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Archives du mois de novembre 2012

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Une chronique cinéma pour traiter d'un film actuellement au cinéma, le nouveau James Bond : Skyfall. Avant de parler de ce 23ème opus, je voudrais revenir sur le nouveau cycle entamé avec l'arrivée de Daniel Craig (le 6ème acteur à interpréter James Bond), qui correspond, selon moi à une cassure nette avec le genre vieillissant et moribond de la licence 007. Un flingue, des femmes, des voitures, un Bondet une légère dose de testostérone Avant Casino Royale (qui est le premier film du nouveau cycle avec Daniel Craig), je voyais les films de James Bond plus comme une sorte d'hommage nostalgique à l'époque de la guerre froide. Le schéma classique du bloc de l'est affrontant celui de l'ouest était, même avec les films interprétés par Pierce Brosnan, la trame narrative classique de tous ces opus. Jusqu'alors Bond représentait un agent secret dans ce qu'il a de plus "classe" : belles voitures, beaux costumes, un dragueur hors pair, toujours avec un verre de Martini-vodka (mélangé au shaker, pas à la cuillère), se débarrassant de ses ennemis avec un coup de révolver, sans effusion de sang. L'image de Bond était donc presque celle d'un super héros, symbole ultra-machiste d'un homme, un vrai, riche, fort séduisant et intelligent qui sauve le monde. Le problème avec cette image c'est qu'elle a réellement fait son temps. Déjà la scission est-ouest n'existe plus, ensuite le schéma machiste véhiculé par Bond est réellement devenu cliché voire kitch. Même si j'ai toujours autant de plaisir à regarder les anciens 007 (ça dépend, il y en a aussi de très mauvais), j'avoue que ce type de scénarios devient, à force, lassant. Par ailleurs, l'arrivée de licences concurrentes, nettement plus "fraiches", telles que la trilogie Jason Bourne (la mémoire dans la peau, la mort dans la peau, la vengeance dans la peau) ont réellement mis James Bond au placard, dans la catégorie "antiquités à dépoussiérer de temps à autre". C'est alors que sort, en 2006, Casino Royale, premier volet du cycle Daniel Craig, qui casse littéralement les codes de l'agent 007 et ce pour plusieurs raisons. Le choix de l'acteur. Daniel Craig possède un physique très différent des précédents acteurs qui ont incarné Bond. Il est trapu, c'est une masse, c'est un ours. Son visage, avec ses deux yeux d'un bleu intense, entre en contraste avec son corps. Il est le symbole de ce nouveau Bond : moins classe, plus animal et très énigmatique. A l’inverse de Brosnan, il ressemble plus à un gros rustre qu'à un mannequin. Le cliché de l'agent secret très select qui tue proprement ne peut absolument pas s'appliquer avec cet acteur. Il ressemblerait presque à un acteur russe que l'on aurait pu retrouver en tant que méchant dans un des anciens films de James Bond. Un agent plus tellement classe La première scène de Casino Royale annonce la couleur : le nouveau Bond tue un homme de manière très brutale à mains nues, bien loin de l'image que l'on peut avoir de l'agent éliminant sa cible avec un silencieux. Toujours dans Casino Royale, notre agent joue au poker et se fait littéralement dépouiller par ses adversaires en se faisant avoir par l’appât du gain. Il perd aussi sa voiture de la même manière : là où Brosnan détruisait son véhicule en la dirigeant avec son téléphone contre des dizaines de méchants (Demain ne meurt Jamais), Craig perd le contrôle de son Aston Martin avec un coup de volant mal placé et fait une dizaine de tonneaux tout seul. Bond - Vodka-Martini Serveur - Au Shaker ou à la cuillère ? Bond - Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Une scène mythique de Casino Royale (bond vient de perdre lamentablement au poker) Un rapport avec les femmes plus ambigü Même si le cliché du tombeur de femmes n'a pas disparu avec Daniel Craig (il poursuit le palmarès de ses prédécesseurs avec une bonne moyenne de 2 à 3 femmes par film), son rapport a quelque peu changé. D'abord dans Casino Royale, vers la fin du film, il se laisse séduire par une femme et va même jusqu'à