclage le 6 octobre.

La Ville éphémère - Place Bargemon - Marseille

Cycloïd – ε est un objet-spectacle réalisé par le collectif Cod.Act (Michel Décosterd et André Décosterd) qui produit une performance sonore et visuelle de manière autonome et unique pour chaque représentation. L'objet repose sur le principe du pendule : 5 segments reliés entre eux par leurs extrémités se mettent à tournoyer sous l'action de la rotation de la base. Il n'y a donc qu'un seul moteur (situé à la base) qui tourne de manière parfaitement aléatoire et engendre ainsi, le long des autres bras des mouvements parfaitement imprévisibles. Chaque segment possède à son extrémité une petite enceinte qui produit un son, issu de combinaisons d'instruments, qui varie en fonction du mouvement de rotation. Ainsi, le son qui est diffusé dans la pièce est le fruit du mouvement de balancier du pendule ainsi que du déplacement de l'enceinte (spatialisation du son). L'ensemble créé ainsi une performance totalement autonome dont les mouvements jouent le rôle de chef d'orchestre. Voici un petit texte extrait du texte explicatif de Cycloïd – ε sur le site des artistes : Le bras articulé de Cycloïd produit de la musique. Plus ses mouvements sont rapides, plus le spectre sonore s’intensifie, s’enrichit et devient brillant. La musique exprime les humeurs de la machine, par exemple par des rugissements orchestraux. Chaque segment du bras est un instrument qui développe ses propres sonorités selon son activité. Ces sonorités proviennent d’instruments orchestraux, comme le piano, le violoncelle, le violon, la clarinette, et diverses percussions. Elles sont en constante évolution. L’interpolation de leurs spectres entraîne alors toutes sortes de résonances hybrides. Il naît de ces mouvements spatiaux et musicaux une harmonie évolutive, une sorte de topologie sonore qui intègre l’idée de trajectoires de timbres. Vous pouvez lire l'article complet sur leur site ici.

ARS ELECTRONICA 2010 | Cycloid E

Jeune et jolie est un film de François Ozon (8 femmes, Ricky, Potiche, Dans la maison, ... ), actuellement à l'affiche (sorti le 21 Août).  Ce film a beaucoup fait parler de lui car il parle d'un sujet un peu tabou : la prostitution d'une adolescente. La critique a été assez contrastée, certains jugeant le film trop voyeuriste ou carrément pornographique (comme le Nouvel Obs entre autres), d'autres affichant tout le contraire en présentant le film comme étant subtil et intelligent (comme Télérama par exemple).Personnellement, j'ai plus été du second avis tant le film ne donne, à aucun moment, de leçons ni d'explications sur le choix de cette adolescente. Pour esquiver l'argument financier (fait-elle ça pour l'argent ?), Ozon choisit de placer son personnage dans un contexte familial assez riche. Ainsi, le réalisateur écarte toute raison économique aux choix que va faire son adolescente. A mon sens, le film n'aurait rien perdu (sinon gagné en subtilité) à se situer dans un milieu moins bourgeois, mais ce côté tranché permet au moins au réalisateur de se débarrasser rapidement de cet aspect. Et c'est justement en se débarrassant de la moindre explication (nous n'entendrons jamais Isabelle, l'adolescente, s'expliquer sur ce choix) qu'Ozon tire toute la subtilité de son film. Les parents, tout comme le spectateur, ne comprennent pas et ne comprendront jamais. Ils ne peuvent qu'assister, impuissants, aux choix que va faire l'adolescente.De cette manière, le réalisateur évite tout aspect moralisateur ou bien-pensant en ne donnant pas de réponses à ce comportement. Le film va même plus loin en dessinant une autre réalité : ce pré-supposé problème de société (la prostitution adolescente - sujet qui fait de superbes reportages catastrophistes sur TF1) n'en est plus un dès lors que l'on se rend compte que le personnage n'en souffre pas, c'est son choix. Le problème est alors celui de l'acceptation des parents, ainsi que celle du spectateur (ainsi que, implicitement, celle de la société) : sommes-nous prêts à admettre ce fait ? Jeune et Jolie dépeint alors simplement le portrait des fantasmes d'une adolescente, mais aussi, de manière sous-jacente, ceux des hommes. Le tabou et le fantasme se rejoignent donc tout au long du film (qui ne fait preuve d'aucune pudeur) en abordant la notion du plaisir ou plutôt de son absence. Car c'est là que le film tire son parti pris : aucune scène choquante ou provocante, aucune scène montrant clairement qu'Isabelle tire un quelconque plaisir de ces expérimentations. Pour reprendre une des phrases de l'article de Télérama : Se pourrait-il que les expériences d'Isabelle n'aboutissent pas à la grande révélation physique plus ou moins attendue par le spectateur ? Le film se conclut sur une superbe scène où Ozon met côte à côte Isabelle (interprétée par Marine Vacth) et Charlotte Rampling. Le parallèle entre les deux femmes (que 50 années séparent à peu près dans le film) est incroyable tant la beauté et la prestance de Charlotte Rampling éclipsent Marine Vacth. Ici le fantasme de la jeunesse (point de départ du film) finit par s'effondrer et achève le travail d'Ozon : supprimer les idées reçues et les clichés.

