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Archives du mois de mars 2013

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Musique et danses en Finistère et l'ADDAV 56 organisent un Master-Class mapping avec l'un des maîtres du vidéo-mapping ; Joanie Lemercier. Il est membre fondateur du label visuel AntiVJ , son travail se concentre sur l'utilisation de la lumière projetée et son influence sur la perception humaine. Après quelques années d'une intense pratique, animant les longues nuits de Bristol, Joanie Lemercier s'éloigne peu à peu de cette discipline pour se tourner vers la scénographie, les installations numériques et la projection architecturale. Depuis il expérimente les projections sur des papiers pliés, des toiles transparentes, des immeubles en béton, toute forme et matière possible s'éloignant de la traditionnelle toile rectangulaire. La rencontre aura lieu ce dimanche 10 mars à 17H30! Entrée libre (durée : 1H15) Quels sont les aspects artistiques et techniques, les avantages et les inconvénients de travailler avec la projection lumineuse? Pour illustrer son propos, Joanie Lemercier présentera certaines créations réalisées avec le label AntiVJ. Les stagiaires participants à ce week-end de formation présenteront aussi leurs créations. Pour plus d'information sur cette technique : article consacré au mapping. Pour mettre en appétit : quelques vidéos d'AntiVJ à découvrir. Augmented Reality - Projection Mapping from Dane Luttik on Vimeo. EYJAFJALLAJÖKULL from ANTIVJ is a visual label on Vimeo. O (Omicron) from Romain Tardy on Vimeo.

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Une démarche anti-spectaculaire, où se déploie une poétique de la lenteur et une politique du regard. Jennifer Douzenel est une jeune artiste sortie des Beaux-Arts 2009, elle développe un travail vidéo singulier, loin des codes et autres références cinématographiques. Elle utilise une grammaire filmique simple et constante : un plan-séquence fixe, cadré sur un bout de réel. Pas de mise en scène, de distorsion du temps ou de remaniement de l'image, son travail réside tout d'abord dans le choix de ce sur quoi elle va poser son cadre. De la longueur totale du plan saisie par la caméra elle ne conserve que quelques minutes, les plus denses. Elle filme de menus évènements: dans Cabanon une vidéo de 2011 qui dure 4'55'', on voit le sommet d'une colline derrière lequel des parapentes se déplacent silencieusement, dans Soleil une vidéo de 2013 qui dure 7'07'', l'image nous montre le virage d'une route de campagne, la nuit, dont les éclairages s'allument et s'éteignes périodiquement. Les séquences sont diffusées en boucle.Les images que produit Jennifer Douzenel pourraient tout autant être figées, l'action qui s'y joue est ténue et le mouvement de l'image n'est pas déterminant pour l'intelligibilité de ce qui est en train de se passer, mais ce n'est justement pas par là que se saisit ce travail. L'artiste nous donne à voir et à vivre de la temporalité, ce qu'elle nous met sous les yeux c'est du temps qui passe. Les vidéos tendent vers une douce contemplation, le spectateur qui s'y laisse entraîner se retrouve dans un temps suspendu, où le regard se nourrit de choses simples. Une exposition lui est actuellement consacrée à la Bf15  à Lyon*, elle est intitulée: Les journées lentes, pour ceux qui seront peut-être de passage dans la région elle se termine le 30 mars 2013, pour les autres il y a le site de la galerie dont voici le lien : http://labf15.org/ et le site de l'artiste où il est possible de visionner certaines des vidéos : http://www.jennifer-douzenel.com/Il y a également une pièce visible dans l'exposition collective How high the moon à la galerie Jérôme Poggi à Paris dans le 10ème, jusqu'au 9 mars 2013, voici le lien du site du lieu: http://www.galeriepoggi.com/ Les journées lentes : petit commentaire sur l'expo et gros bémols;Dans la première salle où sont présentées cinq des sept vidéos de l'exposition, les vidéos sont diffusées sur de petits écrans fixés aux murs et installés dans des sortes de petites boîtes à l'intérieur desquelles on regarde. Les vidéos sont ainsi isolées de ce qui se passe autour. Au premier regard le dispositif est plutôt séduisant, l'intention semble cohérente. Sauf qu'en pratique cette mise en espace se révèle tout à fait contre-productive. En effet, les vidéos sont accrochées à environ 1m50 du sol, ce qui est parfait pour une personne 1m65, en revanche pour les autres ce n'est pas gérable : regarder une image où, comme je l'ai décrit plus haut, il ne se passe par grand-chose et se laisser aller à la contemplation plié en deux, c'est difficile et ça fait mal au dos. Au final ne pouvant rester dans cette position inconfortable, on se retrouve à survoler les vidéos et donc à ne pas pouvoir les éprouver comme il faudrait. Il nous reste tout de même les deux autres vidéos, dont l'une est diffusée sur un écran de télé et l'autre en vidéoprojection et que nous pouvons contempler confortablement assis, mais là dispositif est moins surprenant. *La Bf15 est une galerie qui défend dans l'ensemble des travaux sensibles et subtils. Je vous la recommande vivement si vous êtes de passage et je vous invite à consulter son site internet sur lequel il y a des images et des textes des expositions passées et présentes, c'est claire et bien documenté.

