L'association Multi-Prises L'Association Accéder à la page

Archives du mois de janvier 2014

Tous les billets publiés ce mois ci

L'association IDD invite l'exposition du Butaï 2.013 dans le centre ville de Lorient à l'occasion des Noëls Enchanteurs. Pour la première fois, l'installation a lieu dans une grande ville... Le 26 décembre, à l'occasion des Noëls Enchanteurs à eu lieu l'exposition de la performance Butai 2.013. La petite toile du vélo-télévision-musée s'est déployée sur la Place PaulBert entre les librairies l'Imaginaire, Chapitre et le Café du Port. Sous la pluie et en plein hiver, elle a accueillit de nouveaux spectateurs doublements protégés par la yourte de l'association "Babel Gum". La sculpture mobile, ses tableaux changeant toutes les 24 min et l'accrochage photographique donnant à voir les étapes du parcours dans 12 villages en Bretagne trouvèrent un environnement idéal lors de cette manifestation populaire et conviviale. Ayant accueillit durant une quinzaine de jours des évènements différents (spectacles vivants, marché de créateurs, expositions...), la yourte a offert un espace réel à la partie jusqu'alors virtuelle du projet Butaï 2.013 (visible dans la partie projet de l'association Multi-Prises). La toile marron du Butaï 2.013, taillée dans une ancienne tente canadienne s'accordait bien avec la structure en tissu de la yourte elle-même. Le badaud qui passait par là apercevait par la porte de l'habitat traditionnel Mongol le cadre lumineux d'un téléviseur étrangement fixe. A 15h30, les conteurs de l'association lorientaise "Il était une fois" sont venus conter leurs histoires aux enfants près de l'installation, renouant avec la tradition des Kamishibaïs japonais qui a inspiré cette pièce. L'après-midi d'exposition s'est clôturée par le concert des JungleRag (collectif Tomahawk), un duo d'artistes descendus d'Huelgoat (l'un des villages étapes les plus lointains appartenant à l’itinéraire du Butaï 2.013) pour nous faire partager leur musique folk-blues.  

Sample__L_.JPG

Quoi de plus efficace que la simplicité? Quoi de plus difficile, aussi? La création d'un logotype en est un très bon exemple ; savoir exprimer de manière condensée, lisible et originale une marque, un produit, une entreprise...tel est le challenge du graphiste, tel est également sa difficulté lorsqu'il doit justifier ses heures de création... Il est possible d'apporter à l'impact visuel une notion supplémentaire ; le toucher. Meilleur sera l'impact de communication si le maximum de sens est concerné par le message (tout comme un son peut influencer le sens d'une image). La texture d'une impression a donc un effet notoire ; on peut jouer des papiers disponibles, des impressions spéciales, des creux, reliefs... L'impression typographique ("letterpress" en anglais) est une technique artisanale qui met en avant une approche plus tactile de l'imprimé. Elle opte pour la qualité plutôt que la quantité. Philippe Gully, l'un des deux fondateur de l'imprimerie Badcass, raconte l'histoire de cette technique de ses débuts épiques, son oubli et son retour "très chic". (article à lire sur "la carrière en dents de fille" de la letterpress). Badcass ou le retour aux sens Leur atelier est situé au centre ville de Quimperlé (Bretagne) et leurs réalisations s'étendent à l'internationale. La vocation de Badcass est de faire redécouvrir l'impression typographique en France. Tous les documents qui souhaitent se distinguer ; cartes de visite, invitations, faire-part, book d'artistes... Un couple est à l'origine du projet : Jessica Hosgood, graphiste et webdesigner et Philippe Gully, sound designer indépendant (à qui l'on doit l'ancien portail Praktica.net, portail incontournable de ressources webdesign français, le BD4D Paris, présentation publique des travaux de designers...) La composition graphique est replacée au cœur de la création. Une faiblesse qui devient sa force avec des tons directs de la gamme Pantone et laisse peu de place à la photographie (quadrichomie). Aujourd'hui les clichés polymères remplacent le plomb et permettent d'imprimer une couleur à la fois (d'où la contrainte de tirages limités à 2/3 couleurs). La gamme des papiers utilisés est très large ; ceux fait main peuvent aussi convenir. Divers procédés d'impressions sont accessibles ; le débossage (creux), gaufrage (relief), marquage à chaud (film métallisé), l'impression d'une couleur pantone, une couleur sur la tranche des documents, le "split foutain" (dégradé de couleur sur toute l'image), découpes spécifiques... Réalisations en images Les réalisations sont déjà nombreuses, je vous conseille d'aller visiter leur site et d'échanger avec eux pour vos nouvelles créations... © Crédit photo 1 : Ouest France.© Crédit montage photos : imprimerie Badcass.