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Arts à la pointe>>>Festival estival 1/ Présentation du Festival Exposition du 13 juillet au 23 Août. Entrée libre et gratuite tous les jours (de 10h30>12H20 - 15H>19H). Fermé le mardi. A l'origine l'association Cap Accueil, fondée autour de randonneurs et passionnés de musique s'ouvre aux arts plastiques et concocte un événement artistique complet pour l'été. Avec plus de cinquante bénévoles qui s'agitent, le festival prend de l'ampleur sous une ambiance toujours conviviale. Depuis 2001, le circuit d'art contemporain et patrimoine, Arts à la Pointe expose autour d'un thème (ce geste en 2013), les œuvres d'artistes plasticiens : sculpture, peinture, photographie, vidéo, installation, art graphique. Pour sa 12ème édition, Arts à la Pointe présente 21 artistes dans 11 lieux patrimoniaux (maritime, rural et religieux) de la Pointe du Raz en Cap Sizun.  6 Concerts de Musique (classique/jazz, gratuit pour les moins de 26 ans!) 3 circuits randonnées (présentation nocturne d'expositions, pique-nique...) 21 plasticiens exposés sur 10 lieux 2/ Des médiateurs avisés J'ai découvert ce Festival en étant moi-même médiatrice ; une expérience riche de rencontres, l'occasion aussi d'échanger avec un public varié. Chaque année des étudiants beaux-arts, arts-plastiques, histoire de l'art...peuvent postuler pour être médiateur (avant le 15 mai). Le travail est assez intense pour eux puisqu'ils reçoivent en moyenne 47 000 visiteurs sur l'été mais dans les moments calmes c'est aussi l'occasion de livre un livre, de présenter son propre travail à un public curieux... 3/ L'appel à projet Chaque année, sous un nouveau thème, vous pouvez postuler à l'appel à projet soit pour exposer, soit pour la résidence soutenue par le Lycée des Métiers de la Charpente Navale Jean Moulin à Plouhinec. Précédemment deux artistes ont été sélectionnés pour réaliser une installation ; Teruhisa Suzuki et Marie-Pierre Bufflier.  Bon à savoir l'édition 2014 est déjà en ligne sous la proposition "le dur désir de durer" ; un questionnement pour les nouvelles générations et celles qui cèdent leurs places! 4/ Le cru 2013 Une nouvelle proposition avec le Prix du Public L'ancienne école Saint Antoine à Pouldergat a été réhabilité par l'association des Genoux Vrillés pour accueillir dix pièces de dix artistes aux pratiques diverses. Cette année le public peut exprimer ses choix par un vote et encourager la prochaine exposition personnelle d'un artiste. La Chapelle de la Trinité à Plozévet - Exposer dans cette Chapelle était l'occasion de réagir et d'écouter l'architecture. L'opportunité, pour moi, de réaliser de grands formats. L'idée première est dessinée avec une tablette graphique pour créer un "In-situ factice", puis cousu de longues heures dans le salon et enfin accroché sur place. Vues d'accrochage : La journée Vernissage - L'ouverture des festivités avait lieu ce dimanche 14 juillet de 9h à 19h avec une farandole de discours, découvertes, rencontres, pique-nique, apéros, PPVR (pain-pâté-vin-rouge)... dont voici un compte-rendu en images. Quelques visuels des artistes exposants... Des vues extérieures sous une journée TRÈS ensoleillée Si vous voulez découvrir le Cap Sizun c'est l'occasion! ; je suis curieuse de vos retours et suggestions...

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Voilà ... expérience vécue. Après un billet de Nastasja Duthois présentant le concept de La Dinée, m'y voila invité en tant qu'artiste à l'occasion du Festival OODAAQ. En effet, trois artistes participant au festival ont été convié à partager et échanger leurs travaux liés au festival. Il se trouve que là, cette dinée était un peu particulière. Étant toujours en évolution et en réflexion à chaque nouvelle Dinée, La Collective s'améliore, s'adapte, propose leurs concepts en fonction du lieu, de l'occasion etc...  La question du micro financement, du mécénat participatif et de manière générale la question du financement des artistes est soulevée par La Collective. La Dinée a ici était pensé pour un partenaire : l'Oeil d'Oodaaq, un financement pour l'aide aux défraiement et honoraires des artistes invités. Ainsi l'enjeu qui normalement se veut plus fructueux pour un seul des projets présentés pendant les Dinées était ici collectif. Ce qui pouvait peut être enlever l’aspect un peu "concurrentiel" du vote final pour la sélection du projet qui sera financé. Le principe différait aussi puisque les projets abordés ce 25 Mai 2013 avaient déjà été réalisés : Sculpture, installation, performance. Il s'agissait donc moins de défendre un projet que de le présenter simplement et le plus généreusement possible. Chacun des trois artistes avait alors un petit espace pour présenter documents et archives du projet ou de sa pratique plus largement, afin que les invités puissent se nourrir aussi de visuels ou suppléments informatifs. Les gens pouvaient alors se référer à ces panneaux d'affichage pour un début entre apéritif, prise de connaissance mutuelles et discutions hétéroclites. Suite à cela, la Dinée commence... A table! Chaque artiste se présente succinctement afin d’être identifié au début de chaque changement de plat, ils changent de place à cette même occasion. Les curiosité, les ambiances et échanges varient selon l'entrée ou le dessert comme selon les tablées... des échos aux discussions précédentes avec d'autres artistes, sont ainsi relancées sur le fait d'être jeune plasticien par exemple...  Il est vrai que les premières discutions sont à débrider mais une fois la glace brisée, le fil se suit simplement... Pour le coup, ce fût une expériences positive, offrant l'occasion de parler de la situation parfois critique des artistes, de parler de son travail de manière simple, dans un cadre où les gens se retrouvent pour manger, ce que tout le monde sait faire, enlevant ainsi une certaine mise à distance qui peut parfois être mise par un cadre plus institutionnel. Cela amène aussi la connaissance et la mise en connexion d'autres réseaux, et surtout une expérience inédite. PS : Emmaus, "mécène officiel des artistes"... Ici partenaire pour La Dinée de La Collective, axe central de l'exposition Sans Encombre, présentée par Claire Vergnolle il y a peu de temps, et fournisseur précieux pour moi même (Simon Augade) pour le Festival Oodaaq... C'est assez révélateur d'une situation actuel où les voies parallèles ou alternatives sont de rigueur. Merci Emmaus.

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Voici une BD qui m'a souvent inspiré dans mon travail : Philémon. Cela fait plusieurs mois que je veux écrire un article sur cette œuvre, mais, par malchance, c'est au moment où je trouve un peu de temps pour vous le faire découvrir que son auteur, Fred, décède (il est mort le 2 avril dernier). Philémon est un doux rêveur, vêtu d'un unique pull rayé et d'un pantalon, il déambule souvent une fleur à la bouche et accompagné d'un âne qui lui parle : Anatole. C'est au cours de ses régulières escapades qu'il fait la rencontre de créatures incroyables et fantastiques avec lesquelles il va vivre les aventures les plus farfelues.Son histoire commence véritablement lorsque, un peu par hasard, il va s'échouer sur le "A", une île qui s'avère être une des lettres du nom Océan Atlantique (le deuxième A plus précisément). Il va alors faire la rencontre de Mr Barthélémy, un naufragé qui habite sur cette île depuis 40 ans.Grâce au vieux Félicien, son oncle qui sait comment se rendre sur le A (car on ne peut pas se rendre sur le A deux fois de la même manière), ils part régulièrement pour ce monde parallèle. Malheureusement les manœuvres sont parfois approximatives et il se retrouve dans d'autres lettres peuplées de curieux personnages. Cette BD commence à dater (la première apparition date de 1965), mais n'a rien perdu de son charme : jeux de mots, poésie et fantastique rythment un récit totalement loufoque et psychédélique avec une incroyable richesse. C'est avant tout des jeux sur les mots qui vont créer des situations absurdes qui sont non sans rappeler l'univers de Raymond Devos, ou de Pierre Desproges. Le personnage de Philémon est un voyageur de la poésie qui laisse le lecteur rêver avec lui d'un monde où tout, absolument tout, est possible. L’œuvre complète de Philémon se découvre sur 16 tomes (le dernier en date a été publié cette année) aux éditions Dargaud. Je vous recommande chaudement la lecture de cette œuvre dont un film est actuellement en préparation.