demander sa démission pour la suivre. Il s'avèrera par la suite qu'elle le manipule de long en large et qu'il s'est totalement fait rouler dans la farine. Il prend par là une direction beaucoup plus faible : le tombeur de femmes se laisse séduire et montre une véritable vulnérabilité qui va presque jusqu'à lui coûter la vie. Dans Skyfall, le rapport va même plus loin. Javier Bardem (qui interprète le méchant), fait des propositions plus que douteuses à Bond en lui faisant allusion à ce qu'il pourrait découvrir s'il s’adonnait à l'homosexualité. Bond lui répond aussitôt "Qu'est-ce qui vous fait penser que c'est ma première fois ?". Les gadgets inexistants ou presque Les précédents Bond avaient parfois réussi à friser la pure science fiction avec des gadgets hallucinants, mais on se souviendra surtout des derniers films qui ne dérogeaient pas à la scène de présentation des nouveaux gadgets présentés par Q. Les voitures regorgeaient de trouvailles (dans Demain ne meurt Jamais il peut piloter sa voiture avec son vieux téléphone couleur, ça a très mal vieilli du coup) et de trucs qui étaient forcément utilisés à un moment ou un autre, si bien qu'on pouvait deviner le scénario du film en fonction de la liste de gadgets annoncés au début. A partir de Casino Royale, les gadgets sont presque totalement supprimés. D'ailleurs une scène de Skyfall donne une très bonne explication : le nouveau Q (l'acteur aux cheveux blancs qui interprétait Q étant mort, il a été remplacé par un petit jeune, un geek \o/) donne juste un pistolet à Bond (je n'ai pas le film sous la main, les dialogues ne sont pas exacts) : Bond - c'est tout ? Q - Oui, vous auriez voulu un stylo qui explose ou un truc du genre ? Bond - ... Q - On ne fait plus ça c'est fini maintenant ! En conclusion je dirai que ce nouveau cycle de Bond fait tout son possible pour détruire les clichés vieillots de la licence en proposant un personnage beaucoup plus animal, mais dont la psychologie se dessine beaucoup mieux. C'est donc un James Bond contemporain, débarrassé des clichés et du superflu (gadgets, paillettes et autres kitcheries), remis dans un contexte socio-politique moderne que Craig interprète. Tout en gardant ce qui fait l'essence même de l'agent 007 (les missions à risque, la baston, le costume 3 pièces avec nœud papillon et le flegme britannique de Bond) ces trois films remettent au goût du jour ce personnage. Et pour Skyfall... Attention, si vous n'avez pas vu le film arrêtez-vous là ! La suite risque de vous dévoiler des passages clés du film (et la fin)... Je terminerai ce long billet par dire que j'ai vraiment adoré Skyfall, tout en restant dans la lignée d'un Bond contemporain, il va plus loin en situant l'action en Angleterre, la terre natale et la nation de l'agent 007. Ainsi, le spectateur revient aux sources de James Bond, en allant jusqu'à découvrir certaines choses sur son enfance. On y voit ainsi un Bond en pleine gueule de bois, moitié alcoolique, il tremble, il a les genoux en bouillie, ce n'est plus qu'un fossile qui a besoin de revenir aux sources pour reprendre un nouveau départ. Il est confronté à de nouveaux arrivants dans l'équipe (le jeune qui remplace Q est non seulement brillant, mais semble bien plus cultivé et intelligent que Bond, bien que moins expérimenté), ce qui secoue un peu notre agent. Pour moi, la fin du film signe magnifiquement cette volonté de tout recommencer : la mort de M (en quelque sorte la Maman de Bond) est clairement la volonté de redonner à James Bond une nouvelle vie d'adulte, il va devoir reconstruire son identité presque à partir de zéro (même la vieille voiture qu'il avait conservée, symbole de son lien aux anciens films de la saga, est complètement détruite). Maintenant que cette transition est terminée, j’attends donc avec impatience le prochain volet qui devrait, je l'espère, recréer un nouveau mythe sur les cendres encore fumantes de cette saga, décidément immortelle. Et vous qu'en avez-vous pensé ? Êtes-vous séduit par cette nouvelle direction que prend notre agent cinquantenaire (le premier film date de 1962), ou regrettez-vous ce changement ?