Cabanon 2011

dans Découvertes (2)

Pour ceux qui connaissent et ceux qui ne connaissent pas. Hi fructose est un magazine américain d'art contemporain (un petit rappel à la manière de Frédéric magazine). Articles et photographies de différents artistes actuels, qui permettent de rester informer. il s'agit d'une revue d'art éditée par Annie Owens et Attaboy depuis 2005, qui focalise sur le pop-surréalisme que l'on appelle parfois "lowbrow" (le bizarre, humour, macabre et onirique).  Petits hics: c'est en anglais (désolé pour les non-anglophones) et il s'agit pour la plupart des artistes et des oeuvres, que d'illustrations et de sculptures. Vous me direz: mais ou peux tu trouver ce magazine? je rassure les amoureux du papier, il est possible de trouver ce magazine dans quelques librairies ou de l'acheter via le site internet. Site internet? a t-il dit? et oui pas besoin du magazine quand on peut visionner un site et y découvrir des dizaines d'artistes dont voici le lien:  http://hifructose.com/ Plusieurs articles et artistes à découvrir par jour. Une adhésion facebook, pour les non-réfractaire quoi de mieux.  Annie owens:   Ses illustrations sont principalement réalisées à l’aquarelle et à l’encre et représentent des jeunes filles aux visages maussades ou renfrognés ainsi que divers portraits surréalistes de personnages étonnants. Attaboy: est un illustrateur et toy designer.

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Le cirque émerge en Europe au XVIIIème siècle initié par l'officier de cavalerie Astley. Comme son étymologie l'indique, c'est d'abord une zone circulaire dédiée aux arts de la piste : des acrobates réalisaient de périlleux numéros juchés sur leurs chevaux. Puis, le spectacle de cirque s'est enrichi d'autres pratiques jusqu'à devenir selon la définition de J. M. Guy « l'art de composer un spectacle à l'aide des arts du cirque et d'autres arts (théâtre, musique, danse, arts plastiques...) et savoirs-faires variés »1, en quelque sorte un art total. Outre cet aspect, le cirque fait preuve d'une grande originalité dans le mode d'écriture des spectacles car il s'agit du collage de formes courtes (les numéros). Ce sont traditionnellement les clowns ou le célèbre Mr Loyal qui opéraient les transitions au cours desquelles les agrès et décors étaient changés. Les jeux Athéniens, en tant que démonstrations de force en arène comprenant parfois des animaux ont également nourris les formes du cirque. Or depuis les années 1970, le cirque dit « Nouveau » évolue en s'orientant vers une réflexion esthétique et de contenu. Les spectacles d'animaux disparaissent alors et la technicité, le risque devient secondaire. Le cirque obtient récemment ses lettres de noblesses avec l'ouverture du CNAC (Centre National des Arts du Cirque) à Chalons en Champagne en 1970. En 1995, Josef Nadj met en scène Le Cri du Caméléon pour la 7ème promotion de l'école. Cet artiste plasticien et metteur en scène trouve dans le cirque la possibilité de réaliser des « tableaux vivants » En effet, débarrassé des modèles narratifs du théâtre classique, le cirque (dépourvu de personnages) montre des êtres non comme des identités mais plutôt comme des formes, des corps qui se meuvent. Ce sont des itinéraires parcourus au sol ou dans les airs, des rythmes et des mouvements qui reviennent parfois comme des motifs au cours du spectacle. Enfin et après cette mise en appétit, je vous conseille « Notes on the Circus » d'Ivan Mosjoukine en tournée en ce moment qui questionne justement avec poésie les règles du genre. Vous pouvez notamment les voir au 104 en novembre si vous les avez raté l'an dernier à Lorient et cette année à Quimper. 1-Les Arts du cirque en l'an 2000, Paris, Chronique de l'AFAA, n°28