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Aujourd'hui présenté comme un phénomène de masse, une loisir générationnel, un nouveau lobby commercial et industriel ; le jeux vidéo connaît un essor important au point qu'il anime débat et réflexion au sein de notre société.Ainsi je vous invite à une immersion et  à une réflexion en trois parties autour de cet univers mais surtout à concevoir l'impact qu'il peut avoir au sein de l'art et de la culture en général. Une Brève Histoire du jeu Esquisse et prémisse du vidéoludisme C'est dans les années soixante, 1962 pour être précis que né le premier jeu-vidéo reconnut en tant que tel, nommé "Spacewar" dans lequel deux joueurs sont invités à un combat spatial en maniant chacun un vaisseau.  A la base conçu dans l'unique but de montrer les performances du premier mini-ordinateur, le PDP-1. Ce jeu est développé en 200h par seulement trois personnes. "Spacewar" ne sera qu'un balbutiement dans l'univers vidéoludique, une prémisse dont le nom restera seulement historique car le jeu, malgré une parution sur borne d'arcade, tombera vite dans l'oubli. Spacewar sur PDP 1 Il faudra attendre dix années de plus avant que le jeu-vidéo connaisse un premier succès auprès de public et il se nommera "Pong". Sortit en 1972 sur une seule borne d'arcade mise à l'essai dans un bar de Californie le jeux connait un accueil fracassant. Pour l'anecdote dès le lendemain de l'installation de la borne, des client faisaient déjà la queue avant l'ouverture du lieu. En un an la borne d'arcade trouva 10 000 acquéreurs, ainsi naquit le premier éditeur de borne et de console ayant à jamais marqué le jeu-vidéo : "Atari". Devant leur triomphe Atari décide d'envahir les salons des familles et propose une version domestique de son jeu en 1973 mais devra attendre deux ans de plus et une insolite association pour trouver un accès au commerce de vente en détail, puisque c'est par le biais de Sears une enseigne de magasin de sport que Atari pourra vendre son produit au grand public. Les années 70 seront le vrai début du vidéo-ludisme avec une diversification des acteurs du marché, une demande qui se créée au sein d'un public mais aussi la possibilité technologique de créer de l'interaction entre machine et humain.Le jeu-vidéo connaîtra son premier âge d'or, mais les limites techniques des premières machines et le caractère répétitif des jeux lassera le public et il connaîtra son premier krach en 1983. Les économistes et la presse s'empresseront alors d'annoncer la mort de ce dernier. L'industrie se délocalisera en dehors des U.S.A, pour trouver refuge au Japon, où le marché semble prendre de l'importance. Pour l'histoire et la culture, un seul jeu serait à l'origine de ce krach boursier, la légende voudrait en effet que l'adaptation du film E.T de Spielberg aurait précipité la chute des consoles au U.S.A avec un coup de développement trop cher et l'échec commercial qu'il rencontre. Le mythe voudrait qu'Atari ne sachant que faire de tous les invendus aurait acheté un terrain au nouveau Mexique et enseveli de nuits les boites et cartouches pour s'en débarrasser.                 En outre il faudra attendre1985 et la parution de la première console de Nintendo la "Nes" pour parler de jeu-vidéo tel que nous le concevons aujourd'hui. Un médium inscrit dans la culture. L'art s'inscrit forcement dans une culture et l'expression même des jeunes média va chercher à s'inspirer de ce que ses ainés ont pu faire, sûrement pour toucher un public encore non averti sur des thématiques connues de tous. Créer des repères là où il n'en existe pas encore, avant de voir surgir ses mythologies et ses propres figures.Ainsi le jeux vidéo ne fait pas exception et va puiser ses inspirations dans la culture moderne ou classique et comme tout autre média, ces références sont aussi dépendantes du pays où il a été conçu. Des références historiques et artistiques. Si au début du jeux-vidéo les capacités techniques des machines ne permettaient pas l'élaboration d'une trame scénaristique réelle hormis celle présente sur la jaquette, se résumant à une cinquantaine de mots. Il faudra attendre les jeux cartouches et les consoles de salons pour voir se dessiner des histoires au sein du jeux. Si certains peuvent contredire ces propos, en rétorquant que Donkey Kong (1981 sur borne d'arcade) possède déjà une trame scénaristique en introduisant un contexte ( dans ce cas l'enlèvement de la princesse ), où bien qu'il existait déjà sur certains ordinateurs des jeux de rôle présentant des histoires dans lesquelles était suggéré des choix de dialogues ou d'actions par le biais d'un écran entièrement rempli de texte, se rapprochant ainsi des fameux "livres dont vous êtes le Héros", ces derniers m'apparaissent comme étant limité dans leurs quantités et surtout dans leurs usages des média internes qui font un jeux-vidéo tel qu'on le conçoit aujourd'hui ( graphisme, gameplay, musique,scénario,etc).Après l'échec du début 80 les développeurs ont compris que le jeux ne pouvait pas se limiter à son seul côté ludique, le joueur a besoin de savoir que son action fait sens. Ils réalisent dès lors que l'installation d'une trame scénaristique en lien avec un univers graphique permettait d'offrir au joueur une implication émotive. Ils vont donc cueillir dans leur références artistiques classiques et contemporaines les éléments nécessaire à la création de leurs univers. "Castlevania" (1986) amènera le joueur à prendre part à une quête épique. Ce dernier est envoyé dans le château du comte Dracula en pleine Transylvanie afin d'occire le vampire. Le héros va traverser une succession de tableaux tous plus gothiques les uns que les autres, et sur son chemin se dressera contre lui un bestiaire issu des meilleurs contes et légendes du Moyen-âge ( squelettes, dragons, chevalier, etc).  Mais les références peuvent se faire plus fines et servir à la création d'histoires originales. Pour exemple "The legend of Zelda" (1986) va puiser ses inspirations dans des grands symboles partagés de tous. On trouve donc une lutte entre le bien et le mal représentée dans ce cas par la lumière et l'obscurité. Un héros élu par une divinité qui devra sauver une princesse et par la même occasion le monde. La figure de la trinité est aussi omniprésente, en effet le héros devra rassembler trois fragments d'un élément nommé la triforce pour vaincre le mal, mais ce symbole sera réutilisé de manière récurrente au sein même du gameplay (les boss ont tous trois phases, etc).  Le cinéma va venir naturellement s'ajouter comme source d'inspiration au jeu-vidéo, l'évolution des machines rendant de plus en plus évident ce lien de parenté. La science-fiction est alors triomphante durant les années 80 et le jeux-vidéo en pleine essor. Les développeurs commencent à vouloir proposer aux joueurs une expériences proche de celle du cinéma, l'interaction en plus. "Another World" (1991) est un parfait exemple. Le jeu débute sur une cinématique d'introduction digne des meilleurs film de SF, indiquant au joueur dans quel contexte il se trouve. Cette séquence est montée de la même manière qu'aurait été réalisé un film ( plan fixe, gros plan, etc), l'on retrouve également une esthétique propre à ce cinéma de genre. Pour information ce jeux à été réalisé par une seule personne; Eric Chahi (Français). Inépuisable vivier qu'est la culture, ce n'est pas demain que les développeurs cesseront de puiser en son sein pour créer du jeux. Tout récemment d'ailleurs une adaptation de "La divine comédie" oeuvre de Dante Alliegieri a été produite. "Alice au Pays des merveilles" à elle aussi eut le droit de passer d'un univers de papier à celui de pixel. Conclusion. Cette première chronique cherchait à vous introduire dans l'univers vidéoludique en vous présentant les débuts de ce média et sa construction aussi bien d'un point de vue historique qu'artistique. Cette introduction se veux non-exhaustive car le sujet est dense et bien plus riche qu'il n'y paraît. Ainsi je vous invite à poser questions et commentaires où bien à enrichir de références. La prochaine chronique passera en revue les années 90 jusqu'à l'an deux-milles et fera un tour sur la création d'une mythologie propre au jeux vidéo.