badcass.jpg

C'est au mois de décembre qu'est ressorti en édition restaurée La Porte du Paradis (Heaven's gate) de Michael Cimino. Chef d’œuvre incontestable du cinéma, il raconte, d'après des faits réels (voir la guerre du compté de Johnson), comment, en 1890, un lobby d'éleveurs (extrêmement puissant sur le plan politique) fait adopter par le sénat une liste de 125 noms de personnes à abattre. Ces condamnés, tous immigrants et extrêmement pauvres, étaient accusés, sans procès, de vol de bétail. Cette re-sortie en DVD sonne un peu comme une résurrection inespérée car il s'agit d'un des 10 plus gros échecs commerciaux de l'histoire du cinéma (avec une perte sèche de 107 millions de dollars, inflation prise en compte). Le film entraînera même la United Artists (fondée par Charlie Chaplin) dans sa chute, puisque le studio mis immédiatement la clé sous la porte.   L'échec inévitable d'un film sorti au mauvais moment. Le film se dote d'un budget colossal : 40 millions de $ de l'époque (environ 120 millions d'aujourd'hui). Une ville est construite spécialement pour les besoins de reconstitution et le tournage dure 7 mois. Cimino fait appel à beaucoup de grands acteurs (Kris Kristofferson, Christopher Walken, Jeff Bridges) et de premiers-rôles qui s’avéreront être des grands noms plus tard (Mickey Rourke, Isabelle Huppert). La porte du paradis sort en 1980 aux Etats Unis (1 an avant l'élection de Reagan - la droite dure) et propose une vision assez gauchisante (en ré-ouvrant la plaie d'un génocide américain orchestré par la bourgeoisie contre les plus démunis). A sa sortie les critiques sont assassines : le thème passe mal, il met à nu un traumatisme plus profond que le génocide indien : le “fratricide originel”, le massacre des pauvres par les riches. Le film est retiré au bout d'une semaine et Cimino du remonter le film pour essayer de proposer une version moins radicale (la seconde, sortie 6 mois plus tard, fut aussi un fiasco). Un format mal adapté Cimino aurait récolté plus de 200h de rushes sur le tournage, et proposa une première version de 5 heures, qui sera immédiatement refusée. Au final c'est une version de 3h40, puis 4h20 qui sortira au cinéma. La version restaurée de 2012 dure 3h36. S'il était sorti aujourd'hui, La porte du paradis aurait pu faire l'objet d'une série TV, mais, à l'époque, ce concept n'en était encore qu'au fonctionnement d'épisodes autonomes (il faut attendre l'age d'or des séries dans les années 1990 pour commencer à voir des histoires s'étalant sur une saison et non un unique épisode).On ne sortait pas non plus de films en plusieurs parties (comme cela semble devenir la norme avec des films-arnaque* comme, allez au hasard, le Hobbit).Du coup le format de La porte du paradis a rebuté beaucoup de gens, qui ne se sentaient pas être capable de s’enchaîner 4h de film. Un chef d'oeuvre incontournable C'est un film assez long en apparence (3h30) mais qui défile à toute vitesse tant l'histoire est prenante. Le spectateur est emporté dans un tourbillon de folie entre les scènes de danse hallucinées qui ouvrent le début du film et qui préparent le long final sanglant qui se jouera de la même manière. On a aussi plaisir à voir certains acteurs peu ou pas connus à l'époque et qui sont aujourd'hui devenus des grands noms (et Isabelle Huppert qui parle anglais avec un accent français à tirer au couteau). Une restauration réussie La nouvelle version, sortie en 2012, a été entièrement remontée sous la direction de Michael Cimino. Elle a fait l'office d'une numérisation haute définition ce qui a permis au réalisateur d'en profiter pour retravailler le film (couleur, grain, etc) avec les outils d'aujourd'hui permettant ainsi de s'approcher d'avantage de ses souhaits de l'époque. Voici un visuel de la très belle édition prestige contenant livres, photos, bande-originale, scripts et autres : Notes et liens : * Le principe d'étirer un scénario somme toute assez basique sur plusieurs films, obligeant le spectateur à payer 3 fois sa place, m'a toujours paru être une véritable arnaque. Payer 33€ (3x 11€ en 3D) pour voir un film au cinéma est juste inadmissible. Une longue critique du film : http://www.dvdclassik.com/critique/la-porte-du-paradis-cimino Une interview d'Isabelle Huppert à propos du film : http://www.lexpress.fr/culture/cinema/isabelle-huppert-pour-le-film-la-porte-du-paradis-rien-ne-pouvait-nous-arreter_1225600.html

La porte du paradis