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  Ouvert du mercredi au dimanche de 13h30 à 19h  Nocturnes le jeudi jusqu'à 20h Exposition du 19 octobre 2012 au 6 janvier 2013. Si j'avais un marteau: est un  "chantier/expo" organisé au Hangar à Banane de Nantes en écho à l’actualité (rénovation et extension) du musée des Beaux Arts en pleine période de mutation. A travers une quarantaine d’œuvres provenant des collections publiques françaises ou spécialement produites pour l’occasion, cette exposition permettra de mettre en perspective l’idée du chantier comme source d’inspiration pour les artistes, inépuisable réservoir de formes et de matériaux depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui. Image du monde mais aussi image de l’œuvre en devenir, le chantier, de la démolition jusqu’aux projets de constructions réelles ou utopiques, est le reflet d’un monde en perpétuelle transformation et le laboratoire d’œuvres futures. Pour vous donner envie encore plus envie d'aller voir l'exposition voici quelques visuels : Régis Perray Nantes, 1970 Le Musée Enchantier 2011/2012 Ardoise, bois, brique, céramique, marbre, métal, peinture, pierre. (et si vous observez bien vous verrez un petit train qui se balade autour de l'escalier!) Oeuvre en cours. L'artiste se concentre sur les sols, balayer, laver, astiquer...Ici il a classé les diverses matières qui composent cette oeuvre, matériaux qu'il a directement été puiser dans les gravas de chantier du musée des Beaux Arts.                                                  Didier Marcel Besançon, 1961 Sans titre (Seita) 2004 Ciment, matériaux divers, moteur électrique. Œuvre précédemment exposé à la Galerie du Grand Café de Saint Nazaire. Dans son travail de sculpture, Didier Marcel interroge notre rapport au réel par le biais de la maquette. Il prélève des fragments de paysage façonné par l'homme, puis les reproduit avant de les replacer dans le contexte épuré de l'exposition. Ici, il s'agit d'une partie de l'ancienne usine Seita installé à Dijon et fermée en 2004. Au lieu d'être tournées vers l'avenir, ses sculptures célèbre les vestiges d'un bâtiment et commémore une activité industrielle en voie d'extinction en France. Cette pièce, posée sur un socle giratoire, fait explicitement référence au mode de présentation commerciale.  Bonne visite...

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Nouvellement arrivée sur Multi-Prises, je viens de publier ma galerie et vous invite à y jeter un œil prudent (attention, chien méchant !). Ancienne étudiante des Beaux Arts de Lorient, je rejoins l'association avec plaisir. Et puisqu'on me demande de me présenter, je vais le faire avec mes papiers. Je les trie précautionneusement dans des boites. Je fais partie des bordéliques organisés dont parlait Thomas l'autre jour dans cet article: Le rangement désorganisé ou le désordre rangé. Je fais des tas. Vu de l'extérieur, c'est un bordel innommable. En fait, tout est rangé par piles pour que je m'y retrouve. Dans ma vie, les feuilles de papier sont très importantes, bien plus que tout ce qui peux y être inscrit. Je les trie par catégories. Tout a commencé d'ailleurs par celles des administrations que je n'osais jeter de peur qu'on me réclame des informations plus tard. Je les ai donc mises de côté dans une sorte de purgatoire, entre la poubelle et le porte documents. Puis je les ai recyclés en carnets de croquis et de notes. Je pourrais toujours retrouver, si nécessaire, le contrat du 31 avenue de la Perrière signé 5 ans auparavant si la CAF me demandait des comptes. C'est ensuite devenue une manie, une bizarrerie influencée par mes convictions écolo, de garder tous les papiers au verso inutilisé. Du coup je n'achète plus de papier. Un fois de plus, l'économie est mise à mal par une altermondialiste ! Je tiens même en horreur la page A4 et son blanc ostentatoire. Cette feuille muette qui n'a pas vécu n'a rien à me raconter. Par ailleurs, je fais partie des glaneuses si chères à Agnès Varda (cf Les Glaneurs et la Glaneuse, 2000). Au marché de Merville, j'en récupère de toutes sortes. Des gris, des bruns, des violets, qui servent à obstruer le fond des cagettes ou à protéger les légumes. Les fruits éclatés marquent d'auréoles de sucre mes papiers préférés. Sur l'étalage, les empreintes vives des betteraves disparues tachent à intervalles réguliers un papier rose délavé. Par endroits, couverts de moisissures, les papiers du marché sont irisés de variations vertes et de roses acides. Une mousse blanche piquetée d'yeux noirs s'étale en surface et nécessite une manipulation délicate pour conserver cet effet rare. En revanche, il y a une seule sorte de papier blanc que j'aime. Ce sont ceux des boites à chaussures. Souvent, les clients les bouchonnent négligemment après avoir choisi une paire parmi les étalages. Mais ce blanc froissé est fragile comme de la soie. Il se déchire comme la brume qui se lève tôt à Merville laissant poindre les premières structures métalliques au milieu des nappes. Puisque je suis une bricoleuse, je collectionne des choses bien plus normales. Comme tout le monde j'ai des boites remplies de boutons, de clous, de vis et des bouts de ficelles qui pourraient servir. Si l'un de vous a un problème sur le réseau, je peux au besoin donner un coup de main, de pouce ou de clic. Je trouverais bien un bidule pour arranger la prise ou la ligne. Faites-moi signe. En attendant, bonjour chez vous ; ) Soazic Bruneau

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