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Les Kamishibaïs naquirent dans les années 1930 au Japon. Ils étaient des milliers à parcourir les routes jusqu'en 1960 avant que la télévision n'arrive. Conteurs à vélo, ils se rendaient de village en village équipés d'un castelet en bois appelé butaï dans lequel ils glissaient des aquarelles en papier. On les nommait couramment « oncles kamishibaïs » ou « kamishibayas ». Lorsque l'un d'eux s'installait au coin d'une rue et agitait ses hiyogishis (batons à applaudir), tous les enfants du quartier accouraient. On permettait à ceux qui achetaient des patates douces ou des bonbons en guise de tickets de se placer devant. Une vingtaine d'images se succédaient dans le cadre du butaï accompagnées de la voix du conteur. Tout l'art de ce dernier résidait dans la manière de faire se succéder les plans selon le rythme de l'histoire. Parfois, rester un long moment sur un seul dessin augmentait le suspens tandis que l'émotion pouvait être précipitée par le glissement prompt de la scène suivante. Cette technique fut reprise par Tesuka et Sakamoto lorsqu'ils réalisèrent le célèbre et premier manga télévisuel, Astro le petit robot en 1963. Les deux illustrateurs ne disposant pas des moyens des studios Disneys, jouaient de longs arrêts sur images et réutilisaient des plans limitant ainsi la quantité de dessins à produire. Extrait de Golden Bat deTakeo Nagamatsu (début des années 1930). Aquarelle inspirée de La Grande vague de Kanagawa d'Hokusaï. L'art du Kamishibaï s'inspire de la peinture traditionnelle japonaise et occidentale. Il emprunte à cette dernière le clair obscur auparavant absent de la représentation japonaise. Le cinéma apparu en 1895 fit connaître la culture occidentale en Asie et les artistes de Kamishibaïs s'en nourrirent énormément. Ainsi, de nombreuses aquarelles reproduisent le cadrage cinématographique. Extrait de Mystery Train Dés le milieu des années 1960, le gouvernement s'inquiète de l'influence de cet art populaire sur la jeunesse. Une enquête révèle qu'un quart des écoliers assistent à plus de deux spectacles de Kamishibaïs par jour. Ils sont alors interdits aux abords des écoles et dans de nombreux quartiers. On leur reproche de détourner de l'étude et des bonnes mœurs les enfants et de générer des attroupements dans les rues. On dit aussi que les bonbons aux couleurs vives que vendaient les kamishibaïs étaient mauvais pour la santé des marmots qui se les passaient de mains en mains. Image de propagande appartenant à un récit imprimé sur papier fin en quadrichromie. Après cette interdiction, les contes de Kamishibaï furent plus formatés. Des sociétés appelées kaï produisaient des images de propagande pendant la guerre. La reproduction industrielle sur papier rationné de dessins permis au gouvernement de diffuser en Mandchourie (partie de la Chine occupée) une image positive des soldats japonais. Le Kamishibaï était aussi utilisé comme journal du soir par l'agence de presse Asahi qui innovait en combinant photographies et dessins. D'autres sociétés créèrent des Kamishibaïs éducatifs, parfois religieux. Les Alliés qui occupaient le Japon jusqu'en 1952 mirent en place des bureaux de censure. Les récits de ninjas étaient remplacés par le football, la science fiction et les histoires comiques. Les censeurs veillaient à ce que la catastrophe d'Hiroshima ne soit évoquée sous aucun prétexte. La tradition du récit par l'image est quelque chose de très présent au Japon, peut-être parce que l'imprimerie est arrivée plus tard qu'en Occident. Les mangas japonais conçus pour que le lecteur ne passe pas plus de trois secondes par page en sont un exemple flagrant. Des foules  se réunissent en plein air pour regarder la télévision à ses débuts. C'est donc avec l'arrivée de ce que les spectateurs appelèrent le « kamishibaï électrique » que disparu ce médium fabuleux à la frontière des arts visuels et du théâtre d'objets. En 1953, environ huit cent téléviseurs étaient présents sur les places publiques. Dix ans plus tard, il ne reste peu de conteurs à vélo. pour les derniers qui s’entêtent à parcourir le pays, il est alors bien difficile d'attirer les enfants dans la rue tandis que quatre millions et demi de téléviseurs se sont invités dans les foyers individuels. Bibliographie: Manga Kamishibaï Du théâtre de papier à la Bd Japonnaise, EricP. Nash, Edition de La Martinière, 2009 La Boîte magique : le théâtre d'images ou kamishibaï : histoire, utilisations, perspectives, Strasbourg, Callicéphale, 2007