Notes on the circus

Jeudi dernier (le 14 mars 2013) se produisait au Grand Théâtre de Lorient la pièce Enfant de Boris Charmatz. Le chorégraphe nous propose une pièce créée en 2011 dans laquelle vient évoluer une dizaine de danseurs accompagnés d'autant d'enfants de 6 à 12 ans. J'ai été réellement ébloui par cette pièce qui nous montre un ensemble chorégraphique à la fois poétique et violent. La scène s'ouvre sur une chorégraphie mécanique (deux danseurs endormis dansent grâce au mouvement de balancier d'une grue), passant tantôt de scènes dures, où les enfants inanimés (endormis, morts) sont traînés par les adultes et secoués dans tous les sens pour les faire danser, à des scènes de pure émotion où les enfants chantent en chœur tout en se réveillant. La pièce de Charmatz nous délivre ainsi un portrait de l'enfant sans pudeur, tabous ni clichés. Les problématiques de notre société n'y sont pas cachés (enfants morts ou violentés) voire même pointés du doigt (un passage de Michaël Jackson, aussi dansant soit-il, fait immédiatement référence à des thèmes plus graves), tout en conservant l'innocence de l'enfant, puisque l'ensemble de la scène n'est après tout un vaste terrain de jeu. Boris Charmatz arrive avec brio à osciller sans arrêt entre des moments chocs et des moments de pure émotion. Là aussi, la performance est remarquable : lorsqu'un danseur se saisit d'un enfant pour le faire danser, même de manière brutale, on se rend compte de la précision et de la relation incroyable entre les deux acteurs. Le metteur en scène nous racontait d'ailleurs que les enfants vivaient cela comme un jeu, avec une folle envie d'être pendu par les pieds, de tourner dans tous les sens, comme dans une cour de récréation.

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Dernier film des frères (et sœur) Wachowski (Matrix, V pour Vendetta, Speed Racer) ainsi que de Tom Tykwer (Cours, Lola cours), Cloud Atlas est un film de science-fiction en salles actuellement. Il s'agit aussi d'une adaptation du livre éponyme de David Mitchell sorti en 2004. Étant un fan inconditionnel des Wachowski (notamment pour la manière expérimentale dont ils traitent le cinéma numérique - je pense à Speed Racer) et ayant adoré Cours,  Lola cours (une course poursuite virevoltante en 3 temps avec un milliers d'idées à la seconde), je pensais trouver là une bonne association pour faire un film dans un des genre dont je raffole le plus : la SF. Au lieu de cela, j'ai assisté à une tambouille de référence de films déjà vus (et pas des plus récents), à peine cachées tellement il s'agit d'avantage de copie que de citation. Le scénario n'a rien de différent du film d'Aronowski, The Fountain, puisqu'il propose une vision à 6 époques différentes de la même histoire (pour rappel, The Fountain, proposait seulement 3 époques distinctes pour parler de l'amour éternel entre un homme et une femme - oui, le sujet est pompeux, mais le film avait le mérite d'être bien réalisé, ce qui le sauvait un peu visuellement).Ici on a doublé les époques, histoire de radoter encore plus et de faire s'éterniser le film sur 3 heures (sisi, 172 minutes il faut s'accrocher). D'ailleurs, même la musique de Cloud Atlas (pourtant présentée dans le film comme le chef d’œuvre d'un des personnages) n'arrive pas à la cheville de la magnifique bande originale de The Fountain composée par Clint Mansell. Le gentil, tout droit sorti d'un mangaBouh, il est laid, c'est un méchant ! Pour ce qui est de chaque époque, ce n'est sûrement pas là que je trouverai la moindre originalité. Un montage essaye de les mélanger afin de nous tenir en haleine durant ces 172 minutes (j'insiste, mais purée, c'est vraiment long). Je ne m'éterniserai pas sur les 4 premières époques : une nous présente un homme sur un navire négrier qui va changer d'avis sur l'esclavage parce que le bon noir lui sauve la vie (vous avez dit cliché ?), une autre tente de nous faire suivre la carrière d'un compositeur qui délivre l’œuvre de sa vie avant de se suicider (sur font pseudo-romantique style feuilleton FR3), le troisième propose une affaire de démantèlement de conspiration (avec pour thème "le nucléaire c'est mieux que le pétrole, c'est l'avenir" - il doivent bien se marrer à Fukushima) et le dernier raconte l'histoire de petits vieux qui se font la belle de leur asile (à la limite on peut rire, mais à condition de ne pas s'être endormi, car -je ne suis pas sûr d'en avoir parlé mais- le film dure 3h). La 5ème époque se passe en 2100 (et quelques) et n'est ni plus ni moins qu'une flagrante copie scénaristique de l'excellent Soleil Vert (qui date de 1973 tout de même - je le recommande au passage)  ainsi que Blade Runner (1982) pour les décors (mais là c'est faire beaucoup trop d'honneur à Cloud Atlas car franchement les décors de la ville en 3d sont simplement hideux - on dirait une espèce de rendu d'un vieux jeu vidéo, guère mieux ). Le design des personnages est quand à lui copié sur Equilibrium (2002 - qui doit être copié d'un autre film -plus ancien- car c'est trop récent, je suis surpris de voir une référence si jeune). Bref, rien de nouveau à l'horizon, voire même pire : on tombe dans le cliché de la ville futuriste toute bleue avec des voitures volantes qui font "FUUUUUU" car c'est trop cool le futur. 31 ans d'écart et aucune différence La dernière époque est quand à elle une copie (in)parfaite d'Absolom 2022 (un film de science fiction de 1994 qui se passe sur une île-prison infestée de cannibales) sur fond post-apocalyptique à la Planète des singes (là encore c'est récent : 1968). Le jeu des 7 erreurs... Autant de références dont Cloud Atlas n'arrive jamais à atteindre la cheville, tant il se vautre dans les clichés (l'étoile filante dans le ciel, dernière image du film, enterre définitivement à la hache tout espoir d'originalité) et dans le bien pensant (les gentils sont toujours gentils à travers les époques, idem pour les méchants, destinés à être vilains jusqu'à la fin des temps). Même les références choisies (malgré leur grande qualité pour certains films) ne sont plus toutes jeunes et dessinent au final un motif vieillot et poussiéreux. Au final, voilà un film qui n'a rien à dire et qui tente de se sauver en faisant de la citation à tout va. Non, je suis déçu, surtout après les films qu'ont fait les 3 réalisateurs(trices) auparavant, c'est réellement incroyable d'assister à si peu d'inventivité, d'originalité. Il n'y a aucune recherche cinématographique (mince après Speed Racer comment peut-on faire ça ?) ni scénaristique. Et au fait, j'ai déjà dit que c'était long 172 minutes ?