Un kamishibaya à bicyclette

C’est une très belle écriture que j’ai découverte ici à travers 5 tomes, d’une centaine de pages chacun. Aki Shimazaki qui est l’auteur de cette pentalogie  intitulée Le Poids des secrets qui comprend Tsubaki (qui signifie le camélia), Hamaguri (Palourde japonaise), Tsubame (L’Hirondelle), Wasurenagusa (Le Myosotis) et Hotaru (La Luciole), nous plonge dans le Japon de 1900 à nos jours. Autour de ce qui semble être tout d’abord cinq histoires distinctes, l’auteur tisse l’histoire d’une famille sur plusieurs générations. Elle nous dévoile comment les secrets de famille peuvent influer non seulement la vie de celui qui se tait, mais aussi ses enfants et jusqu’à ses petits-enfants. Sans jugement sur les aventures de ses personnages, elle lève peu à peu le voile sur ce qui pousse parfois à cacher ou à transformer quelque peu la vérité. Et, au fur et à mesure des tomes, les recoupements se font, discrets d’abord, puis de plus en plus évidents, jusqu’à nous révéler le tableau final. Tous les titres d’ouvrages sont symboliques et très beaux : le style de l’auteur est très dépouillé et sobre, aucune fioriture ne vient  alourdir le récit. Et à travers l’histoire de cette famille on pourra se faire une idée du vécu des japonais à travers une guerre, un tremblement de terre, l’invasion de la Corée, les bombes atomiques. Jamais de la plume de l’écrivain nous lirons des mots amers ni violents, malgré des faits parfois durs voir cruels. Beaucoup de dignité et de retenue.J’ai été happée par cette simplicité à décrire la vie qui va, la vie qui bat avec autant de profondeur et de sensibilité en si peu de pages, les secrets en se dévoilant distillent le soulagement mais aussi le doute. En laissant résonner en nous la question de savoir si on connaît véritablement celui ou celle qui, durant toute une vie, a porté ce fardeau, a abrité ce mensonge? Cinq bobines de fils qui se déroulent, s’enroulent, s’emmêlent et se démêlent. J’ai apprécié découvrir un Japon différent de celui qui a subit la propagande occidentale. Un pays digne, parfois trop, qui aime cultiver ses traditions. A travers ces déambulations on y découvre une société qui est un mélange de raffinement et de violence. Plein de sensibilité et de pudeur, le texte reste, malgré le sujet, lumineux et plein de petits bonheurs. J’ai passé de très beaux moments que j’ai trouvé parfois un peu court mais c’est ce qui fait le rythme de ce cycle. Bonne lecture! «Le poids des secrets» de Aki Shimazaki, collection Babel chez Actes Sud, date de parution : 2005-2009 / 6.50€ /volume.

Le poids des secrets / Tome 3 / Tsubame - Crédits photos : lelibrair.com

Dernier film des frères (et sœur) Wachowski (Matrix, V pour Vendetta, Speed Racer) ainsi que de Tom Tykwer (Cours, Lola cours), Cloud Atlas est un film de science-fiction en salles actuellement. Il s'agit aussi d'une adaptation du livre éponyme de David Mitchell sorti en 2004. Étant un fan inconditionnel des Wachowski (notamment pour la manière expérimentale dont ils traitent le cinéma numérique - je pense à Speed Racer) et ayant adoré Cours,  Lola cours (une course poursuite virevoltante en 3 temps avec un milliers d'idées à la seconde), je pensais trouver là une bonne association pour faire un film dans un des genre dont je raffole le plus : la SF. Au lieu de cela, j'ai assisté à une tambouille de référence de films déjà vus (et pas des plus récents), à peine cachées tellement il s'agit d'avantage de copie que de citation. Le scénario n'a rien de différent du film d'Aronowski, The Fountain, puisqu'il propose une vision à 6 époques différentes de la même histoire (pour rappel, The Fountain, proposait seulement 3 époques distinctes pour parler de l'amour éternel entre un homme et une femme - oui, le sujet est pompeux, mais le film avait le mérite d'être bien réalisé, ce qui le sauvait un peu visuellement).Ici on a doublé les époques, histoire de radoter encore plus et de faire s'éterniser le film sur 3 heures (sisi, 172 minutes il faut s'accrocher). D'ailleurs, même la musique de Cloud Atlas (pourtant présentée dans le film comme le chef d’œuvre d'un des personnages) n'arrive pas à la cheville de la magnifique bande originale de The Fountain composée par Clint Mansell. Le gentil, tout droit sorti d'un mangaBouh, il est laid, c'est un méchant ! Pour ce qui est de chaque époque, ce n'est sûrement pas là que je trouverai la moindre originalité. Un montage essaye de les mélanger afin de nous tenir en haleine durant ces 172 minutes (j'insiste, mais purée, c'est vraiment long). Je ne m'éterniserai pas sur les 4 premières époques : une nous présente un homme sur un navire négrier qui va changer d'avis sur l'esclavage parce que le bon noir lui sauve la vie (vous avez dit cliché ?), une autre tente de nous faire suivre la carrière d'un compositeur qui délivre l’œuvre de sa vie avant de se suicider (sur font pseudo-romantique style feuilleton FR3), le troisième propose une affaire de démantèlement de conspiration (avec pour thème "le nucléaire c'est mieux que le pétrole, c'est l'avenir" - il doivent bien se marrer à Fukushima) et le dernier raconte l'histoire de petits vieux qui se font la belle de leur asile (à la limite on peut rire, mais à condition de ne pas s'être endormi, car -je ne suis pas sûr d'en avoir parlé mais- le film dure 3h). La 5ème époque se passe en 2100 (et quelques) et n'est ni plus ni moins qu'une flagrante copie scénaristique de l'excellent Soleil Vert (qui date de 1973 tout de même - je le recommande au passage)  ainsi que Blade Runner (1982) pour les décors (mais là c'est faire beaucoup trop d'honneur à Cloud Atlas car franchement les décors de la ville en 3d sont simplement hideux - on dirait une espèce de rendu d'un vieux jeu vidéo, guère mieux ). Le design des personnages est quand à lui copié sur Equilibrium (2002 - qui doit être copié d'un autre film -plus ancien- car c'est trop récent, je suis surpris de voir une référence si jeune). Bref, rien de nouveau à l'horizon, voire même pire : on tombe dans le cliché de la ville futuriste toute bleue avec des voitures volantes qui font "FUUUUUU" car c'est trop cool le futur. 31 ans d'écart et aucune différence La dernière époque est quand à elle une copie (in)parfaite d'Absolom 2022 (un film de science fiction de 1994 qui se passe sur une île-prison infestée de cannibales) sur fond post-apocalyptique à la Planète des singes (là encore c'est récent : 1968). Le jeu des 7 erreurs... Autant de références dont Cloud Atlas n'arrive jamais à atteindre la cheville, tant il se vautre dans les clichés (l'étoile filante dans le ciel, dernière image du film, enterre définitivement à la hache tout espoir d'originalité) et dans le bien pensant (les gentils sont toujours gentils à travers les époques, idem pour les méchants, destinés à être vilains jusqu'à la fin des temps). Même les références choisies (malgré leur grande qualité pour certains films) ne sont plus toutes jeunes et dessinent au final un motif vieillot et poussiéreux. Au final, voilà un film qui n'a rien à dire et qui tente de se sauver en faisant de la citation à tout va. Non, je suis déçu, surtout après les films qu'ont fait les 3 réalisateurs(trices) auparavant, c'est réellement incroyable d'assister à si peu d'inventivité, d'originalité. Il n'y a aucune recherche cinématographique (mince après Speed Racer comment peut-on faire ça ?) ni scénaristique. Et au fait, j'ai déjà dit que c'était long 172 minutes ?

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Jeudi dernier (le 14 mars 2013) se produisait au Grand Théâtre de Lorient la pièce Enfant de Boris Charmatz. Le chorégraphe nous propose une pièce créée en 2011 dans laquelle vient évoluer une dizaine de danseurs accompagnés d'autant d'enfants de 6 à 12 ans. J'ai été réellement ébloui par cette pièce qui nous montre un ensemble chorégraphique à la fois poétique et violent. La scène s'ouvre sur une chorégraphie mécanique (deux danseurs endormis dansent grâce au mouvement de balancier d'une grue), passant tantôt de scènes dures, où les enfants inanimés (endormis, morts) sont traînés par les adultes et secoués dans tous les sens pour les faire danser, à des scènes de pure émotion où les enfants chantent en chœur tout en se réveillant. La pièce de Charmatz nous délivre ainsi un portrait de l'enfant sans pudeur, tabous ni clichés. Les problématiques de notre société n'y sont pas cachés (enfants morts ou violentés) voire même pointés du doigt (un passage de Michaël Jackson, aussi dansant soit-il, fait immédiatement référence à des thèmes plus graves), tout en conservant l'innocence de l'enfant, puisque l'ensemble de la scène n'est après tout un vaste terrain de jeu. Boris Charmatz arrive avec brio à osciller sans arrêt entre des moments chocs et des moments de pure émotion. Là aussi, la performance est remarquable : lorsqu'un danseur se saisit d'un enfant pour le faire danser, même de manière brutale, on se rend compte de la précision et de la relation incroyable entre les deux acteurs. Le metteur en scène nous racontait d'ailleurs que les enfants vivaient cela comme un jeu, avec une folle envie d'être pendu par les pieds, de tourner dans tous les sens, comme dans une cour de récréation.

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Le cirque émerge en Europe au XVIIIème siècle initié par l'officier de cavalerie Astley. Comme son étymologie l'indique, c'est d'abord une zone circulaire dédiée aux arts de la piste : des acrobates réalisaient de périlleux numéros juchés sur leurs chevaux. Puis, le spectacle de cirque s'est enrichi d'autres pratiques jusqu'à devenir selon la définition de J. M. Guy « l'art de composer un spectacle à l'aide des arts du cirque et d'autres arts (théâtre, musique, danse, arts plastiques...) et savoirs-faires variés »1, en quelque sorte un art total. Outre cet aspect, le cirque fait preuve d'une grande originalité dans le mode d'écriture des spectacles car il s'agit du collage de formes courtes (les numéros). Ce sont traditionnellement les clowns ou le célèbre Mr Loyal qui opéraient les transitions au cours desquelles les agrès et décors étaient changés. Les jeux Athéniens, en tant que démonstrations de force en arène comprenant parfois des animaux ont également nourris les formes du cirque. Or depuis les années 1970, le cirque dit « Nouveau » évolue en s'orientant vers une réflexion esthétique et de contenu. Les spectacles d'animaux disparaissent alors et la technicité, le risque devient secondaire. Le cirque obtient récemment ses lettres de noblesses avec l'ouverture du CNAC (Centre National des Arts du Cirque) à Chalons en Champagne en 1970. En 1995, Josef Nadj met en scène Le Cri du Caméléon pour la 7ème promotion de l'école. Cet artiste plasticien et metteur en scène trouve dans le cirque la possibilité de réaliser des « tableaux vivants » En effet, débarrassé des modèles narratifs du théâtre classique, le cirque (dépourvu de personnages) montre des êtres non comme des identités mais plutôt comme des formes, des corps qui se meuvent. Ce sont des itinéraires parcourus au sol ou dans les airs, des rythmes et des mouvements qui reviennent parfois comme des motifs au cours du spectacle. Enfin et après cette mise en appétit, je vous conseille « Notes on the Circus » d'Ivan Mosjoukine en tournée en ce moment qui questionne justement avec poésie les règles du genre. Vous pouvez notamment les voir au 104 en novembre si vous les avez raté l'an dernier à Lorient et cette année à Quimper. 1-Les Arts du cirque en l'an 2000, Paris, Chronique de l'AFAA, n°28

Notes on the circus

Pour ceux qui connaissent et ceux qui ne connaissent pas. Hi fructose est un magazine américain d'art contemporain (un petit rappel à la manière de Frédéric magazine). Articles et photographies de différents artistes actuels, qui permettent de rester informer. il s'agit d'une revue d'art éditée par Annie Owens et Attaboy depuis 2005, qui focalise sur le pop-surréalisme que l'on appelle parfois "lowbrow" (le bizarre, humour, macabre et onirique).  Petits hics: c'est en anglais (désolé pour les non-anglophones) et il s'agit pour la plupart des artistes et des oeuvres, que d'illustrations et de sculptures. Vous me direz: mais ou peux tu trouver ce magazine? je rassure les amoureux du papier, il est possible de trouver ce magazine dans quelques librairies ou de l'acheter via le site internet. Site internet? a t-il dit? et oui pas besoin du magazine quand on peut visionner un site et y découvrir des dizaines d'artistes dont voici le lien:  http://hifructose.com/ Plusieurs articles et artistes à découvrir par jour. Une adhésion facebook, pour les non-réfractaire quoi de mieux.  Annie owens:   Ses illustrations sont principalement réalisées à l’aquarelle et à l’encre et représentent des jeunes filles aux visages maussades ou renfrognés ainsi que divers portraits surréalistes de personnages étonnants. Attaboy: est un illustrateur et toy designer.