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Un peu en retard (même beaucoup) mais mieux vaut tard que jamais voici le compte rendu de l'expo à laquelle j'ai participé à Toulouse avec L'association : "Point de Fuite". Première fois, celle de jeunes artistes toujours en recherche de nouvelles expérimentations, celle d’une péniche dépoussiérée et réhabilitée, celle de bénévoles venus récemment gonfler les rangs de l’association et sûrement celle d’un public rarement convié à une exposition d’art contemporain sur une péniche. Toutes ces raisons trop convenables et rationnelles se voient contrebalancées par la signification irrépressible de l’expression «première fois». Une tournure au pouvoir évocateur débordant de romance, de passion et d’amourettes en tout genre. Pour cette exposition nous choisissons d’investir La Timonerie, futur salon de restauration et de réception, dans un espace-temps prédéfini par la fin du chantier de réhabilitation de la péniche et la réception du mobilier, devenant ainsi le lieu des possibles, à l’image de Fanstasmagories, deuxième exposition proposée par PDF en 2010 au château de Capdeville à Fronton. De cette exportation audacieuse de l’art contemporain vers ce lieu insolite ont surgi des oeuvres forcément in situ, se pliant à leur contexte, si improbable soit-il. Ainsi les artistes convoqués par Point de Fuite pour Première fois ne dérogent pas à la règle qui régente l’association depuis sa création : les jeunes plasticiens questionneront les différents espaces du bateau, la vie sur l’eau ou encore l’histoire de La Timonerie et son devenir avec comme toile de fond le romantisme de la balade amoureuse. Pour rythmer l’exposition, l’association programme différents évènements : concerts, performances et visites (Extrait du site de l'association Point de fuite.)   ARTISTES : David ANCELIN / Tom CASTINEL / Julie Marie CAZARD / Yacine NACIRI / Guillaume LEPOIX / Romain RUIZ / Valérie SARROUYPlus d'info sur : www.pointdefuite.net 

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