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Une démarche anti-spectaculaire, où se déploie une poétique de la lenteur et une politique du regard. Jennifer Douzenel est une jeune artiste sortie des Beaux-Arts 2009, elle développe un travail vidéo singulier, loin des codes et autres références cinématographiques. Elle utilise une grammaire filmique simple et constante : un plan-séquence fixe, cadré sur un bout de réel. Pas de mise en scène, de distorsion du temps ou de remaniement de l'image, son travail réside tout d'abord dans le choix de ce sur quoi elle va poser son cadre. De la longueur totale du plan saisie par la caméra elle ne conserve que quelques minutes, les plus denses. Elle filme de menus évènements: dans Cabanon une vidéo de 2011 qui dure 4'55'', on voit le sommet d'une colline derrière lequel des parapentes se déplacent silencieusement, dans Soleil une vidéo de 2013 qui dure 7'07'', l'image nous montre le virage d'une route de campagne, la nuit, dont les éclairages s'allument et s'éteignes périodiquement. Les séquences sont diffusées en boucle.Les images que produit Jennifer Douzenel pourraient tout autant être figées, l'action qui s'y joue est ténue et le mouvement de l'image n'est pas déterminant pour l'intelligibilité de ce qui est en train de se passer, mais ce n'est justement pas par là que se saisit ce travail. L'artiste nous donne à voir et à vivre de la temporalité, ce qu'elle nous met sous les yeux c'est du temps qui passe. Les vidéos tendent vers une douce contemplation, le spectateur qui s'y laisse entraîner se retrouve dans un temps suspendu, où le regard se nourrit de choses simples. Une exposition lui est actuellement consacrée à la Bf15  à Lyon*, elle est intitulée: Les journées lentes, pour ceux qui seront peut-être de passage dans la région elle se termine le 30 mars 2013, pour les autres il y a le site de la galerie dont voici le lien : http://labf15.org/ et le site de l'artiste où il est possible de visionner certaines des vidéos : http://www.jennifer-douzenel.com/Il y a également une pièce visible dans l'exposition collective How high the moon à la galerie Jérôme Poggi à Paris dans le 10ème, jusqu'au 9 mars 2013, voici le lien du site du lieu: http://www.galeriepoggi.com/ Les journées lentes : petit commentaire sur l'expo et gros bémols;Dans la première salle où sont présentées cinq des sept vidéos de l'exposition, les vidéos sont diffusées sur de petits écrans fixés aux murs et installés dans des sortes de petites boîtes à l'intérieur desquelles on regarde. Les vidéos sont ainsi isolées de ce qui se passe autour. Au premier regard le dispositif est plutôt séduisant, l'intention semble cohérente. Sauf qu'en pratique cette mise en espace se révèle tout à fait contre-productive. En effet, les vidéos sont accrochées à environ 1m50 du sol, ce qui est parfait pour une personne 1m65, en revanche pour les autres ce n'est pas gérable : regarder une image où, comme je l'ai décrit plus haut, il ne se passe par grand-chose et se laisser aller à la contemplation plié en deux, c'est difficile et ça fait mal au dos. Au final ne pouvant rester dans cette position inconfortable, on se retrouve à survoler les vidéos et donc à ne pas pouvoir les éprouver comme il faudrait. Il nous reste tout de même les deux autres vidéos, dont l'une est diffusée sur un écran de télé et l'autre en vidéoprojection et que nous pouvons contempler confortablement assis, mais là dispositif est moins surprenant. *La Bf15 est une galerie qui défend dans l'ensemble des travaux sensibles et subtils. Je vous la recommande vivement si vous êtes de passage et je vous invite à consulter son site internet sur lequel il y a des images et des textes des expositions passées et présentes, c'est claire et bien documenté.

Cabanon 2011

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Bonjour à toutes et à tous. Je suis allé voir, par le plus grand des hasards, le film Renoir, au cinéma récemment. Ce film est, d'après moi, un échec.  Je m'explique. Pour commencer, je vais parler de l'image, car, en droit d'attendre un film haut en couleur faisant référence aux peintures du maître, il ne se passe rien. Il n'y a aucune recherche, graphique ou stylistique qu'il soit. Les couleurs sont fades, peu travaillées et insipides. Alors qu'il y aurait un parti à prendre sur ce point de vue, concernant un biopic (qui finalement n'en n'est pas un), qui aurait pu être intéressant voire ludique et même éducatif, on se retrouve à regarder une suite d'images plus mal construites les unes que les autres, où parfois le réalisateur s'essaie à faire quelques élucubrations et tentatives pseudos inspirées par l'œuvre du peintre, mais elles tombent directement dans l'oubli par un montage décevant et trivial. Ces tentatives expérimentales ne mènent nul-part et en deviennent risibles. Justement, le montage, qu'on pourrait volontiers qualifier de léger, "telle la touche du peintre", dénote au maximum une fainéantise accrue insultant, à la limite, les possibilités techniques et visuelles du 7ème art et de son analogie à la peinture. On débute le film par un suivi caméra du personnage principal féminin où le flou s'installe avec une certaine justesse de référence au sujet, mais il est vite mis en marge dès la séquence suivante et finalement totalement oublié.  Parlons un peu des personnages, mais surtout des acteurs. Pitié, une ribambelle de fausses notes du début à la fin. Les acteurs ne sont tout simplement pas crédibles (excepté Michel Bouquet qui, il faut le dire, maîtrise très bien son personnage (Renoir père) ainsi que Thomas Doret (Coco Renoir, "le petit dernier") la révélation du film), ils semblent être à peine les esquisses de ce qu'ils aurait du être. Ils sont pâles à la manière d'un sitcom avec une mention spéciale pour Christa Theret qui, dirait-on, est tout droit sortie d'un fantasme adolescent romanesque nous interprétant (qu'à moitié) l'émancipation de la femme en quête de liberté, mais ici sans ferveur ni volonté. Une de celle qui croit tout savoir, mais sans grande(s) conviction(s). C'est une mauvaise caricature de Louise Michelle ou de Simone de Beauvoir qui auraient été réactualisées au travers du corps et de l'esprit d'une ado blasée ayant trouvé le vérité absolu sur la vie. Mais finalement, à travers ses personnages le réalisateur Gilles Bourdos nous exprime très bien son regard sur le film : tout sur la forme mais rien dans le fond. Tout semble creux et les personnages ne viennent en aucun cas combler ce vide et cet ennui. Une petite preuve assez anecdotique et finalement très amusante, ce sont les "grandes phrases" de du Maître Renoir, tellement censées et intéressantes mais ici placées de manière à combler un manque d'approfondissement et un vide morbide. Ces citations (audibles dans la bande-annonce) ont été placées comme si le scénariste c'était dit : "tiens, il faudrait que je mette des citations qui feront mouche et qui résumeront en deux mots la peinture de Renoir". Mais non, ça ne marche pas, c'est de l'imposture et une manière de prendre le spectateur pour un d'inculte (ce qu'est ce film) et un idiot. "Une petite citation du peintre et hop je m'attire les liesses du public". Voilà ce qu'est ce film, la vulgarisation d'un contexte, d'un art et de personnages ; un résumé plus que douteux et faussement inspiré, comme les mauvais poètes du XIXème siècle croyant écrire, inspirés par une muse (inexistante), en quelques secondes, la meilleure poésie jamais connue.  Mais au travers de cette diatribe, il y a tout même des points positifs. Oui je sais, ça surprend. La légèreté tant recherchée (jamais trouvée, sauf) est parfois présente, trop inégalement, dans la fraîcheur des décors provençaux qui nous enferment de temps en temps dans un bien être visuel. On s'imagine dans la chaleur d'un été dans les quelques secondes où les personnages ne font pas intrusion dans les plans de nature. Le huis-clos, tout de même très aéré nous fait parvenir assez justement l'aspect familial positif et chaleureux que, je dois avouer, la réalisateur à su, parfois, bien saisir et transmettre.  Malheureusement dans ce diaporama de photos de familles et de cartes postales de la Côte D’azur, l'ambiance sonore manquant, l'immersion peine à venir et nous quitte définitivement par les échecs précédemment cités. 

Affiche Renoir

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La chapelle de Bethléem est située à Saint-Jean-de-Boiseau près de Nantes. Il s'agit d'une chapelle du culte catholique romain venant d'être restaurée. Vous me direz mais qu'a t'elle de si extraordinaire? Et bien le restaurateur a fait appel à un sculpteur, Louis Boistel, pour restaurer les chimères manquantes. Seul petit hic, il n'y avait plus de représentations permettant de recréer fidèlement celles détruites par le temps. Le sculpteur s'est donc librement inspiré de bonnes vieilles icônes du cinéma japonais et américain. Néanmoins, l'esprit de celle-ci demeurait : réunir en un même lieu des figures d'origines culturelles différentes, en l'honneur de la coexistence de ces cultures.  Comme vous le montrent les images, la méchanceté de l’être humain se voit représentée par un gremlins, son opposé par Gismo, Goldorak pour l'image du chevalier ou bien encore alien. Je trouvais cette information à la fois très drôle et assez déroutante. Il est assez surprenant qu'une commune accepte cette originalité, encore plus lorsqu'il s'agit d'un lieu de culte. Voilà donc un exemple de choc entre les monuments du passé et la modernité. L'idée d'utiliser des représentations contemporaines de gargouilles pour orner les pinacles de monuments religieux se retrouve par ailleurs, toutefois.  La Cathédrale Nationale de Washington, par exemple, contient sur son flanc ouest certaines gargouilles à l'aspect curieux : l'une représente un politicien corrompu, dont les poches pleines laissent voir des billets de banque dépasser. On peut également y voir un jeune business-man pressé avec son attaché-case. Une autre représente la mythologie de Star Wars sous les traits de Dark Vador, sculptée par Jay Hall Carpenter, un artiste sculpteur également visionnaire et iconoclaste. La question est, comme nous aujourd'hui qui regardons ces sculptures d’apôtres comme de vieilles pierres d'un temps et d'une religion plus ou moins révolu ou du moins, moins importante, quel sera alors le regard porté à ces nouvelles icônes dans 100 ans?source: http://golem13.fr/chapelle-de-bethleem-gremlins/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=chapelle-de-bethleem-gremlins

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Les arts numériques exercent pour certains une réelle fascination ; à ressentir la jouissance dans la maîtrise des outils, la surenchère des techniques employées...pour d'autres l'effet gadget est un effet papillon sans fond. Mais qu'est-ce que le numérique aujourd'hui? Quel statut doit-on lui accorder? L'art ne deviendrait-il pas, dès lors, le complice objectif du désenchantement et de la déshumanisation qu'engendrent certaines de ces technologies? Si vous avez des références, sites, festivals ou points de vue à faire partager n'hésitez pas à nous les communiquer ! Nous vous avions parlé d'une formation en Mapping et Vjing  ; voici un résumé pour tous ceux qui n’ont pas pu s’y inscrire et une découverte adressée à tous les curieux. Je tiens à remercier l’équipe de l’ADDAV, l’Estran et l’Echonova pour l'accueil et la gestion de cette formation ainsi que Sébastien Thomas, notre formateur.  Quelques artistes à découvrir : Joanie Lemercier (collectif AntiVJ / FR) Aleksandra Dulic & Kennteh Newby (CA) Danny Perreault (CA) Pascal Dufaux (FR/CA) avec sa célèbre installation de Pissenlit interactive. Fred Penelle & Legoman (ne pas rater leur installation "les Mécaniques discursives") Frederik de Wilde (BE)  Daniel Canogar (ES)  Le Vjing et le Mapping autrement : Des festivals Mapping festival, Scopitone Festival... Des sites et des blogs Webmag le Collagiste, forum de VJ's Francophone... Avec de la musique live Etienne de Crécy, Amon Tobin, le collectif Vibromachine A travers les jeux-vidéos Le projet IllumiRoom, un jeu vidéo en sculpture. Autres usages En danse (Klaus Obermaier), scénographie (Beam'Art), clip musical (Sweater de Willow), architecture à Abu Dhabi, publicité (Samsung,voiture Audi) ... Point technique avec les logiciels : De récents logiciels ont rendu l’accès plus aisé à ces techniques.  Voici une liste non exhaustive de ce qui se fait de mieux en matière de logiciel VJ. Modul8 (Mac), 299€, support syphon. Permet de mixer en direct des vidéos (colorimétries, rythme, déformations...) Les versions démo permettent une première approche mais le logo (de protection) qui vient se balader en continu sur le fond (surtout avec MadMapper) a de quoi vous faire détester le logiciel. MadMapper (Mac), 299€ , support syphon. C’est le logiciel qui va vous permettre de diriger avec précision le flux lumineux, il vous permettra de créer «les caches» et les zones visibles de vos vidéos grâce à un tracé point par point. Une grande révolution pour tous ceux qui bidouillaient avec After Effects et du scotch noir! Arkaos Grand Vj (Mac/PC), 279€, support syphon. Cell DNA (Mac/PC), 115€, support syphon. CoGE (Mac), 99€, support syphon. Millumin (Mac), 599€, support syphon Resolume Avenue/Arena (Mac/PC), 299€/699€, support syphon. TexMachine 3D (PC), 99€. Touch Viz ou VJay (IOS/tablette), 9,99€. VDMX (Mac), 223€, support syphon. VVVV (PC), free ou 500€.  Bazik, application qui génère des effets visuels ( logiciel en béta gratuite : à essayer ! ) Au niveau des vidéo-projecteurs (outil indispensable) voici les grandes lignes à prendre en compte : -les vidéo-projecteurs DLP (digital light processing) = les noirs sont plus profonds, on note une absence totale de rémanence. La lumière est plus intense (donc utile pour les usages diurnes) mais la lampe chauffant fortement sa durée de vie est de l'ordre des 3 ans/ 3000 heures (compter entre 200€/600€ au moins pour la changer), ce qui représente parfois le prix d'un vidéo-projecteur pour une entrée de gamme. -les vidéo-projecteurs à led (LCD) = images plus grandes à recul égal, pas d'effet "arc-en-ciel". Les leds s'usant moins vite ; elles offrent une durée de vie plus longue pour le vidéo-projecteur au détriment d'une luminosité amoindrie. -les vidéo-projecteurs grands angles = très utiles pour les petites scènes, lorsque le recul n'est pas suffisant. A savoir si le taux de contraste est élevé la projection de blancs sera plus intense.

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